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Nigeria : « Ceux qui ont commis l’acte atroce d’incendier l’église ne resteront pas impunis »

Monseigneur Donatus Edet Akpan - autel de l'église suite à l'incendie
Monseigneur Donatus Edet Akpan - autel de l'église suite à l'incendie
Monseigneur Donatus Akpan, Évêque d’Ogoja, a effectué une visite pastorale et a assuré les fidèles que les responsables de cet acte seraient traduits en justice

La communauté catholique d’Irruan traverse une épreuve supplémentaire. Dans la nuit du 26 février, son église paroissiale a été la cible d’un incendie volontaire qui a causé d’importants dégâts matériels et blessé grièvement le curé. L’Évêque d’Ogoja, Monseigneur Donatus Edet Akpan, s’est rendu sur place dimanche 1er mars pour exprimer sa solidarité et soutenir spirituellement les fidèles. Au cours de cette visite pastorale, il a célébré la messe en présence de nombreux paroissiens venus manifester leur attachement à leur église.

L’attaque s’est produite vers 3 heures du matin le 26 février. Des inconnus ont forcé les portes du bâtiment avant d’y mettre le feu. Les flammes ont endommagé le tabernacle, plusieurs objets sacrés ainsi que les archives paroissiales. Deux véhicules appartenant au curé, stationnés devant le presbytère, ont également été incendiés.Le père Euna Esibu, en fonction depuis seulement trois mois, a été gravement blessé en tentant d’échapper aux flammes. Pour fuir l’incendie qui gagnait son appartement situé à l’étage supérieur, il s’est jeté par la fenêtre.

À l’issue de la messe, Monseigneur Donatus Edet Akpan a condamné fermement l’attaque. « Ceux qui ont commis l’acte atroce d’incendier l’église ne resteront pas impunis », a-t-il déclaré aux fidèles. Il a également exhorté les paroissiens à rester vigilants, les avertissant que les auteurs pourraient encore se trouver dans les environs. L’évêque a souligné qu’en près de cent ans de présence catholique dans la région, c’était la première fois qu’une église subissait une telle destruction. Selon certaines hypothèses, les auteurs pourraient être des paysans travaillant dans des plantations de palmiers à huile voisines. D’autres pistes évoquent des groupes criminels anciennement liés à un gang notoire dirigé par un chef connu sous le nom de « Général Iron », tué par la police il y a quelques années.

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Au-delà de cet incendie, l’attaque contre la paroisse Sainte-Marie d’Irruan s’inscrit dans un contexte plus large de violences, de massacres et de menaces visant les communautés chrétiennes au Nigeria depuis plusieurs années. Dans différentes régions du pays, des églises ont été attaquées, des prêtres enlevés et des fidèles tués lors d’assauts armés. Des enlèvements contre rançon, des incursions dans des villages et des attaques durant des célébrations liturgiques ont régulièrement été signalés. Ces violences ont contribué à un climat d’insécurité persistant, particulièrement dans certaines zones du centre et du sud du pays.

Les évêques nigérians ont à plusieurs reprises exprimé leur inquiétude face à cette situation, évoquant un génocide des populations chrétiennes et appelant les autorités à garantir la sécurité de tous les citoyens, sans distinction religieuse. Ils ont également invité les fidèles à demeurer fermes dans la foi malgré les épreuves. De son coté la communauté Internationale reste dans son ensemble étrangement silencieuse face à ces persécutions.

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