Les députés français s’enfoncent dans une logique de la mort toujours plus macabre et, malgré les mises en garde répétées des évêques de France et du monde médical, la marchandisation progressive apparait désormais au cœur du débat parlementaire. Quelques jours après le rejet par le Sénat de la proposition de loi relative à l’« aide active à mourir », l’Assemblée nationale a choisi de relancer sans délai l’examen du texte.Mercredi 4 février, la commission des Affaires sociales a validé la création d’un « droit à l’aide à mourir », marquant une nouvelle étape dans un processus législatif profondément clivant.

Cette reprise rapide intervient pourtant dans un contexte d’alerte éthique majeure. À la suite du vote sénatorial du 28 janvier, au cours duquel les sénateurs avaient rejeté l’introduction de l’euthanasie et du suicide assisté tout en soutenant massivement le développement des soins palliatifs, la Conférence des évêques de France avait solennellement appelé les députés à ne pas légiférer dans la précipitation et à entendre l’inquiétude exprimée par de nombreux soignants, patients et familles.
C’est dans ce cadre qu’un amendement visant à interdire explicitement toute activité privée lucrative organisée autour de l’aide à mourir a été soumis au vote. Cet amendement entendait prévenir l’émergence de structures spécialisées proposant, de manière régulière et organisée, des prestations liées à l’administration de la mort, selon des logiques économiques et commerciales.
Il constituait un garde-fou élémentaire face au risque de voir une pratique présentée comme exceptionnelle se transformer en une offre structurée et rentable.
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Le rejet de cet amendement par une partie des députés, a suscité une vive inquiétude. En refusant d’inscrire dans la loi une interdiction claire de toute logique lucrative, la majorité en commission a laissé ouverte la possibilité d’un commerce de la mort, dans lequel l’aide à mourir pourrait devenir une activité organisée, intégrée à une offre de services et soumise à des impératifs de rentabilité et de développement.Cette décision contraste avec les assurances régulièrement avancées par les promoteurs du texte, qui affirment vouloir un dispositif strictement encadré et dénué de toute dérive. L’expérience étrangère montre pourtant que l’absence de verrous explicites favorise, à terme, la structuration d’un secteur dédié, avec des acteurs privés proposant des prestations standardisées.
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Les débats ont également mis en lumière la persistance d’un désaccord profond sur les mots employés. Là où certains députés dénoncent une rupture anthropologique et appellent à nommer clairement l’euthanasie et le suicide assisté, la majorité continue de privilégier l’expression « aide à mourir », reconnue comme euphémisante et contribuant à atténuer la portée des actes envisagés.En validant en commission la création d’un « droit à l’aide à mourir », en accélérant le calendrier parlementaire et en rejetant un amendement destiné à prévenir toute marchandisation, l’Assemblée nationale s’éloigne des appels à la prudence venus du monde médical, religieux et d’une partie significative de la société. Le rejet du Sénat, loin de constituer un frein durable, pourrait ainsi avoir laissé le champ libre à une réintroduction renforcée du dispositif lors de la seconde lecture.
La mort provoquée, présentée comme un ultime recours compassionnel, risque désormais de s’inscrire dans une logique organisée et potentiellement rentable, confirmant les craintes exprimées par ceux qui alertent sur les conséquences humaines, éthiques et sociales d’un tel basculement.


