Vendredi 29 août, le pape Léon XIV a reçu en audience privée Diane Foley, mère du journaliste américain James Wright Foley, en compagnie de l’écrivain Colum McCann avec qui elle a coécrit le livre une Mère américaine. Ce récit retrace l’enlèvement et l’assassinat de son fils par l’État islamique, mais aussi le chemin intérieur que cette mère a parcouru : un chemin de douleur, de foi et de pardon, qui l’a même conduite à rencontrer l’un des meurtriers de Jim.
James Foley, journaliste et enseignant, fut enlevé en Syrie en 2012 et exécuté en 2014. Sa mort brutale bouleversa le monde. Mais Diane, animée par la foi et la prière, choisit de ne pas se laisser consumer par la haine. En octobre 2021, elle a eu la force d’affronter Alexanda Kotey, l’un des membres du groupe responsable de l’assassinat de son fils. Face à lui, elle ne chercha pas à se venger mais à témoigner : « Dans la guerre et la haine, on ne voit pas les visages. On ne voit pas les personnes. On ne pense qu’à sa haine. Je voulais humaniser Jim, montrer qu’il était un innocent. » Elle ajouta encore :« Je pouvais même imaginer Jim guidant Alexanda, l’aidant et l’accompagnant quand il était jeune. »
Diane Foley a pu confier son histoire au pape Léon XIV et a notamment déclaré : « Comme Américaine, nous sommes honorés et reconnaissants d’avoir un pape né aux États-Unis, car nous avons besoin de cette guérison et de cette espérance dans le monde. » Le Saint-Père lui a donné sa bénédiction ainsi qu’à Colum McCann, assurant de sa prière pour elle et pour tous ceux qui souffrent de la violence et de la guerre.
Si Diane Foley a pu affronter une telle douleur, c’est grâce à la foi. Elle l’exprime avec des mots simples mais forts : « Fondamental. Je suis tellement reconnaissante. Beaucoup, beaucoup d’anges ont été envoyés pour nous entourer après la mort de Jim. » Elle affirme avoir senti, jusque dans les deux années de captivité de son fils, la force de la prière qui soutenait Jim et ses compagnons otages.Cette force spirituelle, Jim la puisait lui-même dans sa foi catholique. Dès sa première captivité en Libye, il avait confié à ses proches que le Rosaire fut son soutien quotidien. Ses compagnons détenus en Syrie ont témoigné qu’il priait chaque jour, qu’il encourageait les autres à garder courage et à s’appuyer sur Dieu. Jusqu’au bout, Jim resta un témoin de foi et d’espérance, affrontant la haine avec la certitude de l’amour du Christ.
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Pour Diane Foley, le pardon n’est pas un simple effort humain mais un don de Dieu : « Le pardon doit toujours impliquer la miséricorde, la miséricorde de Jésus. Nous avons tous besoin de la miséricorde de Dieu. » Ainsi, son témoignage rappelle que la justice est nécessaire, mais qu’elle ne peut se séparer de la miséricorde divine. C’est cette miséricorde qui ouvre la possibilité d’un avenir, même dans les ténèbres du mal.La fondation créée en mémoire de James Foley s’est donné pour mission d’obtenir la libération des otages américains et de renforcer la sécurité des journalistes à travers le monde. Grâce à cet engagement, plus de 170 citoyens ont pu retrouver la liberté. « Quand le mal arrive, dit Diane, c’est souvent alors que de bonnes personnes se lèvent et font le bien. »
Le témoignage de Diane Foley interpelle. Il ne s’agit pas seulement d’un drame personnel, mais d’un chemin de foi qui illustre de manière éclatante la force du pardon chrétien. Son histoire rappelle que le mal n’a pas le dernier mot, et que seule la miséricorde peut vaincre la haine. Un exemple saisissant, à contre-courant de la logique du monde, qui montre que le pardon chrétien surpasse tout.