La fusillade qui a frappé la communauté catholique de Minneapolis, le 27 août, a plongé tout un pays dans la stupeur. Deux enfants, âgés de huit et dix ans, ont perdu la vie, dix-huit autres personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement. L’attaque, perpétrée en pleine messe scolaire dans l’église de l’Annonciation du quartier de Windom, a immédiatement été qualifiée d’acte de haine anti-catholique par plusieurs responsables religieux.Face à ce drame, la réponse des chrétiens a été immédiate. En l’espace de quarante-huit heures, une pluie de campagnes GoFundMe a permis de lever plus de 1,5 million de dollars, grâce à plus de 26 000 contributeurs. Certaines histoires personnelles ont particulièrement ému, la page dédiée à Sophia Forchas, une élève de 12 ans toujours hospitalisée en soins intensifs, a déjà franchi les 530 000 dollars sur un objectif de 620 000. Celle de la famille de Harper Moyski, une fillette tuée lors de l’attaque, a dépassé 80 000 dollars. Parmi les donateurs, un bienfaiteur anonyme a offert à lui seul 10 000 dollars.
« Nos cœurs sont brisés, mais nous voyons dans ces dons un signe que la foi et la compassion demeurent plus fortes que la haine », a confié un parent d’élève lors d’une veillée de prière improvisée sur le parvis de l’église.
Dans les couloirs de l’hôpital où plusieurs enfants luttent encore pour leur vie, des familles témoignent de la force qu’elles trouvent dans cette vague de soutien.Cet élan de générosité rappelle d’autres mobilisations massives, comme celles observées à Uvalde ou à Nashville, où des centaines de milliers de dollars avaient également été levés. Mais à Minneapolis, la dimension religieuse est particulièrement marquée. Des paroisses de tout le pays ont organisé des quêtes spéciales, et plusieurs diocèses ont invité les fidèles à offrir non seulement leur argent mais aussi leur prière.
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« Les attaques contre l’Église ne doivent pas nous diviser mais nous unir, car le Christ a déjà vaincu la haine », a déclaré un évêque local lors de son homélie dominicale. À Rome, le pape Léon XIV a exprimé sa proximité avec les familles endeuillées et invité les catholiques à persévérer dans l’espérance, rappelant que « là où le mal semble triompher, l’amour de Dieu ouvre toujours une brèche ».
Au-delà de l’émotion, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une dérive idéologique inquiétante. Les chrétiens rappellent que l’auteur de l’attaque aurait relayé, sur ses réseaux sociaux, des discours hostiles à l’Église et à ses enseignements sur l’anthropologie humaine et la famille. Certains y voient l’expression d’une haine croissante de la part de courants radicaux transgenres et progressistes, qui ne tolèrent plus la vision chrétienne de l’homme et de la sexualité.
« Cette violence n’est pas un accident, elle s’inscrit dans un climat où insulter, caricaturer ou menacer les chrétiens est devenu socialement accepté », souligne un observateur.
En France, où les attaques contre les églises et les profanations d’autels se multiplient, de nombreux catholiques voient dans la mobilisation américaine un exemple de solidarité et de fierté chrétienne à imiter. Car si la douleur est universelle, la réponse peut l’être aussi : transformer chaque blessure en un sursaut de foi et de charité.