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Le père Benoît Aubert nommé évêque de Limoges, un parcours pastoral marqué par la mission

Le père Benoît Aubert  - capture KTO
Le père Benoît Aubert - capture KTO
L’annonce de sa nomination à Limoges a été pour lui une surprise. « J’ai été très surpris […] je ne m’y attendais pas du tout », confie-t-il, précisant avoir appris la nouvelle à son retour d’un séjour en Terre Sainte

Le pape Léon XIV a nommé le mardi 7 avril 2026 le père Benoît Aubert évêque de Limoges. Cette nomination, rendue publique le 8 avril, confie à ce prêtre du diocèse de Paris la responsabilité d’une Église locale confrontée à des enjeux pastoraux importants. La messe d’installation aura lieu le dimanche 14 juin 2026 à 15h en la cathédrale Saint-Étienne de Limoges.

Né le 30 mai 1973 à Porto-Vecchio, en Corse, le père Benoît Aubert a d’abord suivi un parcours scientifique, avec des classes préparatoires à Saint-Cyr-l’École puis une formation d’ingénieur à l’Université de technologie de Compiègne, avant d’entrer au séminaire de Paris. Il est ordonné prêtre le 24 juin 2006 à la cathédrale Notre-Dame de Paris pour l’archidiocèse de Paris, et titulaire d’un baccalauréat en théologie. Son ministère s’est principalement déployé en région parisienne. De 2006 à 2010, il est vicaire à Villemomble, dans le diocèse de Saint-Denis, avant d’être nommé curé à Aubervilliers de 2010 à 2019, toujours dans le cadre de la Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville.

Ces années constituent un temps fort de son expérience pastorale, dans un contexte marqué par la diversité des populations. Dans le cadre d’une interview récente, il revenait sur cette période en soulignant l’impact de ces rencontres, évoquant « des chrétiens de culture très différentes » et la naissance d’un « très vif désir de participer à construire la communion ». Cette recherche de l’unité apparaît comme une constante de son parcours.

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À partir de 2019, il est appelé à Paris comme recteur de l’église Saint-Joseph des Carmes et accompagnateur de l’aumônerie étudiante de l’Institut Catholique. Il exerce également des responsabilités importantes comme vicaire épiscopal pour la pastorale des jeunes adultes et délégué pour la mission étudiante de la province ecclésiastique de Paris. Entre 2021 et 2022, il est secrétaire particulier de l’archevêque de Paris. Depuis 2022, il est envoyé dans le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes comme responsable du secteur pastoral de Dourdan-Bienheureuse-Marie-Poussepin, qui regroupe plusieurs paroisses, tout en étant aumônier de Notre-Dame de l’Ouÿe, maison d’accueil du diocèse de Paris. Dans ce contexte, il décrivait une réalité différente de celle de la Seine-Saint-Denis, marquée non par la diversité culturelle mais par « les différentes manières de vivre la foi ». Il identifiait alors comme enjeu central « de favoriser la communion : communion des personnes, des villes et des villages, des communautés », rappelant que cette dimension est constitutive de la vie de l’Église.

Dans cette même interview, il soulignait le rôle central de l’eucharistie comme lieu de communion, tout en reconnaissant les tensions possibles liées aux sensibilités liturgiques.

Il mentionnait également d’autres lieux de rencontre, notamment les initiatives solidaires ou festives, ainsi que l’écoute de la parole de Dieu.Son expérience pastorale à Dourdan a également été marquée par la mise en place d’un projet élaboré de manière participative. Il évoquait « un vrai et beau moment de communion », fruit d’une démarche synodale fondée sur l’écoute mutuelle et le discernement.

L’annonce de sa nomination à Limoges a été pour lui une surprise. « J’ai été très surpris […] je ne m’y attendais pas du tout », confie-t-il, précisant avoir appris la nouvelle à son retour d’un séjour en Terre Sainte. Il évoque aussi un temps de réflexion marqué par un sentiment d’inadéquation avant d’accepter cette mission à la suite d’un temps de prière. Dans son témoignage, il déclare « le premier pas de ma vocation […] c’est d’être avec le Seigneur », ainsi que sur la dimension missionnaire du ministère, « aimer Jésus mais le faire aimer ». Par ailleurs , il évoque également ce qui nourrit sa vie de prêtre, notamment « le ministère de l’écoute », vécu comme une grâce permettant d’être « témoin de ce que Dieu fait dans le cœur de l’homme ». Il soulignait aussi la fidélité de Dieu dans sa propre vie, malgré ses limites.

Il identifie le défi pastoral actuel, comme celui de rejoindre les personnes éloignées de l’Église. « Un enjeu aujourd’hui est d’aller là où sont les gens », expliquait-il, en évoquant la présence dans les lieux de vie ordinaires. Sa référence à Charles de Foucauld, « donner à tous Jésus », traduit une orientation missionnaire qui traverse l’ensemble de son parcours. Interrogé sur sa future mission, il indique qu’elle restait en partie à découvrir, tout en définissant l’évêque comme « un pasteur », appelé à « écouter, regarder, encourager » et à favoriser la communion au sein du peuple de Dieu. S’adressant aux fidèles de Limoges, il a tenu à exprimer sa gratitude pour leur accueil et son souhait de « faire un beau bout de chemin » avec eux, en étant attentif à la réalité du territoire et à l’action de l’Esprit Saint, ainsi qu’à la nécessité de « faire un seul corps » malgré les différences de sensibilités.

La messe d’installation du père Benoît Aubert aura lieu le dimanche 14 juin 2026 à 15h en la cathédrale Saint-Étienne de Limoges. Elle marquera le début de son ministère épiscopal dans ce diocèse.

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