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Guerres et religion : Monseigneur Jean-Marie Chami appelle à « chasser les démons » par la prière et le jeûne

Monseigneur Jean-Marie Chami  et le Pape Léon XIV - image Vatican media
Monseigneur Jean-Marie Chami et le Pape Léon XIV - image Vatican media
Le Vicaire patriarcal général grec-catholique melkite pour l’Égypte, le Soudan et le Soudan du Sud invite à la prière et au jeûne afin de « chasser les démons »

Face à la multiplication des conflits et aux tensions internationales qui marquent l’actualité mondiale, l’évêque melkite Jean-Marie Chami lance un appel spirituel solennel. Dans une lettre adressée aux responsables religieux et aux croyants, le Vicaire patriarcal général grec-catholique melkite pour l’Égypte, le Soudan et le Soudan du Sud invite à la prière et au jeûne afin de « chasser les démons » qui alimentent les guerres. Selon l’évêque, la situation actuelle interpelle toutes les traditions religieuses. « Ce qui se passe dans le monde concerne tous les responsables chrétiens, juifs et musulmans », écrit-il, rappelant que « nos traditions spirituelles nous rappellent sans cesse que la paix est la volonté de Dieu ». Dans cet esprit, il appelle les croyants à un temps d’« adoration pour la paix ».

Cette prise de parole intervient dans un contexte international marqué par de fortes tensions. Quelques jours auparavant, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait cité le Psaume 144 pour rendre hommage aux soldats américains engagés dans l’offensive militaire en Iran :
« Béni soit le Seigneur, mon rocher, qui forme mes mains pour la guerre et mes doigts pour le combat. »

Dans sa lettre, l’évêque Jean-Marie Chami propose une lecture des Écritures orientée vers la paix. Il rappelle plusieurs passages des livres sacrés des traditions monothéistes. Dans la Torah, le Deutéronome invite d’abord à rechercher la paix avant tout combat : « Lorsque tu t’approcheras d’une ville pour la combattre, tu l’appelleras d’abord à la paix. » La Bible reprend également la bénédiction tirée du Livre des Nombres :
« Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et t’accorde sa grâce. Que le Seigneur porte sur toi son regard et te donne la paix. » L’évêque cite aussi le Coran, dans la sourate 8 :
« S’ils inclinent vers la paix, incline-toi aussi vers elle et place ta confiance en Dieu. Il est Celui qui entend et qui sait. » Enfin, il évoque la prophétie du livre de Michée annonçant un temps de réconciliation entre les peuples :
« De leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances des serpes ; une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. »

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Pour l’évêque melkite, ces paroles rendent encore plus incompréhensible la manière dont la religion est parfois invoquée pour justifier les conflits. Il constate que les guerres continuent de bouleverser les populations civiles. « Aujourd’hui, les familles quittent leurs maisons. Des peuples vivent dans l’angoisse et l’exil. Les enfants perdent leur enfance », écrit-il. Dans cette situation, l’évêque Jean-Marie Chami renvoie à l’enseignement de l’Évangile selon saint Matthieu :
« Il n’y a que le Jeûne et la Prière qui peuvent stopper le démon de la guerre. »

La conclusion de sa lettre prend la forme d’une prière. L’évêque confie l’humanité à l’intercession de saint François d’Assise et de sainte Marie de Jésus Crucifié, carmélite palestinienne et patronne de la Terre Sainte et du Moyen-Orient. Il évoque également les nombreux innocents morts dans les conflits récents, qu’il décrit comme des témoins silencieux de la souffrance des peuples.À travers cet appel, l’évêque melkite invite les croyants des différentes traditions à retrouver dans leurs propres Écritures les sources d’un engagement pour la paix. Selon lui, la prière et le jeûne demeurent des moyens spirituels capables de s’opposer à la logique de la guerre et de rappeler que la paix reste, pour les religions abrahamiques, un don voulu par Dieu pour l’humanité.

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