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Messe des Rameaux empêchée à Jérusalem : la mise au point du cardinal Pizzaballa face à la polémique

entrée de l'Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem - Depositphotos
entrée de l'Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem - Depositphotos
Les restrictions visent toutes les confessions religieuses : les juifs, les musulmans comme les chrétiens, dans un cadre sécuritaire strict à Jérusalem

La polémique née après l’intervention de la police israélienne à l’occasion de la célébration du Dimanche des Rameaux à Jérusalem a conduit le cardinal Pierbattista Pizzaballa à apporter une clarification, exprimée à la télévision italienne TV2000, qui vient contredire certaines affirmations relayées en Europe : « Il est vrai que nous savions que toute forme de réunion avait été suspendue dans les lieux sans abri », a-t-il rappelé, soulignant que cette mesure concernait toutes confessions religieuses, les juifs, les musulmans comme les chrétiens.

Ces éléments entrent en contradiction avec certains propos relayés en Europe, y compris avec ceux de Monseigneur Laurent Ulrich, qui a affirmé que le cardinal Pizzaballa avait été « arbitrairement empêché » d’entrer dans la basilique du Saint-Sépulcre pour y célébrer la messe des Rameaux. Or, au regard du contexte rappelé par le patriarche lui-même, cette qualification apparaît contestable. Il ne s’agissait pas d’une décision arbitraire, mais de l’application de dispositions de sécurité connues du patriarche lui-même, en vigueur pour toutes confessions religieuses. Par conséquent, évoquer une action « sans aucune justification » ne correspond pas à la réalité d’un cadre réglementaire précis, appliqué de manière générale. Le cardinal Pizzaballa décrit en outre une intervention de la police menée avec « respect et calme », ce qui contraste avec certaines présentations plus alarmistes.

Par ailleurs, dans son message lu devant Notre-Dame de Paris, Monseigneur Ulrich a évoqué la guerre en affirmant que « la violence engendre la violence » et que « le moindre geste de paix est insupportable à ceux qui veulent, par la guerre, dominer et régner ». Rappelons que, dans le contexte actuel, le Hezbollah est reconnu comme l’agresseur d’Israël en réaction aux opérations militaires visant l’Iran. Dans ce cadre, les mesures de sécurité mises en place à Jérusalem justifient une logique de prévention face à des menaces réelles, et non une volonté d’entraver spécifiquement la prière chrétienne.

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Précisons que Jérusalem est entièrement bouclé et que tout est fermé. La police locale a longuement expliqué que la configuration des rues étroites de la vieille ville ne permettait pas de garantir la sécurité des cérémonies. Rappelons également qu’une procession de fidèles a bien eu lieu dans la haute ville de Jérusalem le dimanche 28 mars.

Par ailleurs, la réaction du président Emmanuel Macron a également suscité des critiques, y compris en France. L’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry a ainsi vivement réagi :

« C’est totalement ridicule, il ne sait pas de quoi il parle. Il ne sait pas ce que c’est Jérusalem sous les bombes. Il s’agissait évidemment de protéger les chrétiens, pas de ranimer l’hostilité entre juifs et catholiques. Ça commence à bien faire, ça devient franchement insupportable ! »

En rétablissant que ces éléments, nous sommes invités à une lecture plus rigoureuse des faits, dans un contexte où la précision des mots demeure indispensable et où les surinterprétations et les emballements idéologiques viennent rapidement envahir les esprits et stigmatiser les décisions prises par l’une ou l’autre des parties.

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