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L’Assemblée nationale reconnaît le génocide des Assyro-Chaldéens

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La communauté chrétienne des Assyro-Chaldéens, originaire de la Mésopotamie, a longtemps porté la demande de reconnaissance de son génocide, parallèlement au génocide arménien, déjà officiellement reconnu par l’ONU.

L’histoire méconnue de cette communauté révèle qu’entre janvier 1915 et juillet 2018, plus de la moitié de sa population totale a été exterminée par les autorités turques, principalement en Anatolie orientale et dans le sud-est de la Turquie. Ce génocide s’est accompagné de conversions forcées à l’islam, d’un exode massif et de la destruction de nombreux lieux de culte et d’écoles. Après avoir été adopté par le Sénat en février 2023, un texte reconnaissant ce génocide a été voté par l’Assemblée nationale le lundi 29 avril.

L’Assemblée nationale a adopté une résolution ce lundi 29 avril, initiée par les députés Sylvain Maillard (Renaissance) et Anne-Laure Blin (LR), avec une majorité absolue de 110 voix pour et aucune contre. La résolution inclut la citation suivante :

“En 1915, les Ottomans ont lancé un processus génocidaire contre le peuple arménien, au cours duquel plusieurs communautés chrétiennes ont également été victimes de cette politique d’extermination. Parmi eux, les Assyro-Chaldéens, connus comme les Assyriens, Chaldéens, Syriaques et Araméens, vocables qui désignent un seul et même peuple”.

Cette reconnaissance revêt une importance cruciale pour les spécialistes tels que Joseph Yacoub, professeur honoraire de sciences politiques à l’université catholique de Lyon, lui-même Assyro-Chaldéen, dont les grands-parents ont été tués pendant le génocide. Selon lui, cette reconnaissance est à la fois symbolique, juridique et apaisante pour la communauté, faisant écho à celle accordée aux populations arméniennes.

Des historiens et chercheurs affirment que la qualification de génocide pour les massacres des Assyro-Chaldéens ne suscite plus de débat parmi les spécialistes, en raison de la documentation croissante de cet événement historique. Raymond Kévorkian, spécialiste renommé des génocides, souligne que le génocide arménien ne devrait pas être isolé des violences subies par les Assyro-Chaldéens et les populations grecques, étant tous ciblés par le même projet d’élimination des Jeunes-Turcs.

Aujourd’hui, une grande partie de la communauté des Assyro-Chaldéens, comptant un million et demi de personnes dans le monde, vit en exil, notamment en Amérique du Nord, en Océanie et en Europe, dont une importante population en France, particulièrement dans le Val-d’Oise, qui a longtemps milité pour la reconnaissance de ce génocide.

Source france info

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