Qualifier ces profanations de simples « incivilités », c’est se voiler la face et fuir ses responsabilités collectives. Les faits de Machecoul-Saint-Même ne relèvent pas de la petite dégradation, mais bien d’une attaque frontale contre la foi chrétienne et son héritage. Persister à minimiser ces actes revient à nier la gravité d’une persécution rampante qui s’installe dans notre société.Jeudi 28 août, les habitants de Machecoul-Saint-Même (Loire-Atlantique) ont découvert eux aussi scène révoltante. Une statue de la Vierge à l’Enfant, installée près du parc sportif de la Rabine, a été recouverte d’une croix gammée et de multiples inscriptions. Les visages de Marie et de l’Enfant Jésus ont été défigurés par une moustache imitant celle d’Adolf Hitler. L’Enfant a même été affublé d’une frange et d’un brassard nazi. Outre ces symboles nazis, les vandales ont écrit des slogans énigmatiques : « redonnez notre argent » et « répondez à nos mails », peints sur la partie inférieure de la statue.
Dès le lendemain, la municipalité a fait bâcher le monument et annoncé qu’elle avait porté plainte. Dans un communiqué, la mairie a déclaré en appeler « à privilégier le respect, la retenue et la vie en communauté dans un esprit d’intelligence collective ». Sur les réseaux sociaux, les habitants ont exprimé une profonde indignation. « A quand les caméras, au lieu des dépenses inutiles ? Mon père s’est fait cambrioler et voler sa moto », a écrit un internaute sur la page Facebook officielle de la commune.
Tout le monde sait que ce n’est pas la première fois qu’une statue mariale est ainsi profanée. En mars dernier, à Saint-Denis (île de la Réunion), la statue de la Vierge Miraculeuse avait été vandalisée, l’un des agresseurs allant jusqu’à poser un geste obscène contre la représentation sacrée. Un mois plus tard, aux Sables-d’Olonne (Vendée), une statue de la Vierge Marie a été retrouvée brisée le Vendredi saint. La ville avait déjà connu un précédent en décembre 2021, avec la destruction d’une statue similaire dans le parc de la Jarrie. En avril encore, dans la Nièvre, un homme s’était filmé en détruisant une statue de la Vierge dans une petite commune…et ce ne sont là que quelques exemples.Ces profanations s’inscrivent dans une chaîne continue d’actes hostiles. Elles sont loin de relever du hasard ou du simple « vandalisme » : elles visent des symboles religieux précis, choisis parce qu’ils touchent le cœur de la foi chrétienne et la piété populaire.
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Si les motivations précises des auteurs de Machecoul restent obscures, l’usage de croix gammées et de références nazies renvoie à une idéologie de haine antisémite et antichrétienne. L’objectif n’est pas seulement de salir un monument, mais d’humilier ce qu’il représente : la Mère de Dieu et son Fils. Ces gestes portent donc une charge symbolique très forte, qu’on ne peut réduire à une simple « bêtise » de quelques individus désœuvrés.
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, plus de 16 000 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées en 2024. Le constat est alarmant : en France comme dans d’autres pays occidentaux, les chrétiens font face à une multiplication de profanations, de vandalisme d’églises, d’agressions physiques et de blasphèmes publics.Chaque profanation est une blessure infligée aux chrétiens. Lorsque l’on peint une croix gammée sur le visage de la Vierge, lorsque l’on brise une statue ou que l’on souille une église, ce n’est pas seulement de la « casse » : c’est une volonté de piétiner la foi, de ridiculiser les chrétiens, de marginaliser leur place dans l’espace public.Parler d’« incivilités » revient à dédramatiser ce qui relève en vérité d’une persécution diffuse, certes moins visible que dans certains pays où les chrétiens risquent leur vie, mais réelle et profonde. Ne pas la nommer, c’est se rendre complice par le silence.
La profanation de Machecoul-Saint-Même n’est pas un fait isolé, mais l’un des signes d’un climat de plus en plus lourd, où la haine s’attaque aux symboles de la foi chrétienne. La société française doit avoir le courage de regarder cette réalité en face : ce qui se joue ici, ce n’est pas une question de « respect » ou d’« incivilité », mais bien la défense de la liberté religieuse et du droit des chrétiens de France à vivre leur foi sans craindre l’humiliation et la profanation.