Alors que l’Église d’Allemagne traverse une crise de foi sans précédent, avec des défections massives et une ruine financière annoncée, son épiscopat semble avoir trouvé un nouveau combat : la lutte politique contre l’extrême droite. Avec l’initiative #DuEntscheidest ( c’est ton choix) , Monseigneur Georg Bätzing et d’autres évêques s’investissent pleinement dans « la promotion de la démocratie et du vivre-ensemble », au risque d’oublier la mission première de l’Église : annoncer le Christ et sauver les âmes.
Le 10 février 2025, Monseigneur Georg Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande, a fièrement dévoilé à Limburg une bannière en soutien à la campagne #DuEntscheidest ( C’est toi qui décides ) , lancée par l’alliance « Ensemble pour la démocratie ». Ce mouvement, regroupant 69 organisations laïques et confessionnelles, revendique « son engagement pour la justice sociale, la diversité et les droits humains, en opposition aux idées de l’extrême droite.«
Dans son discours, Monseigneur Bätzing a appelé à un « sursaut démocratique » :
« Notre démocratie vit de la diversité des perspectives. Mais nous avons aussi besoin d’un consensus démocratique pour faire face aux idéologies hostiles à l’humanité. Engageons-nous ensemble pour une société où les droits de l’homme valent pour tous et où le racisme n’a pas sa place ! C’est la mission des chrétiennes et des chrétiens – aux côtés de toutes les personnes de bonne volonté. »
Une Église allemande à la dérive qui se cherche un nouveau combat ?
La ferveur avec laquelle Mgr Bätzing et les évêques allemands s’engagent dans la lutte politique contraste avec leur silence assourdissant sur des sujets proprement ecclésiaux. Depuis des années, l’Église d’Allemagne se vide de ses fidèles, subissant des départs massifs et une crise identitaire profonde. La fameuse « Voie synodale », censée renouveler l’Église, s’est en réalité transformée en un laboratoire d’expériences progressistes qui ont creusé un fossé abyssal entre Rome et l’épiscopat allemand.
Plutôt que de redonner une colonne vertébrale doctrinale à un catholicisme en perdition, les évêques allemands semblent avoir troqué leur mission pastorale pour une posture militante, centrée sur la politique et les combats sociétaux à la mode.
À force de vouloir se montrer en phase avec les valeurs du monde, l’Église allemande semble s’éloigner de sa propre raison d’être. Si la défense des droits humains et la lutte contre le racisme sont des engagements louables, l’urgence pour les évêques ne devrait-elle pas être ailleurs ?
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Où est leur énergie pour défendre la doctrine catholique sur la famille, le respect de la vie, ou encore la fidélité à la tradition bimillénaire de l’Église ? Pourquoi ne voit-on pas une campagne aussi dynamique pour rappeler la nécessité du salut des âmes, de la conversion, ou encore de la centralité du Christ dans la vie des fidèles ?
L’Église allemande, historiquement influente, est aujourd’hui en déliquescence avancée. Les chiffres sont accablants : plus de 500 000 départs en 2023, une baisse drastique des vocations, et un effondrement des pratiques sacramentelles. Si la démocratie doit être défendue, qui défendra l’Église et la foi catholique en Allemagne ?
L’épiscopat allemand ne semble pas mesurer l’ironie de sa situation : à force de vouloir suivre l’air du temps, il se retrouve à défendre une société qu’il a cessé d’évangéliser. Il est frappant de constater que la même ardeur qu’il met à lutter contre les extrêmes politiques n’est jamais employée pour lutter contre l’apostasie qui gangrène son propre clergé et ses fidèles.
La participation active de Mgr Bätzing et du ZdK (Zentralkomitee der deutschen Katholiken) à cette campagne n’est pas une surprise. Depuis plusieurs années, l’Église institutionnelle allemande se positionne comme un acteur politique plutôt que spirituel, préférant les combats sociétaux au dépôt de la foi.
Rome a déjà mis en garde l’épiscopat allemand contre sa dérive idéologique, notamment à travers la Voie synodale qui propose des réformes contraires à l’enseignement de l’Église universelle. Mais plutôt que de se remettre en question, les évêques persistent dans une voie où l’influence politique semble être leur dernier levier de pouvoir.
Alors que l’Église catholique en Allemagne s’effondre sous ses propres contradictions, il est temps de s’interroger : les évêques allemands sont-ils encore des pasteurs, ou bien se sont-ils définitivement transformés en militants ?