C’est un article du journal britannique The Sun qui dévoile cette information, à partir de fuites concernant le futur maillot de l’équipe nationale d’Angleterre pour la Coupe du monde 2026. Le quotidien évoque un changement majeur dans le design de la tunique, marqué par un retour explicite à la croix de saint Georges, après la controverse provoquée par le maillot précédent.
À quelques mois du début de la compétition, ces révélations mettent en lumière un tournant à la fois esthétique et symbolique. Après la vive polémique suscitée par la transformation graphique de la croix de saint Georges sur le précédent maillot, l’Angleterre semble désormais opter pour un retour clair à ses fondements historiques et chrétiens.Les images diffusées montrent un maillot domicile volontairement sobre. Le blanc traditionnel domine, souligné par des liserés bleu marine au col et aux manches. Autour du cou et des bras, des détails rouges et blancs renvoient sans ambiguïté au drapeau national, et donc à la croix de saint Georges. Cette fois, aucune réinterprétation chromatique ou stylistique ne vient altérer le symbole.
À l’intérieur du col figure une inscription extraite de l’hymne britannique : « heureux et glorieux » (happy and glorious). Ce détail discret rappelle que l’identité nationale anglaise ne se réduit pas à une esthétique contemporaine, mais s’inscrit dans une histoire longue, transmise de génération en génération.
Ce retour visible de la croix invite à rappeler qui fut réellement saint Georges et pourquoi sa figure demeure centrale dans l’histoire de l’Angleterre.Saint Georges est un martyr chrétien du IVᵉ siècle, originaire de Cappadoce, officier de l’armée romaine sous l’empereur Dioclétien. Lors des persécutions contre les chrétiens, il refusa d’abjurer sa foi et rendit témoignage au Christ jusqu’au martyre. Son culte, solidement attesté par la tradition de l’Église, se diffuse rapidement dans tout le monde chrétien.Il incarne la figure du soldat chrétien, fidèle à l’autorité civile mais soumis avant tout à la loi de Dieu. Cette fidélité, portée jusqu’au sacrifice de la vie, explique pourquoi saint Georges fut honoré comme modèle de courage, de droiture et de constance morale.
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Une figure constitutive de l’identité anglaise
C’est au temps des Croisades que saint Georges s’enracine profondément dans l’histoire, la culture et la conscience nationale de l’Angleterre. Les chevaliers anglais se placent sous sa protection, voyant en lui l’exemple du combattant juste, prêt à défendre la foi chrétienne et l’ordre moral.En 1348, le roi Édouard III le proclame officiellement saint patron de l’Angleterre et fonde l’Ordre de la Jarretière sous son invocation. La croix rouge sur fond blanc devient alors l’emblème du royaume, bien avant son usage sportif. Elle s’impose comme un signe visible d’une nation façonnée par des siècles de christianisme.Durant des générations, cette croix a flotté sur les églises, les édifices publics et les champs de bataille. Elle ne relève ni du folklore ni d’une construction idéologique moderne, mais d’un héritage chrétien structurant, au cœur de l’histoire anglaise.
Dans ce contexte, le choix opéré pour le maillot de la Coupe du monde 2026 apparaît comme un recentrage assumé. Sans discours solennel ni proclamation officielle, le retour à une représentation fidèle et respectueuse de la croix de saint Georges semble répondre à une attente profonde d’une partie importante de la population britannique.Le précédent maillot, dont la croix avait été modifiée dans des tons violets et bleus, avait suscité une indignation rare, y compris au sommet de l’État. Beaucoup y voyaient non une innovation créative, mais une mise à distance inutile d’un symbole fondateur.
Ce nouveau maillot rappelle une évidence souvent négligée : les symboles ne sont pas interchangeables. Ils expriment ce qu’un peuple est, ce qu’il a reçu et ce qu’il choisit de transmettre.Reste à savoir si ce retour anglais à ses racines, exposé au monde entier lors de la Coupe du monde 2026, inspirera d’autres nations européennes. Verrons-nous un jour sainte Jeanne d’Arc figurer sur le maillot de l’équipe de France, ou faudra-t-il encore longtemps feindre d’ignorer ce qui a façonné l’histoire et l’identité du pays ? L’avenir le dira.


