L’acteur a répondu mardi soir aux questions d’Anne-Elisabeth Lemoine sur l’abbé Pierre qu’il a incarné au cinéma dans Hiver 54, l’abbé Pierre, en 1989. Sur le plateau de C à Vous, il a concédé que ce film ne serait « forcément » plus regardé de la même façon après les récentes accusations d’agressions sexuelles visant le prêtre décédé en 2007.
Le comédien de 66 ans dit se trouver « sans voix » face à ces témoignages qu’il « découvre en même temps que tout le monde ». Toutefois, il indique « ne pas vraiment avoir de commentaire à faire » et manifeste une certaine prudence, se gardant de toute condamnation hâtive. « J’ai passé un temps fou avec l’abbé Pierre. Il a été un guide spirituel très important dans ma vie. Tout ça est tellement récent qu’il m’est difficile de faire le ménage ».
C’est l’abbé Pierre lui-même qui a baptisé l’acteur plusieurs années après leur rencontre sur le tournage d’Hiver 54. « J’ai eu beaucoup de conversations d’ordre spirituel avec lui. Le sens de l’existence et le rapport au divin me passionnent », confiait Lambert Wilson dans un entretien à Paris Match en 2010.
« Lutte avec le célibat »
Visiblement confus, l’interprète de l’abbé Pierre a déclaré ne pas vouloir « le juger ». « Il a fait tellement pour l’humanité… Ce qui ne veut pas dire que je ferme les yeux sur les actes qu’il aurait pu éventuellement commettre ».
L’acteur a conclu en faisant un amalgame malheureux et malvenu entre célibat des prêtres et abus sexuels. « L’abbé Pierre respectait l’Eglise mais il était en lutte avec le célibat et il le disait ».