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ÉVÉNEMENT : Le Sanctuaire de Lourdes confie le Bureau des guérisons à une femme médecin

Giada Monami - Depositphotos
Giada Monami - Depositphotos
Lourdes ouvre une page inédite dans l’histoire des miracles

Le Sanctuaire de Lourdes franchit une étape significative de son histoire. Le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes et lors de la Journée mondiale du malade, l’évêque de Tarbes-Lourdes, Monseigneur Jean-Marc Micas, a annoncé la nomination de la docteure Giada Monami à la tête du Bureau des constatations médicales. L’annonce est intervenue à l’issue de la messe internationale célébrée dans la basilique souterraine Saint-Pie X. Le prélat a évoqué « un passage important dans la continuité », soulignant que cette nomination s’inscrit dans la fidélité à la mission historique de l’institution.

Âgée de 49 ans, originaire du Frioul, Giada Monami est médecin interniste à l’hôpital civil Santi Giovanni e Paolo de Venise. Elle est également volontaire de l’Unitalsi de Trévise et participe depuis plus de dix ans aux pèlerinages à Lourdes, au service des malades. Elle succède au pédiatre napolitain Alessandro de Franciscis, qui a dirigé le Bureau pendant plus de seize ans. Elle devient le deuxième médecin non français à exercer cette responsabilité et la première femme à présider cet organisme fondé en 1883 et approuvé en 1905 par le pape Pie X.

Monseigneur Micas – credit wikipedia

Le Bureau des constatations médicales constitue le premier filtre scientifique dans le processus de reconnaissance d’un miracle. Depuis sa création, des milliers de cas ont été examinés. À ce jour, 72 guérisons ont été officiellement reconnues comme miraculeuses par l’Église, au terme d’un parcours long et exigeant qui commence toujours par une évaluation médicale approfondie En Italie, la nomination a suscité une vive satisfaction. À Venise, le patriarche Francesco Moraglia a adressé un message de félicitations à la nouvelle responsable, soulignant le service « délicat, précieux et significatif » qui lui est confié. L’Unitalsi a également exprimé sa reconnaissance, mettant en avant son engagement, son sens de l’écoute et sa proximité avec les malades. Après l’annonce, Giada Monami a exprimé sa gratitude et a demandé simplement que l’on prie pour elle dans ce nouvel engagement.

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Rappelons que le processus de reconnaissance d’une guérison à Lourdes demeure strict et progressif. Tout commence par une déclaration spontanée au Bureau. Le médecin permanent recueille les éléments cliniques, reconstitue l’histoire de la maladie, analyse les traitements suivis et vérifie l’état de santé actuel. Il s’agit d’exclure toute fraude ou suggestion et de déterminer si l’évolution constatée dépasse le cours prévisible de la pathologie.Les cas peuvent être classés sans suite, laissés en observation ou enregistrés comme guérisons inattendues méritant un examen plus approfondi. L’évêque du diocèse de la personne concernée est informé et peut désigner un médecin référent. Cette première étape peut durer longtemps, car la stabilité de la guérison doit être vérifiée dans le temps.Lorsque le dossier est jugé suffisamment étayé, il est soumis à une séance collégiale réunissant les médecins présents à Lourdes, quelles que soient leurs convictions personnelles. L’objectif est de constater cliniquement la réalité des faits, diagnostic initial précis, pronostic, traitements reçus, disparition des symptômes, caractère complet et durable du rétablissement.

Si le cas apparaît exceptionnel, il est transmis au Comité médical international de Lourdes, composé d’experts chargés d’examiner les dossiers les plus solides. Leur mission n’est pas de déclarer un miracle, mais de déterminer si la guérison demeure, selon l’état actuel des connaissances scientifiques, cliniquement inexplicable par sa rapidité, sa complétude et sa permanence.

Les critères traditionnellement appliqués exigent que la maladie soit grave, précisément diagnostiquée, de nature organique et de pronostic défavorable, et que la guérison soit soudaine, complète, durable et non attribuable aux traitements. Ce n’est qu’après cette reconnaissance médicale que le dossier est transmis à l’évêque compétent, seul habilité à se prononcer sur la reconnaissance éventuelle d’un miracle.Ainsi, la nomination de Giada Monami s’inscrit dans une histoire marquée par la prudence et l’exigence. À Lourdes, la science précède toujours le jugement ecclésial. Sur des milliers de signalements enregistrés depuis 1883, seules 72 guérisons ont reçu une reconnaissance officielle, signe d’un discernement patient, au croisement de la rigueur médicale et de la foi.

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