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Dégradation et vol à l’église Saint-Éloi de Bordeaux : un nouvel épisode de christianophobie

Autel d'une chapelle à l'église Saint Eloi de Bordeaux - DR
Autel d'une chapelle à l'église Saint Eloi de Bordeaux - DR
L’abbé Lutz-Wiest a alerté sur ce phénomène grandissant qu’il qualifie de « christianophobie », une forme de persécution qui, selon lui, touche de plus en plus les chrétiens en France

Dans la nuit du samedi 30 novembre au dimanche 1er décembre 2024, l’église Saint-Éloi de Bordeaux a été la cible d’un cambriolage particulièrement choquant. Située près de la Grosse Cloche, cette première église gothique de Guyenne a subi des dégâts importants, notamment des vitraux brisés et une sacristie forcée. Une enquête est en cours pour identifier les responsables de cet acte délictueux.

Des dommages matériels importants

Le cambriolage a été découvert dimanche matin, peu avant 8 heures. Selon l’abbé Grégory Lutz-Wiest, curé de la paroisse et membre de l’Institut du Bon Pasteur, les voleurs ont pris de manière systématique tout ce qu’ils pouvaient. « Ils ont forcé le tronc des cierges, brisé le coffre-fort de la chapelle et endommagé de façon considérable un vitrail situé derrière le maître-autel », explique le prêtre. Ce vitrail, restauré grâce aux contributions des paroissiens dans les années 2000, pourrait coûter plus de 10 000 euros à réparer. Quant à la somme dérobée, elle est estimée à environ 2 000 euros, principalement provenant du tronc destiné aux cierges.

La profanation, bien que matérielle, n’a pas touché à des objets religieux sacrés tels que le tabernacle, ce qui suscite la perplexité du curé . Interrogé par Le Figaro il déclare :« C’est un peu déroutant. Ils n’ont pris aucun objet religieux, ce qui est assez étrange pour un cambriolage d’église », souligne l’abbé Lutz-Wiest. Les voleurs semblent s’être laissés du temps pour commettre leurs méfaits, indiquant qu’ils ont dû se rendre compte que le vitrail cassé ne menait pas à l’extérieur, mais qu’ils ont continué leurs actions malgré cela.

Cet incident s’inscrit dans une série d’agressions et de profanations qui touchent les lieux de culte catholiques en France. « C’est de pire en pire », s’inquiète l’abbé. La semaine dernière, l’église avait déjà été taguée lors d’un passage de cortège féministe en Gironde, et des comportements perturbateurs, comme des actes d’urination publique par des personnes venant du centre de prévention des addictions voisin, avaient également été signalés. Ces incidents soulignent un climat de plus en plus hostile envers les lieux de culte.

L’abbé Lutz-Wiest a alerté sur ce phénomène grandissant qu’il qualifie de « christianophobie », une forme de persécution qui, selon lui, touche de plus en plus les chrétiens en France. Il confie au Figaro que : « On a l’impression qu’il n’y a pas de sécurité devant nos églises alors qu’elles sont très souvent attaquées et que les chrétiens sont les fidèles les plus persécutés en France », déclare-t-il, mettant en lumière la vulnérabilité des lieux sacrés face à ces actes de vandalisme.

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L’église Saint-Éloi, dont la construction remonte au XIIᵉ siècle, est un véritable témoin de l’histoire religieuse et culturelle de Bordeaux. Premier édifice gothique de Guyenne, elle a traversé les siècles en restant un lieu de prière et de rassemblement pour les catholiques bordelais. Au fil des années, l’église a été un pilier de la vie spirituelle de la ville, avec ses magnifiques vitraux et son architecture imposante. Malheureusement, ces derniers temps, elle semble être victime d’une intensification des attaques contre le patrimoine religieux, un phénomène préoccupant pour l’Église catholique en France.

Communiqué du diocèse de Bordeaux

Le diocèse de Bordeaux a réagi avec consternation à cet acte de cambriolage et de profanation. « Nous condamnons fermement cet acte de violence à l’encontre de notre patrimoine religieux et spirituel. L’église Saint-Éloi, comme tous nos lieux de culte, est un bien précieux qui mérite respect et protection. Nous sommes particulièrement sensibles aux sentiments de nos paroissiens et à la perturbation que ces événements causent dans leur vie de foi », a indiqué un porte-parole du diocèse.

Le diocèse appelle à la vigilance et à la solidarité des paroissiens, et annonce qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des lieux de culte. Une collecte de fonds pourrait également être organisée pour financer la restauration des vitraux et la réparation des autres dommages.

La « christianophobie », si elle est effectivement en expansion, doit être combattue pour assurer la liberté de culte et la préservation des traditions religieuses chrétiennes.L’église Saint-Éloi, comme d’autres édifices religieux à travers la France, mérite que des mesures soient prises pour garantir sa sécurité et sa préservation. La solidarité des fidèles et des autorités locales est essentielle pour surmonter cette épreuve et restaurer la paix dans les lieux sacrés.

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