Six ans après l’Ascension, l’Église reçoit une grâce décisive pour son avenir. Sur le chemin de Damas, le pharisien Saul de Tarse, porteur de lettres de mission pour persécuter les disciples de Jésus de Nazareth, est renversé par une lumière fulgurante, selon le récit des Actes des Apôtres (chapitre 9). De cet événement fondateur découlera l’ensemble de la doctrine de l’Apôtre des nations.
Le dialogue qui s’engage alors marque profondément la théologie paulinienne. Le Christ et l’Église y apparaissent indissociablement unis, réalité qui nourrira l’ecclésiologie de saint Paul à travers la notion de Corps mystique. La Résurrection s’impose à lui comme un fait central et incontournable. Celui qui lui parle est un Vivant, et l’humanité du Christ se révèle dans la gloire de la divinité. L’Évangile s’impose avec une telle force que Saul en est aveuglé et terrassé, jusqu’au moment où la lumière baptismale lui dévoilera le mystère.
Cité du Vatican, le 25 janvier 2009. À l’occasion de la fête de la Conversion de saint Paul et de la conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le saint-père a consacré l’angélus dominical à cet épisode fondateur. Commentant l’appel du Christ à la conversion et à la foi dans l’Évangile, il a expliqué aux fidèles réunis place Saint-Pierre que, dans le cas de Paul, « certains préfèrent ne pas utiliser le terme conversion. Ils soutiennent qu’il était déjà croyant, et même un juif fervent ». Selon cette lecture, Saul n’aurait pas connu un passage de l’idolâtrie à la foi, ni abandonné le judaïsme pour adhérer au Christ. « En réalité, a précisé le pape, l’expérience de l’Apôtre peut servir de modèle pour chaque véritable conversion chrétienne ».
Poursuivant sa réflexion, il a souligné que « Saul s’est converti parce que, grâce à la lumière divine, il a cru en l’Évangile ». La conversion consiste ainsi à croire en Jésus mort et ressuscité et à s’ouvrir à l’action de sa grâce. Saul comprend alors que le salut ne dépend pas des œuvres accomplies selon la Loi, mais du fait que le Christ est mort et ressuscité pour tous, y compris pour le persécuteur.
Cette vérité, reçue dans le baptême, éclaire l’existence chrétienne et transforme la manière de vivre.Se confier à la puissance du pardon du Christ signifie, a-t-il encore expliqué, pouvoir sortir de « l’orgueil et du péché, du mensonge et de la tristesse, de l’égoïsme et de toute sécurité illusoire », pour entrer dans la connaissance et la vie de l’amour du Christ.Cette invitation à la conversion, confirmée par le témoignage de saint Paul, prend une dimension particulière au terme de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. L’Apôtre y indique l’attitude spirituelle nécessaire pour progresser sur le chemin de la communion. Dans sa lettre aux Philippiens, il écrit ne pas être encore parvenu à la perfection, mais courir pour l’atteindre parce qu’il a été saisi par le Christ. De même, les chrétiens n’ont pas encore atteint la pleine unité, mais, en se laissant continuellement convertir par le Seigneur Jésus, ils sont appelés à avancer avec confiance vers cet objectif.
La fête de la Conversion de saint Paul rappelle enfin que, alors qu’il se rendait à Damas animé d’une violence meurtrière contre les disciples du Seigneur, Jésus se révéla à lui dans sa gloire et le choisit pour annoncer l’Évangile du salut aux nations, dans la puissance de l’Esprit Saint, au prix de nombreuses souffrances pour le nom du Christ.
Avec nominis


