Lors du Regina Caeli de ce lundi de l’Ange 6 avril 2026, le pape Léon XIV a recentré son enseignement sur un passage décisif de l’Évangile selon saint Matthieu (Mt 28, 8-15), où deux récits émergent face à un même événement : le tombeau vide. « L’Évangile d’aujourd’hui (…) nous demande de choisir entre deux récits », a-t-il déclaré. D’un côté, les femmes qui rencontrent le Ressuscité et annoncent la victoire du Christ sur la mort. De l’autre, les gardes soudoyés qui propagent une version fabriquée : « Jésus n’est pas ressuscité, mais son cadavre a été volé. » Le pape souligne avec précision : « D’un même fait (…) jaillissent deux interprétations : l’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive. »
Ce contraste évangélique devient, dans son propos, une grille de lecture du monde contemporain. « Souvent, en effet, le récit de la vérité est occulté par les fake news », affirme-t-il, évoquant « des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement ».
Mais l’analyse ne s’arrête pas à une critique des dérives actuelles. Elle plonge dans une compréhension plus profonde du rapport entre vérité et réalité. Car dans la foi chrétienne, la vérité n’est pas une construction fragile dépendante des rapports de force. Elle est liée à un événement irréductible : la Résurrection. « La vérité ne reste pas cachée (…) elle vient à notre rencontre, vivante et rayonnante », a insisté le pape. Cette affirmation engage une vision précise : la vérité possède une consistance propre, indépendante des récits qui tentent de la recouvrir. Elle ne se fabrique pas, elle se manifeste. Le récit des gardes montre que le mensonge peut être structuré, soutenu par des intérêts, relayé avec efficacité. Pourtant, il demeure suspendu à une négation du réel. À l’inverse, le témoignage des femmes repose sur une rencontre. Il ne cherche pas à produire un effet, mais à transmettre ce qui a été vu.
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C’est ici que se situe le cœur théologique de cette intervention. La vérité chrétienne n’est pas d’abord un discours, mais une présence. Elle n’est pas imposée de l’extérieur, elle surgit dans l’histoire et appelle la liberté humaine. Le commandement du Ressuscité, « N’ayez pas peur ! Allez annoncer », ne fonde pas une stratégie, mais une mission de témoignage. Le pape Léon XIV a ensuite élargi cette réflexion aux drames du temps présent : « Je pense aux peuples tourmentés par la guerre, aux chrétiens persécutés (…) aux enfants privés d’éducation. » Dans ces situations, la falsification de la vérité devient un instrument de domination. Elle déforme la réalité, justifie l’injustice et étouffe l’espérance. Dès lors, annoncer la Résurrection prend une dimension concrète. « Annoncer (…) la Pâque du Christ, c’est redonner une voix à l’espérance. » Il ne s’agit pas seulement de transmettre une foi, mais de rouvrir un avenir là où tout semble fermé.
Le rappel du pape François, mort le lundi de Pâques de l’année précédente, s’inscrit dans cette continuité du témoignage. La vérité chrétienne ne se maintient pas par abstraction, mais par des vies qui l’incarnent. Au terme de cette intervention, une ligne de fracture apparaît clairement. Il ne s’agit pas seulement de discerner entre vrai et faux, mais de choisir entre deux manières d’habiter le réel. L’une accueille l’irruption de Dieu dans l’histoire. L’autre s’emploie à l’effacer. Le tombeau vide reste ce lieu de décision. Non pas un simple souvenir, mais un signe toujours actuel. Face à lui, chacun est renvoyé à une responsabilité : accueillir la vérité qui se donne ou s’en détourner. Dans un monde saturé de récits concurrents, la parole du pape Léon XIV rappelle que la vérité ne dépend pas de sa popularité. Elle dépend de sa fidélité au réel, et ultimement, au Christ ressuscité.
LÉON XIV
REGINA CAELI
Place Saint-Pierre
Lundi de l’Ange, 6 avril 2026
« Chers frères et sœurs, le Christ est ressuscité ! Joyeuses Pâques !
Cette salutation, pleine d’émerveillement et de joie, nous accompagnera tout au long de la semaine. En fêtant le jour nouveau que le Seigneur a fait pour nous, la liturgie célèbre l’entrée de toute la création dans le temps du salut : le désespoir de la mort est supprimé pour toujours, au nom de Jésus.
L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 28, 8-15) nous demande de choisir entre deux récits : celui des femmes, qui ont rencontré le Ressuscité (v. 9-11), ou celui des gardes, qui ont été soudoyés par les chefs du Sanhédrin (v. 11-14). Les premières annoncent la victoire du Christ sur la mort ; les seconds annoncent que la mort l’emporte toujours et quoi qu’il arrive. Dans leur version, en effet, Jésus n’est pas ressuscité, mais son cadavre a été volé. D’un même fait, le tombeau vide, jaillissent deux interprétations : l’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive.
Ce contraste nous invite à réfléchir sur la valeur du témoignage chrétien et sur l’honnêteté de la communication humaine. Souvent, en effet, le récit de la vérité est occulté par les fake news, comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire par des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement. Face à ces obstacles, cependant, la vérité ne reste pas cachée, bien au contraire : elle vient à notre rencontre, vivante et rayonnante, illuminant les ténèbres les plus épaisses. Comme aux femmes arrivées au tombeau, Jésus nous dit aujourd’hui : « N’ayez pas peur ! Allez annoncer » (v. 10). Il devient ainsi lui-même la bonne nouvelle à témoigner au monde : la Pâque du Seigneur est notre Pâque, la Pâque de l’humanité, car cet homme, qui est mort pour nous, est le Fils de Dieu, qui a donné sa vie pour nous. Tout comme le Ressuscité, toujours vivant et présent, libère le passé d’une fin destructrice, de même l’annonce pascale rachète notre avenir du tombeau.
Très chers amis, combien il est important que cet Évangile rejoigne avant tout ceux qui sont opprimés par la méchanceté qui corrompt l’histoire et trouble les consciences ! Je pense aux peuples tourmentés par la guerre, aux chrétiens persécutés à cause de leur foi, aux enfants privés d’éducation. Annoncer, en paroles et en actes, la Pâque du Christ, c’est redonner une voix à l’espérance, qui serait autrement étouffée entre les mains des violents. Lorsque la Bonne Nouvelle est proclamée dans le monde, elle éclaire toutes les ombres, en tout temps.
Avec une affection particulière, à la lumière du Ressuscité, nous nous souvenons aujourd’hui du Pape François qui, le lundi de Pâques de l’année dernière, a rendu sa vie au Seigneur. Alors que nous faisons mémoire de son grand témoignage de foi et d’amour, prions ensemble la Vierge Marie, Siège de la sagesse, afin que nous puissions devenir des annonciateurs toujours plus lumineux de la vérité.
Après le Regina Caeli
Chers frères et sœurs !
Soyez tous les bienvenus, chers pèlerins venus d’Italie et de divers pays. Je salue en particulier les jeunes du doyenné d’Appiano Gentile. Je pense à tous ceux qui, dans différentes parties du monde, participent aux initiatives organisées à l’occasion de la Journée internationale du sport pour le développement et la paix, en renouvelant l’appel pour que le sport, avec son langage universel de fraternité, soit un lieu d’inclusion et de paix.
Je remercie tous ceux qui, ces jours-ci, m’ont fait parvenir leurs vœux pour la Sainte Pâques. Je suis particulièrement reconnaissant pour vos prières ; que par l’intercession de la Vierge Marie, Dieu récompense chacun par ses dons !
Je vous souhaite de passer dans la joie et la foi ce « Lundi de l’Ange » et ces jours de l’Octave de Pâques, durant lesquels se prolonge la célébration de la Résurrection du Christ. Persévérons dans l’invocation du don de la paix pour le monde entier.
Bon Lundi de l’Ange ! »
Source Vatican


