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Diocèse de Dijon : suicide du père Bernard Card, curé de l’église Sainte-Chantal

église Sainte Chantal à Dijon( capture) - Le père Bernard Card - capture
église Sainte Chantal à Dijon( capture) - Le père Bernard Card - capture
Le père Bernard Card a mis fin à ses jours. Un geste que l’archevêque de Dijon aurait qualifié de « complètement inattendu et difficile à comprendre »

Le père Bernard Card, 73 ans, curé de Sainte-Chantal à Dijon, a mis fin à ses jours dans la nuit du 4 au 5 octobre au presbytère de sa paroisse. Le diocèse de Dijon a annoncé le 6 octobre son « décès tragique ». Moins de deux ans après le suicide du père Claude-Marie Millet, ce nouveau drame frappe durement le clergé dijonnais et pose inévitablement la question de l’accompagnement des prêtres.

Le diocèse de Dijon a annoncé mardi 6 octobre, sur sa page Facebook, la mort du père Bernard Card, curé de la paroisse Sainte-Chantal. « C’est avec stupeur et une profonde tristesse » que Monseigneur Antoine Hérouard avait informé la veille prêtres, religieux, diacres et laïcs en mission ecclésiale du « décès tragique » du prêtre, survenu dans la nuit du dimanche 4 octobre au lundi 5 octobre, au presbytère de Sainte-Chantal. Les obsèques du prêtre seront célébrées mardi 13 octobre à 10 heures en l’église Sainte-Chantal. Des veillées de prière doivent également être organisées dans les jours précédents.

Monseigneur Antoine Hérouard, évêque de Dijon

Un prêtre profondément implanté dans le diocèse

Né en 1953 et ordonné prêtre en 1981, le père Bernard Card avait consacré l’essentiel de son ministère au diocèse de Dijon. Après sa formation au séminaire de Flavigny et son arrivée à Beaune comme séminariste en insertion pastorale, il avait notamment exercé à Nuits-Saint-Georges, Chenôve, Vitteaux, Beaune puis Saint-Michel de Dijon. Depuis 2019, il était curé de Sainte-Chantal. Il avait également été nommé doyen de Dijon Sud-Ouest pour la période 2025-2028.

Les nombreux témoignages publiés après l’annonce de sa mort disent le choc provoqué parmi ceux qu’il avait accompagnés. Des paroissiens se souviennent du prêtre qui avait célébré des obsèques, accompagné des familles ou préparé des sacrements. Une membre du CLER Amour et Famille évoque un homme « rayonnant, profondément bon et d’une grande finesse ». Une paroissienne raconte encore avoir reçu de lui, quelques jours avant sa mort, un message dans lequel il acceptait « avec une joie immense » de célébrer ses cinquante ans de mariage en avril 2027. Autant de témoignages qui rendent son geste plus difficile encore à comprendre pour ceux qui le côtoyaient.

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Le deuxième suicide d’un prêtre du diocèse en moins de deux ans

Cette mort prend une résonance particulière à Dijon. Vendredi 1er novembre 2024, le père Claude-Marie Millet, fondateur de la communauté de Sitio, avait lui aussi mis fin à ses jours. Le diocèse avait alors annoncé son décès avant que Monseigneur Hérouard n’évoque une « phase personnelle difficile » liée aux difficultés internes de la communauté et à la responsabilité du prêtre. L’affaire avait pris une dimension beaucoup plus grave par la suite. En janvier 2026, Mgr Hérouard révélait officiellement que le père Patrick-Marie Févotte avait déclaré avoir subi pendant plusieurs années des agressions sexuelles de la part du père Millet, « dans un contexte d’emprise qui a perduré ensuite ».

Les deux situations ne peuvent évidemment pas être confondues et rien ne permet d’établir une cause commune entre ces deux suicides. Mais le constat demeure : en moins de deux ans, deux prêtres du même diocèse se sont donné la mort. Dans un diocèse déjà marqué par les révélations concernant la communauté de Sitio, ce nouveau drame ne peut qu’interroger sur la solitude, la fatigue et plus largement l’accompagnement humain et spirituel des prêtres. Deux suicides sacerdotaux en moins de deux ans constituent un fait suffisamment grave pour que la question de la prévention et de l’attention portée aux fragilités du clergé soit posée.

Ne pas désespérer de son salut

Face au suicide, l’Église tient ensemble deux vérités que notre époque tend parfois à opposer. Le Catéchisme rappelle que le suicide est gravement contraire à l’amour de soi, à l’amour du prochain et à l’amour de Dieu. Mais il enseigne également que « des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire ». Surtout, l’Église refuse de porter un jugement sur le salut éternel de celui qui s’est donné la mort : « On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager, par les voies que lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie. »

C’est donc d’abord l’heure de la prière pour le père Bernard Card, pour sa famille, ses paroissiens et ses confrères. Mais la charité chrétienne oblige aussi à regarder la détresse humaine lorsqu’elle surgit jusque dans le presbyterium. Un prêtre reste un homme, avec ses fatigues, ses blessures et ses fragilités. Après deux suicides de prêtres en moins de deux ans dans le diocèse de Dijon, cette réalité ne peut être éludée.

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