Depuis septembre la basilique Saint-Denys a été la cible de multiples actes de vandalisme, suscitant l’inquiétude des autorités et des fidèles. Ces dégradations surviennent alors que la basilique s’apprête à accueillir, en mars 2025, une ostension exceptionnelle de la Sainte Tunique, une relique majeure du Christianisme.
Les premiers incidents ont été signalés en septembre, lorsqu’un tag obscène a été découvert sur le presbytère. Par la suite, une croix latine en bois, d’une grande valeur symbolique, a été partiellement détruite et volée.
Quelques jours plus tard, des excréments ont été retrouvés dans une chapelle de la basilique. Il y a dix jours, deux adolescents âgés de 14 et 16 ans ont été interpellés après avoir été surpris en train de crier « Allah Akbar » à l’intérieur de l’édifice. Ils ont été placés en garde à vue.
La basilique Saint-Denys d’Argenteuil, construite entre 1862 et 1865 par Théodore Ballu, s’élève sur le site d’un ancien monastère mérovingien. Cet édifice néo-roman est consacré en 1866 et élevé au rang de basilique en 1898 par le pape Léon XIII.
Son architecture en croix latine inclut une grande nef et un clocher de 57 mètres. Elle abrite la Sainte Tunique, relique que Charlemagne aurait offerte à sa fille religieuse. Ce sanctuaire contient également des trésors classés, comme la châsse néo-gothique et des vitraux des années 1950. Bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle conserve une forte vocation de pèlerinage, notamment lors des ostensions exceptionnelles de la Tunique.
La Sainte Tunique
Conservée à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil, elle est selon la tradition chrétienne le vêtement que Jésus-Christ aurait porté lors de sa Passion, notamment durant son chemin vers le Calvaire. Cette tunique, tissée d’une seule pièce, est mentionnée dans l’Évangile selon Saint Jean (19, 23-24), où les soldats romains décident de ne pas la déchirer et tirent plutôt au sort pour se la partager.
Selon les récits historiques et religieux, la tunique aurait été découverte par Sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin, lors de son pèlerinage en Terre sainte au IVe siècle. Elle aurait ensuite été rapportée à Constantinople.Au IXe siècle, la relique aurait été confiée à l’abbaye bénédictine d’Argenteuil par Charlemagne. Celui-ci aurait voulu la protéger des invasions et l’aurait offerte à sa fille Théodrade, alors abbesse du monastère. Depuis cette époque, Argenteuil est devenu un centre de pèlerinage lié à cette relique.
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Au fil des siècles, la Sainte Tunique a subi plusieurs péripéties. Pendant la Révolution française, pour échapper aux destructions et aux pillages, elle fut coupée en morceaux et dissimulée par des fidèles. Elle fut ensuite restaurée et réintégrée dans la basilique Saint-Denys, où elle est conservée depuis.
La Tunique est généralement exposée au public dans des conditions très strictes. Traditionnellement, une ostension solennelle a lieu tous les 50 ans. Cependant, des ostensions exceptionnelles peuvent être décidées, comme celle de 2016, qui avait attiré plus de 220.000 pèlerins. La prochaine ostension, prévue en mars 2025, sera un moment rare et important pour les fidèles.
En réponse aux récents actes de vandalisme, les autorités ont décidé de renforcer la sécurité autour de la basilique, avec l’installation de dispositifs de surveillance et une présence policière accrue.
De son coté le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau a exprimé sa fermeté sur son compte X
« Je veux exprimer mon soutien total aux fidèles de la basilique Saint-Denys à Argenteuil, qui subit des dégradations insupportables depuis quelques semaines. Les auteurs de tels actes devront être punis avec la plus grande sévérité. S’en prendre à ce qui est sacré pour les croyants est une grande lâcheté que je combattrai toujours de toutes mes forces.«
À quelques mois d’un événement qui devrait rassembler des milliers de fidèles, ces incidents rappellent les défis auxquels sont confrontés les églises dans le contexte actuel.