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Interview du Cardinal Müller : “améliorer ce monde , ce n’est pas sauver le monde …”

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Répondant aux questions du media en ligne La Nuova Bussola l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi aborde le thème de la persévérance dans la foi en période de grand désarroi, soulignant que c’est un don qui dépend de la grâce divine.

“‘La persévérance est un don” évoquant le donum perseverantiae de saint Augustin, “parce que nous ne pouvons y arriver sans la grâce de Dieu

Il insiste sur l’importance de regarder vers Jésus-Christ pour ne pas succomber à la confusion induite par le diable, source de contradictions et de querelles au sein de la communauté des croyants.

Au cours de l’interview, le cardinal Müller discute également des controverses actuelles au sein de l’Église, y compris les divergences d’opinions sur la papauté. Il met en avant la nécessité de distinguer entre la papauté en tant qu’institution et le pontife individuel, reconnaissant que même les leaders de l’Église ont leurs limites.

Pour le cardinal allemand, la clé de la foi réside dans la conformité à la Révélation : “‘Seule la Révélation peut nous sauver, pas les bavardages ou les titres de n’importe quel journal grand public’.”

Le cardinal exhorte les pasteurs à ne pas se conformer aux tendances du monde, mais à rester fidèles à la doctrine de l’Église, évitant de céder aux pressions extérieures. Il souligne que la mission de l’Église est de conduire à la vie éternelle, dépassant les idéaux terrestres et se concentrant sur la vérité et la vie en Christ.

‘La doctrine de l’Église est claire’, souligne le cardinal Müller, ajoutant que les pasteurs doivent s’exprimer ‘non selon notre plaisir, mais selon la nature du sacrement’ qui, par exemple dans le cas du mariage, ne peut pas faire l’économie de ‘la correspondance entre homme et femme’. Il évoque également des périodes où ‘la majorité des évêques suivaient l’hérésie arienne’ ou des siècles plus tard, ‘en Allemagne et en Angleterre, pendant la Réforme protestante, ils n’ont pas été capables de répondre et de résister aux nouveaux erreurs’. Il est essentiel que les évêques ‘n’aient pas d’intérêt à parler selon l’opinion de la majorité, mais selon la Bible, le catéchisme, le magistère, les grands théologiens et les Pères de l’Église…’.

Evoquant l exercice de la papauté le prélat allemand souligne:

‘Personne, que ce soit le Pape ou un évêque, n’a la garantie de tout faire correctement’, ils ont également ‘besoin de bons collaborateurs, dotés d’une profonde compétence en théologie, en droit canonique’, et animés du désir de ‘servir l’Église et non de se servir de l’Église’. Même les Pontifes précédents n’étaient pas parfaits, chacun ayant sa propre personnalité et ses limites.”

L’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi met donc en garde contre l’humanisme horizontal qui réduit la mission de l’Église à un engagement social, affirmant que l’Église n’est pas une ONG mais a été fondée par Dieu pour le salut éternel des hommes:

“Il ne faut donc pas ‘tomber dans un humanisme horizontal, en pensant que les sacrements, la Parole de Dieu ou la question fondamentale de Dieu n’intéressent pas les gens’, et donc se limiter à travailler pour les migrants ou pour le climat : ‘ce sont des tâches de l’État ou de la société civile’, précise le cardinal, mais ‘l’Église du Christ n’est pas une ONG’.

Le préfet de conclure:

“Si nous sommes chrétiens, c’est le résultat de la grâce de Dieu à laquelle nous devons répondre en témoignant aux autres ; renoncer à la mission serait de l’égoïsme.”

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