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Pape François : un chrétien sans courage est un chrétien inutile

Au début de sa catéchèse, le Saint-Père a qualifié la fortitude de “vertu morale qui, dans les difficultés, assure fermeté et constance dans la recherche du bien”.Il a souligné qu’il s’agit de la vertu “la plus combative”, associée par les auteurs scolastiques à ce que les anciens appelaient “l’appétit irascible”.

Le Pape a souligné que la pensée ancienne n’imaginait pas un être humain sans passions, car ce serait “une pierre”. C’est pourquoi, il a affirmé que “les passions ne sont pas nécessairement le résidu d’un péché ; mais elles doivent être éduquées, purifiées avec l’eau du Baptême, ou plutôt avec le feu de l’Esprit Saint”.

“Un chrétien sans courage, qui ne met pas ses propres forces au service du bien, qui ne dérange personne, est un chrétien inutile”, a souligné le Saint-Père, précisant que “Jésus n’est pas un Dieu transparent et aseptique”, mais qu’il “avait de la passion”.

Pour expliquer le sens de cette vertu, le Pape François a mis en avant deux aspects : l’un passif et l’autre actif.

“La Providence de Dieu sera notre bouclier et notre armure” Concernant le premier, le Saint-Père a indiqué qu’il se dirige vers l’intérieur de nous-mêmes : “Il y a des ennemis internes que nous devons vaincre, qui répondent au nom d’anxiété, d’angoisse, de peur, de culpabilité : toutes des forces qui s’agitent au plus profond de nous-mêmes et qui, dans certaines situations, nous paralysent”.

C’est pourquoi, il a affirmé que “la fortitude est avant tout une victoire contre nous-mêmes”, car “la plupart des peurs qui surgissent en nous sont irréelles, et ne se réalisent pas du tout”.

“Mieux vaut alors invoquer l’Esprit Saint et affronter tout avec une fortitude patiente : un problème à la fois, selon nos capacités, mais pas seuls ! Le Seigneur est avec nous, si nous lui faisons confiance et recherchons sincèrement le bien. Alors, dans chaque situation, nous pouvons compter sur la Providence de Dieu qui sera notre bouclier et notre armure”.

Une vertu qui “prend au sérieux les maux du monde” En second lieu, il a souligné qu’il y a des “ennemis externes”, qui sont les épreuves de la vie, comme les persécutions, ces “difficultés que nous n’attendions pas et qui nous surprennent”.

“Nous pouvons essayer de prédire ce qui nous arrivera, mais en grande partie la réalité est composée d’événements imprévisibles, et dans cette mer, parfois notre bateau est secoué par les vagues. La fortitude fait alors de nous des marins résistants, qui ne s’effraient ni ne se découragent”, a-t-il assuré.

Pour le Pape François, “la fortitude est une vertu fondamentale car elle prend au sérieux le défi du mal dans le monde”.

Dans ce sens, il a noté que “certains font semblant” que ce mal n’existe pas, “que tout va bien, que la volonté humaine n’est parfois pas aveugle, que les forces obscures qui apportent la mort ne luttent pas dans l’histoire”.

“Mais il suffit de consulter un livre d’histoire, ou malheureusement même les journaux, pour découvrir les ‘néfastes’ dont nous sommes en partie victimes et en partie protagonistes : guerres, violence, esclavage, oppression des pauvres, blessures qui n’ont jamais cicatrisé et qui saignent encore”.

Face à ces maux, il a assuré que “la vertu de la fortitude nous fait réagir et crier un ‘non’ catégorique à tout cela”.

“Dans notre confortable Occident, qui a ‘adouci’ un peu tout, qui a transformé le chemin de la perfection en un simple développement organique, qui n’a pas besoin de lutter car tout lui semble pareil, nous ressentons parfois une saine nostalgie des prophètes”, a exprimé le Pontife.

“Mais les personnes inconfortables et visionnaires sont très rares. Nous avons besoin que quelqu’un nous relève du ‘lieu mou’ où nous nous sommes installés et nous fasse répéter avec détermination notre ‘non’ au mal et à tout ce qui conduit à l’indifférence”, a-t-il souligné.

Il a demandé de dire “non au mal et non à l’indifférence” et oui au chemin “qui nous fait progresser dans la vie, pour cela il vaut la peine de se battre”.

“Redécouvrons alors, dans l’Évangile, la force de Jésus, et apprenons-la du témoignage des saints et des saintes”, a conclu le Pape François.

Source Vatican News

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