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CUBA : Un évêque dénonce « des conditions de vie qui ne sont pas humaines »

Le président de la Conférence des évêques de Cuba a évoqué "l’aggravation de la crise" que traverse le pays et a appelé à des mesures concrètes pour le bien commun

Expliquant le report de la visite des évêques cubains à Rome, dans un contexte de crise énergétique persistante et de tensions autour des libertés religieuses ,monseigneur Arturo González Amador, évêque de Santa Clara et président de la Conférence des évêques catholiques de Cuba a dressé un constat très préoccupant de la situation nationale : « La situation ne s’est pas seulement maintenue grave et difficile depuis notre message pour le Jubilé passé, elle a empiré. Cuba doit changer, comme nous vivons ce n’est pas humain », a-t-il déclaré au cours de son homélie. L’évêque a rappelé l’appel de l’épiscopat à un « dialogue sincère et efficace », estimant qu’il demeure nécessaire face aux difficultés actuelles. « Il faut s’asseoir, il faut parler, il faut écouter, et en regardant la souffrance de nos frères, il faut poser des gestes concrets pour le bien commun. Nous devons nous laisser interpeller par la souffrance de ce peuple et faire quelque chose pour lui », a-t-il affirmé.

Monseigneur Arturo González Amador est également revenu sur la décision de reporter la visite ad limina des évêques cubains au Vatican. « Sûrement avez-vous entendu que nous avions suspendu la visite au Saint-Père. Elle n’a pas été suspendue, elle a été ajournée », a-t-il précisé. Le prélat cubain a expliqué que, dans le contexte actuel, il aurait été « très préoccupant que tous les évêques quittent Cuba et soient absents si une situation difficile ou douloureuse survenait ». La décision a été présentée comme un choix pastoral visant à garantir la présence des évêques auprès des fidèles dans une période jugée délicate.

Interrogé sur le message qu’il adresserait au monde au sujet du peuple cubain, le président de la Conférence épiscopale a répondu : « Je dis une chose simple : qu’on n’oublie pas Cuba, qu’on regarde la réalité, la douleur de ce peuple ».

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Ces propos interviennent alors que le pays continue de subir d’importantes coupures d’électricité. À La Havane comme dans les provinces, ces coupures répétées affectent la conservation des aliments, le fonctionnement des hôpitaux, l’approvisionnement en eau et l’activité économique. Elles s’ajoutent à une situation sociale déjà fragile, marquée par une forte précarité et par la présence de centaines de prisonniers politiques et de conscience selon des organisations indépendantes. Parallèlement à la crise économique et énergétique, la situation des chrétiens sur l’île demeure source d’inquiétude. Ces derniers mois, des responsables protestants réunis au sein de l’Alliance des Chrétiens de Cuba ont dénoncé « la profonde crise politique, économique, sociale et spirituelle que subit notre nation », évoquant « une situation qui affecte et accable des millions de compatriotes ».

Selon ces responsables, une large majorité des Églises locales ne disposent pas de reconnaissance juridique, ce qui les expose à des restrictions administratives. Des limitations sont signalées concernant l’ouverture de lieux de culte, l’importation de matériel religieux, les déplacements de responsables ecclésiaux et les activités sociales. L’accompagnement pastoral dans les hôpitaux, les prisons ou les établissements publics resterait étroitement encadré. Ainsi, au 24 février 2026, la crise cubaine conjugue difficultés économiques structurelles, déficit énergétique massif et tensions persistantes autour de la liberté religieuse. Dans ce contexte, les propos de l’évêque de Santa Clara s’inscrivent dans une réalité nationale marquée par des défis à la fois matériels et institutionnels.

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