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Les Martyrs d’Algérie : hommage et mémoire le 8 Mai

DR - le moines de Thibirine

Le 8 décembre 2018 à Oran, une cérémonie a marqué la béatification de 19 figures religieuses tuées pendant les années de guerre civile en Algérie, connues sous le nom de la « décennie noire » des années 1990. La date de commémoration pour ces martyrs a été établie au 8 mai.

Cette béatification a été perçue comme un événement significatif, symbolisant un message de paix et de pardon, non seulement en Algérie mais aussi à l’échelle internationale. L’annonce initiale de cette béatification avait été faite par le pape François le 29 janvier 2018.

Intégralité de la cérémonie de béatification le 8 décembre 2018

Les Béatifiées

Parmi les personnes béatifiées figurent sept moines trappistes du monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, qui comprennent Christian de Chergé, Luc Dochier, Paul Favre-Miville, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Célestin Ringeard, et Bruno Lemarchand. Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, est également inclus, assassiné le 1er août 1996.

D’autres victimes de cette période incluent quatre membres de la communauté des Pères blancs à Tizi-Ouzou, les frères maristes Henri Vergès et sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, ainsi que les sœurs Augustines espagnoles Esther Paniagua Alonso et Caridad Alvarez Martin. Sœur Angèle-Marie Littlejohn et sœur Bibiane Leclerc, ainsi que sœur Odette Prévost, sont aussi honorées.

Les évêques d’Algérie ont exprimé que ces béatifications servent de témoignage contre la haine et sont envisagées comme un pas vers la réconciliation et la paix, réaffirmant l’engagement des martyrs pour des valeurs de fraternité et de foi jusqu’à leur mort.

L’assassinat des moines de Tibhirine durant la guerre civile algérienne

L’assassinat des moines de Tibhirine, qui s’est produit entre mars et mai 1996, demeure un épisode sombre de la guerre civile algérienne. Ces événements concernent sept moines trappistes de l’abbaye Notre-Dame de l’Atlas en Algérie, enlevés puis assassinés, avec leurs têtes retrouvées le 30 mai près de Médéa. Les circonstances précises de leur mort sont toujours sujettes à des interrogations et diverses hypothèses.

Contexte initial

Le monastère de Tibhirine, fondé en 1938 près de Médéa, était un lieu de prière et de travail agricole géré par les moines trappistes. Les tensions régionales étaient déjà élevées depuis le début des années 1990, avec des menaces croissantes provenant des groupes djihadistes, en particulier le Groupe islamique armé (GIA).

Les moines ont été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 par un groupe armé. Malgré quelques tentatives de négociation, incluant un message du leader du GIA, les nouvelles des moines ont cessé jusqu’à l’annonce tragique de leur mort le 21 mai par le GIA. Leur assassinat a été officialisé avec la découverte de leurs têtes le 30 mai, alors que les corps n’ont jamais été retrouvés, alimentant ainsi les spéculations sur les véritables circonstances de leur mort.

Hypothèses et enquêtes

Plusieurs théories existent concernant l’assassinat des moines :

  1. Responsabilité du GIA : La version officielle d’Alger attribue la responsabilité directe au GIA. Toutefois, cette affirmation est contestée en raison de l’absence de corps et de preuves concrètes.
  2. Implication des services secrets algériens : Des accusations pointent du doigt une possible manipulation du GIA par les services secrets pour discréditer le mouvement islamiste.
  3. Bavure de l’armée algérienne : Une autre théorie suggère que les moines auraient été tués accidentellement par un hélicoptère de l’armée durant une opération militaire.

Les investigations françaises et algériennes n’ont pas encore permis de clarifier entièrement les faits, laissant les familles des victimes et l’opinion publique dans l’attente de réponses.

En reconnaissance de leur sacrifice, les moines de Tibhirine ont été béatifiés le 8 décembre 2018 par le pape François, avec d’autres martyrs d’Algérie. Leur histoire a également inspiré plusieurs œuvres dans les arts et la littérature, témoignant de leur impact durable sur la mémoire collective.

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