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ÉVÉNEMENT : Dans un mois, l’Église Notre-Dame du Taur à Toulouse rouvrira ses portes

Orgue de l'église Notre Dame de Taur - DR
Orgue de l'église Notre Dame de Taur - DR
Le grand orgue de tribune, construit entre 1878 et 1880 par Eugène Puget, constitue l’un des éléments patrimoniaux majeurs de l’édifice

Il est plus fréquent, de nos jours, d’évoquer des églises fermées ou abandonnées que des sanctuaires entièrement restaurés et rendus au culte. Lorsqu’un édifice retrouve sa splendeur après plusieurs années de travaux, il est juste de le souligner. Tel est le cas de l’Église Notre-Dame du Taur, au cœur du diocèse de Toulouse, qui rouvrira ses portes le 25 mars prochain. Située 12 rue du Taur, entre la place du Capitole et la basilique Saint-Sernin, l’Église Notre-Dame du Taur occupe une place singulière dans l’histoire chrétienne toulousaine. Classée monument historique dès 1840, elle s’enracine dans la mémoire du martyre de saint Saturnin, premier évêque de Tolosa, mis à mort vers l’an 250.

Selon la tradition, attaché à un taureau, il aurait été traîné le long du cardo de la cité antique avant que son corps ne se détache à l’emplacement même de l’actuelle rue du Taur. Un martyrium aurait été élevé à la fin du IVe siècle pour honorer sa sépulture.

Le martyr de Saint Saturnin par Jean-Louis Bézard

L’édifice actuel, construit entre le XIVe et le XVIe siècle, est un exemple majeur du gothique méridional. Son plan simple en brique, sans transept, est dominé par un clocher-mur de 42 mètres, percé de six ouvertures campanaires sur deux niveaux, ornées d’arcs en mitre. Enchâssée dans l’alignement des maisons, sa façade constitue l’un des repères visuels du centre ancien.

Fermée en août 2023, l’église a bénéficié d’un vaste chantier de restauration conduit par la Mairie de Toulouse avec le soutien de l’État. Les travaux ont permis de traiter les infiltrations d’eau et les remontées d’humidité, de consolider la charpente, de renforcer la sécurité incendie, d’améliorer l’accessibilité et d’installer un éclairage valorisant l’architecture et les œuvres. La chapelle axiale, murée dans les années 1960, a été rouverte, révélant un décor néogothique inspiré de l’iconographie de Notre-Dame du Rempart.

La mort de Joseph – église Notre Dame de Taur

La restauration intérieure a redonné toute sa lisibilité au cycle peint du XIXe siècle réalisé par Bernard Bénézet, notamment la grande composition du Martyre et de l’Apothéose de saint Saturnin dans le chœur. La fresque médiévale de la Généalogie de Jacob, datée du XIVe siècle et composée de 38 figures tenant un phylactère, demeure le plus ancien témoignage pictural conservé dans l’église. Elle sera désormais protégée par une vitrine adaptée.

Le curé ukrainien de la basilique Saint-Sernin, le père Bogdan Velyanyk, nous a précisé que« l’éclairage avait été entièrement retravaillé afin d’offrir une lumière la mieux adaptée possible selon les cérémonies, les veillées, les messes solennelles ou les concerts de musique sacrée« . Le prêtre nous a également indiqué que l’orgue, pièce maîtresse patrimoniale de l’église, ne sera pas disponible en mars lors de la réouverture. Toutefois, l’orgue de chœur permettra d’assurer une célébration hautement solennelle le 25 mars prochain. Le remontage complet du grand orgue devrait être achevé en septembre 2026.

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Notons également que la statue polychrome de Notre-Dame du Rempart, œuvre du XVIe siècle représentant la Vierge à l’Enfant, a retrouvé sa place dans l’axe du chœur. Le groupe sculpté de Sainte Anne et la Vierge, attribué au XVIIe siècle, ainsi qu’un Christ en croix conservé dans la chapelle des fonts baptismaux, ont également fait l’objet d’une restauration attentive.

La généalogie de Jacob,16eme siècle – église Notre Dame de Taur

Le grand orgue, conçu dans l’esprit symphonique du XIXe siècle, comprend quarante jeux répartis sur trois claviers et pédalier, classés pour sa partie instrumentale au titre des monuments historiques

La façade de l’instrument comprend 159 tuyaux, dont certains purement ornementaux. En cours de restauration à l’identique depuis 2024, l’orgue retrouvera son emplacement d’origine au printemps 2026. Après les opérations d’accord, il devrait résonner de nouveau à partir de juin.

Orgue de l’église de Notre Dame de Taur

Précisons que le coût total de la restauration du bâtiment et de l’orgue s’élève à 5,69 millions d’euros TTC, subventionnés à hauteur de 33 % par la Direction régionale des affaires culturelles.

La réouverture est fixée au 25 mars 2026, solennité de l’Annonciation. À ce jour, la présence de l’évêque de Toulouse, Monseigneur de Kerimel, n’est pas confirmée mais pour un sanctuaire placé sous le vocable de Notre-Dame, le choix de cette date revêt une portée symbolique particulière.Dans un contexte où de nombreux édifices religieux connaissent la fermeture ou la désaffectation, la renaissance de Notre-Dame du Taur apparaît comme un signe d’espérance pour le diocèse de Toulouse et pour tous ceux qui demeurent attachés à la transmission d’un patrimoine chrétien vivant.

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