La France, terre consacrée à la Vierge Marie depuis le 10 février 1638 semble avoir perdu sa mémoire spirituelle. Au nom d’un égalitarisme laïc sans discernement, elle refuse de reconnaître l’évidence de son héritage chrétien, préférant s’effacer dans un brouillard de neutralité laïque.
La laïcité devait garantir la paix civile en distinguant les sphères publique et privée. Mais aujourd’hui, elle devient le prétexte à un effacement systématique des références chrétiennes, pourtant constitutives de notre histoire. Peut-on vraiment mettre sur un pied d’égalité l’héritage millénaire de la foi chrétienne et l’irruption récente, ces cinquante dernières années, de pratiques religieuses venues d’ailleurs ? Peut-on ignorer que la France a été consacrée à la Vierge Marie, non pas à une autre religion ?
Ce sont les faits, et nier ces racines revient à renier l’essence même de notre ADN, de « notre liquide amniotique », comme le disait le père Amar dans une interview accordée en 2023 à Tribune Chrétienne (Voir l’entretien).
Et il n’y a rien à voir avec un quelconque positionnement politique. C’est une réalité anthropologique : chaque peuple a son histoire, chaque nation possède une identité façonnée par des siècles de traditions et de croyances. Renier cette vérité, c’est nier l’âme même de notre pays et l’héritage spirituel qui a façonné sa culture.
Si les pays musulmans assument sans détour le primat de l’islam dans leur vie publique, pourquoi la France aurait-elle honte de sa foi chrétienne ? Pourquoi cette obsession de l’égalitarisme religieux qui conduit à nier ce qui a fait la grandeur de notre pays ? La véritable inégalité est là : sacrifier l’identité chrétienne sur l’autel d’une prétendue neutralité laïque.
Comme l’a dit très récemment Monseigneur de Moulins-Beaufort, interviewé par le très laïc journal La Croix : « Je porte assez fortement l’idée que l’âme française est catholique. »
Pourquoi condamner des municipalités qui ont installé une crèche, tradition millénaire en France, et ensuite aller à la table du Ramadan au nom de cette même laïcité ? C’est un mélange de peur et de reniement qui ne peut accoucher de rien de bon. Ce double discours, qui réprime les symboles chrétiens tout en célébrant d’autres pratiques religieuses sous prétexte de neutralité, trahit une incohérence profonde qui divise la société et nourrit l’incompréhension.
Pourquoi ne pas dire que la volonté de porter le voile dans le monde sportif n’est qu’une arrogance identitaire religieuse ? Qu’y a-t-il de mal à le reconnaître, alors que d’un autre côté on n’hésite pas à stigmatiser des traditions chrétiennes ancestrales sous prétexte de neutralité laïque ? Pourquoi cette complaisance d’un côté et cette répression de l’autre ?Ce reniement collectif est particulièrement flagrant dans de nombreux domaines de la vie publique, où la crainte de « paraître partiale » conduit à nier les racines chrétiennes qui ont façonné notre nation.
Cette pression idéologique tente systématiquement d’instaurer une mauvaise conscience généralisée et de marginaliser toute personne qui refuse de se plier à ce rouleau compresseur, porteur d’une doctrine elle-même très identitaire.
Il est temps de poser la question sans détour : la France veut-elle encore être fidèle à elle-même, à son histoire, à ses racines chrétiennes ? Ou préfère-t-elle, par peur de sombrer dans un relativisme destructeur ? La laïcité n’est pas le reniement de soi, mais le respect de notre héritage. À force de tout niveler, de tout relativiser, la France risque de se perdre, et avec elle, son âme chrétienne.
En 2023 , dans un entretien exclusif à Tribune Chrétienne, Jeannette Bougrab répondait sans réserve sur le voile islamique, la laïcité en France et le reniement des valeurs chrétiennes dans notre pays. Avec une parole juste et posée, elle s’exprimait loin des discours convenus et des pressions idéologiques. Nous vous proposons d’écouter attentivement son analyse, celle d’une femme « venue d’un ailleurs » , comme elle le souligne elle-même.