Ce jeudi 12 février marquait la rencontre, qualifiée de « cordiale et sincère », entre le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.Au centre des échanges, la demande explicite du Vatican de suspendre les ordinations annoncées, condition préalable à la poursuite d’un dialogue doctrinal sur les exigences de la pleine communion avec l’Église catholique.Selon le communiqué publié à l’issue de l’entretien, le Saint-Siège a demandé à la Fraternité de renoncer aux ordinations épiscopales annoncées pour les prochaines semaines. Le texte précise qu’une consécration d’évêques sans mandat pontifical constituerait une « rupture décisive de la communion ecclésiale », configurant un schisme aux conséquences graves pour l’ensemble de la Fraternité.
Cette demande est présentée comme une condition indispensable pour pouvoir engager le parcours de travail théologique proposé par le Dicastère.
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L’entretien a permis de reprendre plusieurs thèmes soulevés par la Fraternité dans des lettres adressées entre 2017 et 2019, notamment la question de la pluralité des religions en rapport avec la volonté divine.Le cardinal Víctor Manuel Fernández a proposé l’ouverture d’un itinéraire de travail théologique structuré afin d’approfondir certaines questions demandant des clarifications, parmi lesquelles la distinction entre l’acte de foi et le « religieux hommage de l’intelligence et de la volonté », les différents degrés d’adhésion aux textes du concile Vatican II, ainsi que la reprise des arguments présentés par la Fraternité dans une lettre du 17 janvier 2019.L’objectif indiqué est de préciser les exigences minimales nécessaires pour parvenir à la pleine communion avec l’Église catholique, préalable à toute définition d’un éventuel statut canonique stable pour la Fraternité.
Le communiqué rappelle le canon 331 du Code de droit canonique ainsi que la constitution dogmatique Pastor aeternus, qui affirme la primauté du Pontife romain sur l’Église universelle.Depuis les consécrations épiscopales de 1988, le magistère souligne la gravité d’ordinations réalisées sans l’autorisation du pape. Une telle initiative aujourd’hui serait considérée comme un acte portant atteinte à l’unité visible de l’Église et rendrait pratiquement impossible la poursuite du dialogue engagé.L’abbé Davide Pagliarani soumettra la proposition au Conseil général de la Fraternité avant de transmettre la réponse au Dicastère pour la doctrine de la foi. En cas d’accord, les modalités du parcours théologique seraient définies conjointement.
Le communiqué se conclut par un appel à la prière adressé à toute l’Église afin de préserver et restaurer la communion ecclésiale voulue par le Christ.
DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
COMMUNIQUÉ
« concernant la rencontre entre le Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
et le Supérieur Général de la FSSPX
Le 12 février 2026, s’est tenue au Dicastère pour la Doctrine de la Foi une rencontre cordiale et sincère entre le Préfet, S. Ém. le Cardinal Víctor Manuel Fernández, et le Supérieur Général de la FSSPX, le Rév. Don Davide Pagliarani, avec l’agrément du Saint-Père Léon XIV.
Après avoir clarifié certains points présentés par la FSSPX dans diverses lettres, envoyées notamment au cours des années 2017-2019, entre autres, la question de la volonté divine concernant la pluralité des religions a été discutée. Le Préfet a proposé un parcours de dialogue spécifiquement théologique, avec une méthodologie bien précise, au sujet de thèmes qui n’ont pas encore reçu une clarification suffisante, tels que la différence entre l’acte de foi et le « religieux assentiment de l’intelligence et de la volonté », ou encore les différents degrés d’adhésion requis par les divers textes du Concile œcuménique Vatican II et leur interprétation. Dans le même temps, il a proposé de traiter une série de thèmes énumérés par la FSSPX dans une lettre du 17 janvier 2019.
Ce parcours aurait pour but de mettre en évidence, dans les questions débattues, les minimums nécessaires pour la pleine communion avec l’Église catholique et, par conséquent, de définir un statut canonique de la Fraternité, ainsi que d’autres aspects à approfondir ultérieurement.
Il a été réaffirmé de la part du Saint-Siège que l’ordination d’évêques sans mandat du Saint-Père, lequel détient une puissance ordinaire suprême, pleine, universelle, immédiate et directe (cf. CIC, can. 331 ; Const. dogm. Pastor aeternus, chap. I et III), impliquerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme), avec de graves conséquences pour la Fraternité dans son ensemble (Jean-Paul II, Lett. ap. Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, nn. 3 et 5c ; Conseil pontifical pour les Textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996, n. 1).
Par conséquent, la possibilité d’engager ce dialogue suppose que la Fraternité suspende la décision des ordinations épiscopales annoncées.
Le Supérieur Général de la FSSPX présentera la proposition à son Conseil et donnera sa réponse au Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
En cas de réponse positive, les étapes, les phases et les procédures à suivre seront établies d’un commun accord.
Il est demandé à toute l’Église d’accompagner ce chemin, spécialement dans les prochains temps, par la prière à l’Esprit Saint. Il est le principal artisan de la véritable communion ecclésiale voulue par le Christ. »
- Víctor Fernández


