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Mgr Pascal Wintzer s’interroge sur la possibilité d’ouvrir le sacerdoce à des hommes mariés

[…] Il y a nombre d’années je ne souhaitais pas envisager la possibilité de l’ordination d’hommes mariés, parce que j’y voyais un argument qui serait compris comme déniant tout sens au célibat. Je mesure, comme bien des prêtres, que notre choix du célibat est souvent mal compris, voire moqué, ou encore suspecté de ne pas être respecté, dans le privé. Sans m’illusionner sur les chutes et les échecs, sans parler pour les autres, je veux dire tout le sens du célibat que je m’efforce de vivre. Même s’il existait des prêtres mariés, il conserverait pour moi son sens… comment en effet ne pas trouver du sens à ce que l’on vit ?

Je veux d’abord affirmer que je n’ai pas choisi d’être prêtre, j’y ai été appelé. Bien entendu rien de ceci ne s’est fait sans que j’y consente, et même que j’exprime telle attente, tel désir, mais c’est par appel que je suis prêtre. L’Église, à travers des hommes et des femmes, a été l’interprète, la servante de l’appel de Dieu.

Quant au célibat, c’est moi qui l’ai choisi. D’autres ont discerné et vérifié chez moi des aptitudes à être prêtre dans l’Église catholique aux XXe et XXIe siècles, mais c’est moi-même qui ai perçu que le célibat me correspondait. Bien sûr, ce célibat est le corollaire de ma disponibilité à être prêtre, mais il doit aussi correspondre à un état humain, psychologique, me permettant de le vivre comme un chemin d’humanisation. J’ai connu plusieurs jeunes qui avaient le désir d’être prêtre, mais ils ne se voyaient pas vivre sans épouse, sans enfants. Ils auraient fait d’excellents prêtres, j’en suis certain, mais de mauvais célibataires. La règle du célibat prive ainsi l’Église catholique de quelques excellents prêtres, d’excellents pasteurs.

Il n’y a certainement pas de manière unique de vivre un célibat de prêtre, les psychologies et les cultures sont différentes. Bien entendu, cette vie fait éprouver le manque… de vie affective, de vie sexuelle, de toucher le corps de quelqu’un d’autre. Le manque d’enfants, de l’intimité intellectuelle… Pour chacun le manque revêtira un aspect différent. Pourtant, quelle vie humaine n’est pas sous le signe d’un manque ? C’est un mensonge de laisser penser qu’une personne pourrait tout vivre de ce que connaît le genre humain. […]


Ce n’est pas la première fois que Mgr Wintzer évoque cette possibilité. Déjà en 2019 :

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