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Le théologien de la libération au contre- synode …

Leonardo Boff recycle son discours sur l'écologie lors d'un "synode" dissident parallèle à Rome

L’ancien frère franciscain Leonardo Boff, âgé de 84 ans, était virtuellement présent le 9 octobre à Rome pour prononcer un discours sur l’écologie lors d’un événement parallèle au Synode de la Synodalité convoqué par le Pape François.

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, événement marquant la fin de l’expérience socialiste en Europe, Boff s’est éloigné de la Théologie de la Libération marxiste, dont il était le praticien le plus éminent au Brésil, pour se consacrer à l’écologisme ( doctrine des écologistes).

Lundi, Boff « a recyclé  » la discussion en ligne sur Laudato Si’, l’encyclique du Pape François de 2015, qu’il a enregistrée avec le professeur universitaire canadien Mark Hathaway en 2020 pour l’événement « Droits de l’homme dans l’Église catholique émergente ».

La participation de l’ancien frère franciscain a eu lieu lors de l’événement organisé par l’organisation internationale Spirit Unbounded , qui se déroule du 8 au 14 octobre et qui réunit 150 intervenants dans ce qu’elle présente comme une « assemblée synodale dirigée par des laïcs ».

Pour comprendre ce que sont les  » Spirit Unbounded » :

https://tribunechretienne.fr/une-semaine-de-propagande-et-de-pression-des-esprits-dechaines/

Parmi les intervenants figurent le théologien laïc vénézuélien Rafael Luciani, qui participe également au Synode de la Synodalité en tant qu’expert/facilitateur choisi par le Pape ; l’ancienne présidente de l’Irlande, Mary McAleese ; Cherie Blair, l’épouse de l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair ; Jamie Manson, présidente de l’organisation américaine pro-avortement Catholics for Choice, et bien d’autres.

La réunion parallèle de ces dissidents catholiques utilise comme outil de travail le Texte de Bristol pour la Réforme, qui est décrit comme ayant été produit au cours des « 16 mois d’un large chemin synodal dirigé par des laïcs entre octobre 2020 et février 2022 ».

Selon le texte, les auteurs souhaitent

« assurer aux catholiques ordinaires qu’il existe des changements que nous pouvons apporter à notre pratique qui sont en ligne avec la meilleure tradition catholique et qui bénéficient du soutien de penseurs et de théologiens profonds, pastoralement sensibles et bien informés, y compris certains membres du clergé ».

Le Texte de Bristol se résume en quatre points, le premier d’entre eux, sur la théologie morale, affirme que « l’Église doit accepter la liberté d’expression indisciplinée ».

Pour eux, « la doctrine de l’Église ne doit pas consister en des règles, mais en des modes de pensée, formés dans le dialogue avec tous ceux qui cherchent la vérité en tout temps et en tout lieu ».

En ce qui concerne l’autorité dans l’Église, le texte demande « des structures démocratiques à tous les niveaux, une réaffirmation que le magistère appartient à tous les fidèles et un leadership responsable basé sur le consentement ». Le droit canonique, souligne-t-il, « doit de toute urgence être transformé en un modèle utile et accessible, en prenant pour référence la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies ».

« L’appel de Jésus à célébrer sa présence dans l’Eucharistie n’exige aucune caste sacerdotale. Tous les ministères sont ouverts à tous, comme c’était le cas dans l’Église primitive », précise le texte sur le ministère liturgique.

En ce qui concerne la diversité, il affirme : « La hiérarchie, et en particulier le leadership exclusivement masculin, empêche l’Église de reconnaître la bonté de la diversité de la création et la dignité et la sainteté de tous. En pratique, l’Église n’a pas d’enseignement cohérent sur le genre, mais des déclarations contradictoires et scientifiquement obsolètes ».

Dans la vidéo de 2020 diffusée lundi, Boff et Hathaway ont discuté de ce qu’ils considèrent comme un « changement de paradigme » provoqué par Laudato Si’. Dans sa « encyclique verte », comme Boff la définit, le Pape « n’enferme pas l’écologie dans l’environnement, mais définit une écologie intégrale qui englobe l’environnement, la société, la politique, la culture, la vie quotidienne et la dimension spirituelle ».

Ce thème a été débattu par les deux hommes pendant des années. Boff et Hathaway ont publié en 2009 « Le Tao ( chemin) de la libération : Exploration de l’écologie de la transformation ». Selon Hathaway, le livre « intègre des perspectives de l’économie, de l’écologie, de la justice sociale, de la spiritualité et de la cosmologie postmoderne ».

La version en portugais a été publiée en 2012 par la maison d’édition Vozes, liée aux franciscains de Petrópolis, à laquelle Boff appartenait jusqu’à ce qu’il quitte l’Église en 1992 pour se marier.

Matthieu 7 15-16.
« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ? Ou des figues sur des chardons ? ».

Son parcours

Leonardo Boff, né le 14 décembre 1938 à Concórdia dans l’État de Santa Catarina (Brésil), est une figure emblématique de la théologie de la libération au Brésil dans les années 1970-1980. Il est également connu pour avoir été lauréat du prix Nobel alternatif en 2001.

Leonardo Boff est issu d’une famille d’immigrants italiens originaires de la Vénétie, qui s’établirent au Rio Grande do Sul à la fin du XIXe siècle. Il a un frère, Clodovis, qui est prêtre catholique de l’ordre des Servites de Marie. Initialement influencé par son frère, il adhère à la théologie de la libération, mais leurs positions divergeront plus tard.

Après ses études à Concórdia, Rio Negro (Paraná) et Agudos (São Paulo), Leonardo Boff poursuit des études en philosophie à Curitiba (Paraná) et en théologie à Petrópolis (Rio de Janeiro). En 1959, il rejoint l’ordre des frères mineurs franciscains et obtient son doctorat en philosophie et en théologie de l’université de Munich en 1970, sous la direction de Karl Rahner, un jésuite fortement influencé par Heidegger.

En tant que théologien de la libération, il enseigne la théologie systématique et œcuménique à l’Institut théologique franciscain de Petrópolis de 1970 à 1992, ainsi que dans plusieurs universités brésiliennes. De 1970 à 1985, il participe activement à la publication de la collection « Théologie et Libération » aux côtés de Rose Marie Muraro. Il est également le rédacteur en chef de plusieurs revues théologiques.

 Il est ensuite interdit de prédication et d’enseignement dans les Facultés catholiques par la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi dans les années 1980 suite, notamment, à la publication de son ouvrage «Eglise: charisme et pouvoir» (1981).

En 1985, il est sanctionné par les autorités doctrinales du Vatican pour ses liens supposés entre la théologie de la libération et le marxisme, et se voit imposer le « silence et l’obéissance ».

Contrairement à d’autres théologiens, il n’est soumis qu’à une procédure « ordinaire » et peut donc rester prêtre, mais il continue à être actif au sein de l’Église au Brésil.

En 1992, en désobéissant à ses supérieurs franciscains et en critiquant ouvertement le pape Jean-Paul II, Leonardo Boff quitte le sacerdoce. Il vit ensuite en union libre avec Marcia Maria Monteiro de Miranda et devient le père par affinité d’une fille et de cinq fils, ainsi que le grand-père de Marina, Eduardo et Maira.

Par la suite, il se tourne vers l’écologie et soutient l’hypothèse Gaïa du scientifique James Lovelock, considérant que la Terre fonctionne comme un super-organisme autorégulé. Il estime que l’écologie doit être perçue comme un nouvel art de la relation entre les êtres humains et la nature, plutôt qu’un simple processus technique de gestion des ressources.

En 2010, Leonardo Boff s’oppose publiquement au projet de barrage de Belo Monte, rejoignant de nombreuses autres personnalités dans cette contestation.

En 2023 il participe virtuellement à une conférence des Spirit unbounded lors du synode.

source wikipedia et aci.

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