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Collège Stanislas : la subvention de la Ville de Paris est rétablie mais la polémique persiste

Cour du Collège Stanislas - DR
Cour du Collège Stanislas - DR
Les élus communistes du Conseil de Paris ont exprimé leur indignation, affirmant que l’établissement n’a fourni « aucun élément tangible de mise en conformité ».

La Ville de Paris a annoncé le lundi 2 décembre le rétablissement de la subvention annuelle de 1,3 million d’euros à l’établissement privé catholique Stanislas. Cette décision, prise après des ajustements réalisés par l’établissement, a suscité une vive controverse parmi les élus, notamment du groupe communiste. Retour sur une affaire qui mêle politique, éducation et valeurs républicaines.

En janvier 2024, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait annoncé la suspension « provisoire » de la subvention allouée à Stanislas, à la suite de la publication d’un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGESR). Ce document pointait des « dérives », telles que l’obligation de la catéchèse, des propos jugés homophobes, et une gestion de la mixité perçue comme problématique. Cette suspension, présentée comme un acte de fermeté, s’inscrivait dans une séquence hautement médiatisée, amplifiée par les déclarations d’Amélie Oudéa-Castéra, alors ministre de l’Éducation nationale, qui avait révélé avoir scolarisé ses enfants à Stanislas.

Depuis septembre, sous la direction d’Igor Le Diagon, Stanislas a mis en œuvre plusieurs recommandations formulées par l’IGESR. Parmi les changements notables :

  • Fin de la catéchèse obligatoire : Désormais facultative, elle est remplacée par une heure hebdomadaire de « culture chrétienne », imposée à tous les élèves.
  • Révision du dossier d’inscription : Celui-ci ne fait plus mention des convictions religieuses des familles.
  • Respect des programmes officiels : Une attention particulière est portée à l’éducation à la sexualité, conformément aux exigences du ministère.
  • Organisation pédagogique adaptée : L’établissement maintient la possibilité pour les familles de choisir entre classes mixtes et non-mixtes, une spécificité qui fait débat.

Ces modifications ont été présentées à la 6ᵉ commission du Conseil de Paris, en présence du recteur de l’Académie de Paris et d’un représentant du diocèse. La Ville s’est dite convaincue par les efforts réalisés et a confirmé la reprise des versements, tout en annonçant un contrôle à venir d’ici un an.

Par ailleurs Stanislas réaffirme son identité catholique et précise que le projet éducatif de l’établissement insiste sur sa vocation de « maison d’éducation chrétienne », se référant uniquement à l’Évangile comme base de ses principes éducatifs. L’établissement se positionne également en dehors de toute idéologie ou affiliation politique, réaffirmant sa mission spirituelle et éducative.

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Les critiques des élus communistes

Cette décision de dégel des subventions n’a pas fait l’unanimité. Les élus communistes du Conseil de Paris, notamment Jean-Noël Aqua, Ian Brossat et Raphaëlle Primet, ont exprimé leur indignation, affirmant que l’établissement n’a fourni « aucun élément tangible de mise en conformité ». Dans un communiqué, ils demandent que la subvention soit gelée pour l’année 2024-2025 jusqu’à ce qu’un nouveau rapport d’inspection confirme le respect des recommandations. Ils rappellent également la diffusion en octobre dernier de témoignages d’élèves dans l’émission Complément d’enquête, dénonçant ce qu’ils considèrent comme « les dérives d’une école d’excellence ».

Ce dossier met en lumière les tensions entre les exigences républicaines et les spécificités de l’enseignement catholique. Il soulève également des questions sur le contrôle des établissements privés sous contrat et sur l’équilibre entre le respect des valeurs de la République et la liberté d’enseignement sur des valeurs choisies et non subies.

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