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Liban : 9 familles sur 10 dans la pauvreté

Dans ce contexte, l'UNICEF a publié un rapport alarmant le mardi 20 juin, dressant un tableau dramatique pour les enfants qui se retrouvent confrontés à une situation insoutenable.

Au Liban, une réalité préoccupante frappe la majorité des familles, avec 9 sur 10 ne disposant pas d’assez d’argent pour acheter les biens de première nécessité. Cette situation est le résultat de la crise socio-économique qui sévit dans le pays depuis 2019, en grande partie due à la corruption et aux défaillances de la classe dirigeante. Selon la Banque Mondiale, 80% de la population libanaise vit désormais en dessous du seuil de pauvreté. Les familles, durement touchées, ont été contraintes de sacrifier leurs dépenses de santé et d’éducation.

Dans ce contexte, l’UNICEF a publié un rapport alarmant le mardi 20 juin, dressant un tableau dramatique pour les enfants qui se retrouvent confrontés à une situation insoutenable.

Cette réalité mine leur moral, affecte leur santé mentale et menace leurs espoirs d’un avenir meilleur, comme l’a souligné Edouard Beigbeder, représentant de l’UNICEF au Liban.

Les conséquences de cette crise sont lourdes pour les familles libanaises. Lucille Grosjean, directrice du plaidoyer, des programmes et de la communication à l’UNICEF France, met en garde en déclarant : « Près de neuf familles sur dix n’ont pas suffisamment d’argent pour acheter les produits de première nécessité. » Pour faire face à cette situation, les ménages sont contraints de prendre des mesures extrêmes. Près de la moitié d’entre eux ont dû vendre des biens familiaux, et la plupart ont considérablement réduit leurs dépenses en matière d’éducation et de santé.

Certaines familles ont même été contraintes d’interrompre l’éducation de leurs enfants, faute de pouvoir payer les frais de scolarité.

Ce qui préoccupe encore davantage l’agence des Nations Unies, c’est l’émergence du travail des enfants qui sont contraints de soutenir leurs parents. Lucille Grosjean explique que « plus d’une famille sur dix a été contrainte d’envoyer ses enfants travailler, et cela concerne même une famille sur quatre dans la communauté syrienne. » Les enfants libanais qui travaillent effectuent souvent de petites tâches, comme du travail de manutention dans la rue ou la récolte de fruits et légumes dans les exploitations agricoles. Parfois, ces enfants sont même contraints de mendier. Il est souligné que ce type de travail, épuisant et inacceptable pour des enfants, est devenu une réalité.

La crise a également un impact sur la santé des enfants. Alors que le Liban n’était pas confronté à des problèmes de malnutrition par le passé, on constate désormais l’émergence de régimes alimentaires de plus en plus pauvres, selon Lucille Grosjean.

Les enquêtes de l’UNICEF réalisées au Liban, en interrogeant plusieurs centaines, voire des milliers de ménages, révèlent une dégradation notable d’une année à l’autre. Lucille Grosjean constate que « l’année dernière, six familles sur dix avaient réduit leurs dépenses de santé, aujourd’hui ce sont les trois quarts des familles qui sont touchées. » Cette détérioration constante est préoccupante, et c’est pourquoi l’UNICEF lance un appel urgent à une intervention immédiate. Il est impératif d’investir dans l’accès aux services essentiels, en particulier pour les familles les plus pauvres, afin d’enrayer cette spirale descendante.

L’UNICEF s’engage aux côtés des autorités libanaises pour protéger au mieux les familles et leurs enfants. Ensemble, ils ont élaboré une « stratégie nationale de protection sociale » récemment adoptée. L’objectif actuel de l’UNICEF est de veiller à ce que cette stratégie soit pleinement mise en œuvre, comme le souligne Lucille Grosjean, porte-parole de l’UNICEF France.

En outre, de nombreuses actions sont menées sur le terrain pour aider les familles les plus vulnérables. « Nous avons aidé 400 000 enfants à accéder à l’éducation en prenant en charge leurs frais de scolarité », précise-t-elle. Des campagnes de vaccination d’envergure ont également été réalisées et d’importants dons d’équipements médicaux ont été effectués. Des panneaux photovoltaïques et solaires ont été installés dans les centres de santé pour réduire les coûts énergétiques. L’UNICEF intervient dans tous les domaines, que ce soit l’éducation, l’eau, la santé ou la protection sociale. Lucille Grosjean souligne également l’adoption d’une allocation pour les personnes en situation de handicap.

L’aide apportée par l’UNICEF est précieuse pour les familles libanaises, qui sont les premières à subir les conséquences de cette crise financière, économique et sociale qui sévit au Liban. Cependant, il est clair que des mesures plus larges et une intervention concertée de la part de la communauté internationale sont nécessaires pour atténuer cette crise humanitaire et offrir aux enfants libanais un avenir plus prometteur. L’urgence est d’agir rapidement afin de prévenir une détérioration encore plus grave de la situation et de soutenir les familles qui luttent quotidiennement pour subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux.

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