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« Il est impossible de faire la moindre prévision » : le cardinal Parolin exprime ses préoccupations sur l’avenir du pontificat de Léon XIV

Léon XIV - Depositphotos
Léon XIV - Depositphotos
Alors que le cardinal Arthur Roche affirme que Léon XIV ne modifierait pas Traditionis custodes, semblant ainsi anticiper les décisions d’un pape désormais hospitalisé, le cardinal Pietro Parolin a exprimé ses préoccupations quant à l’avenir du Saint-Père

Jeudi 15 octobre, en fin d’après-midi, en marge d’une réception organisée à l’ambassade d’Irak près le Saint-Siège, à Rome, le cardinal Pietro Parolin s’est exprimé devant les journalistes sur la santé de Léon XIV et les conséquences possibles de son hospitalisation sur l’exercice du ministère pontifical. Quelques heures auparavant, le secrétaire d’État avait rendu visite au pape à la polyclinique Gemelli, où celui-ci poursuit sa convalescence après une intervention chirurgicale pulmonaire pratiquée mardi.

Cardinal Pietro Parolin – Depositphotos

À sa sortie de l’hôpital, le cardinal avait assuré avoir trouvé le Souverain Pontife en bonne forme. « Oui, je l’ai trouvé bien », avait-il déclaré, précisant que les informations reçues personnellement correspondaient aux bulletins médicaux diffusés par le Vatican. Mais en fin de journée, ses propos ont révélé une inquiétude persistante.

« Je continue à être préoccupé, car je suis profondément attristé par ce qui s’est passé », a reconnu Pietro Parolin. Tout en affirmant sa confiance dans les informations médicales communiquées, il a exprimé l’espoir que la situation puisse se résoudre rapidement.

C’est surtout sa réponse à une question sur l’avenir immédiat du pontificat qui a retenu l’attention. « Cela fait à peine deux jours que le pape est hospitalisé. Il est impossible de faire la moindre prévision. Il faut voir maintenant quand il reviendra, dans quel état il reviendra et ce que diront les médecins. En fonction de tous ces éléments, le pape réaménagera également son pontificat, s’il est nécessaire de le réaménager », a expliqué le cardinal, selon les propos rapportés jeudi soir par plusieurs agences italiennes.

Cette déclaration, particulièrement mesurée, n’en constitue pas moins une reconnaissance publique des incertitudes qui entourent désormais l’exercice du ministère pontifical. Le secrétaire d’État ne parle pas seulement d’un retour progressif aux activités ordinaires. Il envisage que les conséquences de la maladie puissent conduire Léon XIV à revoir l’organisation de son pontificat. Il ne s’agit toutefois ni d’une décision arrêtée ni de l’annonce d’un changement institutionnel. Pietro Parolin souligne précisément que toute appréciation dépendra des conclusions médicales et des capacités de récupération du Souverain Pontife.

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De son côté, alors que les rumeurs et les bruits de couloir s’intensifient dans les coulisses du Vatican depuis l’hospitalisation de Léon XIV, le cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, semble déjà vouloir fixer les orientations du pontificat sur une question particulièrement sensible : celle de la liturgie traditionnelle.

Dans un entretien publié le 13 octobre sur le site américain AdVaticanum, jour de l’hospitalisation du pape, le cardinal britannique a affirmé que Léon XIV ne modifierait pas Traditionis custodes, le motu proprio promulgué en 2021 par François pour restreindre l’usage du Missel romain de 1962 :

« Le pape Léon ne va pas modifier Traditionis custodes. Il ne reviendra pas à Summorum Pontificum », a-t-il déclaré, en référence au motu proprio de Benoît XVI de 2007 qui avait largement facilité la célébration de la messe selon les livres liturgiques antérieurs à la réforme conciliaire.

Précisons que cet entretien a été publié le 13 octobre, sans que sa date exacte de réalisation soit établie. Rien ne permet donc d’affirmer que le cardinal Roche a choisi de s’exprimer pendant la convalescence du pape. En revanche, la publication de ses déclarations au moment même où Léon XIV entrait à l’hôpital donne à cette prise de position un relief particulier. Le préfet du Culte divin présente ainsi comme acquise une orientation liturgique que le Souverain Pontife n’a pas lui-même confirmée publiquement par une nouvelle décision sur Traditionis custodes.

Le contraste avec les propos de Pietro Parolin mérite d’être relevé. D’un côté, le cardinal Roche affirme connaître la continuité d’une politique liturgique particulièrement controversée. De l’autre, le secrétaire d’État appelle à ne rien préjuger des conditions dans lesquelles Léon XIV pourra poursuivre son pontificat. Cette différence ne permet pas de conclure à un désaccord personnel entre les deux cardinaux. Elle illustre néanmoins deux attitudes distinctes face à l’incertitude : l’assurance affichée sur une orientation liturgique et la prudence concernant l’exercice futur du ministère pontifical.

Les interrogations concernent également les engagements déjà inscrits à l’agenda pontifical. Interrogé sur la possibilité que Léon XIV récite dimanche l’Angélus depuis l’hôpital Gemelli, Pietro Parolin n’a pas exclu cette éventualité. Il a cependant précisé qu’il s’agissait d’une supposition personnelle, entièrement dépendante de l’évolution de la convalescence. La prudence est plus grande encore concernant le voyage apostolique en Uruguay, en Argentine et au Pérou, programmé du 6 au 17 novembre. « C’est un voyage long et exigeant ; cela dépendra des médecins », a déclaré le secrétaire d’État.

Un tel déplacement suppose de nombreuses heures de vol, plusieurs changements de pays, des célébrations publiques et un programme de rencontres particulièrement dense. Sa réalisation, moins d’un mois après une intervention pulmonaire importante, dépendra donc nécessairement de l’appréciation médicale. Pour l’heure, aucune annulation officielle n’a été annoncée.

Le secrétaire d’État a également été interrogé sur l’atmosphère qui règne actuellement au sein de la Curie romaine. Il a reconnu que la découverte de la maladie avait constitué une grande surprise, tout en assurant que « le climat est assez serein ». Selon lui, les responsables du Saint-Siège gardent confiance dans les médecins et espèrent que l’intervention permettra de résoudre le problème rapidement et définitivement.

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