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« Il n’y a manifestement pas assez d’argent consacré pour l’entretien de fond » : le grand désarroi de l’abbé Thierry laurent

photo @tribunechretienne
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Ce week-end à Paris, deux églises ( Saint Roch et Saint Vincent de Paul ) emblématiques ont été frappées par des faits graves qui interrogent sur la protection du patrimoine religieux

Ce week-end, en moins de quarante-huit heures, l’église Église Saint-Roch à Paris a été frappée par deux incidents distincts : un acte de vandalisme visant l’arche de l’Alliance, située au fond de l’église et l’effondrement d’une corniche sur une façade latérale de l’édifice qui heureusement n’a pas fait de blessé. Joint par notre rédaction, l’abbé Thierry Laurent précise que la chute d’une partie de la corniche révèle surtout le manque de moyens consacrés à l’entretien du patrimoine religieux : « Ce qui fait défaut, c’est l’entretien de fond qui coûte cher « 

L’Abbé Laurent

Pour l’arche d’Alliance l’abbé explique : « Il y a des malfrats qui devaient penser qu’il y avait de l’argent dedans Nous avons donc porté plainte. ». Par ailleurs le curé nous précise que coïncidence des faits, la restauration de cette arche vandalisée doit débuter ce mardi 10 mars 2026.

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Face à ces événements rapprochés, l’abbé exprime un réel désarroi et pointe surtout le problème structurel de l’entretien du patrimoine religieux : « Il faut savoir que nous avons des vitraux qui sont sécurisés par de simples filets à l’intérieur depuis vingt ans. C’est dangereux, ils risquent de tomber. » Selon lui, « Les services sont réactifs sur une fuite d’eau, mais pour le gros œuvre il manque l’argent et c’est d’ailleurs une question politique, où est-ce qu’on met l’argent ? » De manière plus générale, l’abbé estime que la question relève d’abord d’un choix politique : « Il est évident que c’est une question de répartition de l’argent. Ce sont de grands bâtiments qui nécessitent des entretiens précieux. Il est évident que la mise de fonds devrait être plus importante. »

Précisons que ces incidents survenus à Saint-Roch résonnent aussi avec un autre fait préoccupant survenu ce même week-end à Paris. Une relique de Saint Vincent de Paul a en effet été volée dans l’église Église Saint-Vincent-de-Paul . Cet acte qui touche cette fois directement la foi des fidèles raisonne comme une véritable profanation et pose à lui seul le problème de la sécuritédes églises .

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Précisons que l’église Saint-Roch à Paris occupe une place particulière dans l’histoire religieuse et culturelle de Paris. Située rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement, sa construction débute en 1653 sur les plans de l’architecte Jacques Lemercier et s’achève au début du XVIIIe siècle. Avec ses 126 mètres de longueur et son architecture baroque, elle compte parmi les plus vastes églises de la capitale et est classée monument historique depuis 1914. Marquée par les événements de la Révolution française, dont les combats du 13 vendémiaire, elle conserve encore sur sa façade les traces de l’histoire. L’édifice abrite également un riche patrimoine artistique, constitué de nombreuses œuvres et chapelles décorées par des artistes majeurs de leur époque.

Aujourd’hui encore, l’église est connue comme la « paroisse des artistes ». Elle accueille régulièrement les obsèques de personnalités du monde culturel et du spectacle. Mais selon l’abbé Thierry Laurent, cette réalité révèle aussi une évolution du rapport à l’Église. Il observe que beaucoup viennent désormais « comme on va voir un simple prestataire de services ».

Entre vandalisme et dégradations structurelles, les incidents de ce week-end relancent la question de la protection et de l’entretien des églises parisiennes. À l’approche des échéances municipales, certains estiment qu’il serait utile de connaître les intentions des différents candidats concernant la préservation de ce patrimoine religieux, qui constitue aussi une part importante de l’histoire et de l’identité de la capitale.

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