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Rumeurs sur la santé de Léon XIV : ce que l’on sait et ce que le Vatican ne dit pas

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Si le pape se veut rassurant, la nature exacte de la lésion demeure inconnue. Quels examens a-t-il subis, depuis quand est-il suivi et que sait-on réellement de son état de santé ?

Léon XIV devrait être hospitalisé mardi 13 ou mercredi 14 octobre au dixième étage du Policlinico Gemelli de Rome. Cette date reste prévisionnelle, le Vatican n’ayant pas encore confirmé le jour exact de son admission.

Dimanche 11 octobre, quelques instants après la prière de l’Angélus, Léon XIV a surpris les fidèles réunis place Saint-Pierre en annonçant personnellement sa prochaine hospitalisation. À 71 ans, le souverain pontife devra subir une intervention chirurgicale destinée à retirer un nodule pulmonaire découvert récemment. Une annonce inattendue, prononcée avec calme, qui soulève désormais plusieurs questions sur les circonstances de cette découverte et la nature exacte de la lésion.

« Récemment, lors de quelques examens, les médecins ont détecté un nodule circonscrit au poumon. Il a été découvert à un stade très précoce et est bien localisé », a expliqué le pape, précisant avoir accepté l’intervention recommandée par ses médecins. Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a confirmé une opération au début de la semaine et une hospitalisation postopératoire d’environ sept jours au Policlinico Gemelli de Rome. Mais aucun diagnostic précis n’a été rendu public.



Le docteur Luigi Carbone est le directeur de la Direction de la santé et de l’hygiène du Vatican

Une inflammation à l’origine de la découverte ?

La presse italienne apporte cependant plusieurs précisions sur les circonstances de cette découverte. Léon XIV aurait effectué un contrôle médical pour ce qui était initialement considéré comme une inflammation. C’est à cette occasion que les médecins auraient découvert le nodule pulmonaire, conduisant à la décision de procéder rapidement à une intervention. Les examens susceptibles d’être pratiqués dans une telle situation comprennent notamment le scanner thoracique, la tomographie par émission de positons, appelée PET-scan ou TEP, et, selon les cas, une biopsie. Ces investigations permettent d’étudier les caractéristiques d’une lésion et d’en apprécier le degré de suspicion. Le Vatican n’a toutefois pas communiqué la liste précise des examens réalisés sur Léon XIV.

Reste à savoir depuis quand cette anomalie était présente, quelle est sa taille exacte et quels résultats ont conduit les médecins à privilégier une intervention plutôt qu’une simple surveillance. L’expression « stade très précoce », employée par le pape, ne suffit pas à établir la nature de la maladie.

Luigi Carbone, le médecin qui accompagne Léon XIV

Un nom mérite une attention particulière : celui du docteur Luigi Carbone, responsable de la Direction de la santé et de l’hygiène du Vatican. Médecin spécialisé dans les urgences, disposant d’une longue expérience au Policlinico Gemelli, Luigi Carbone avait déjà occupé une place importante pendant la longue hospitalisation de François au printemps 2025. Il avait alors participé à l’information des journalistes sur l’état de santé du pontife argentin, aux côtés de Massimiliano Strappetti, son infirmier personnel.

En juin 2025, après l’élection de Léon XIV, Luigi Carbone a été nommé à la tête de la Direction de la santé et de l’hygiène du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, dont il était auparavant vice-directeur. Le médecin coordonne aujourd’hui l’équipe sanitaire chargée de suivre Léon XIV, y compris pendant ses voyages apostoliques. Il accompagne le pape lors de ses déplacements, avec du personnel infirmier et des équipements permettant de répondre aux urgences médicales. Il devrait également être présent auprès du souverain pontife pendant son hospitalisation.

Son rôle rappelle celui de l’ancien archiatre pontifical, le médecin personnel du pape, même si l’organisation sanitaire actuelle repose sur une équipe de spécialistes plutôt que sur un praticien unique.

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Au Gemelli, une hospitalisation déjà préparée

Le Policlinico Gemelli de Rome entretient depuis plus de quarante ans une relation privilégiée avec les souverains pontifes. Jean-Paul II y fut hospitalisé à plusieurs reprises après l’attentat du 13 mai 1981, au point de surnommer l’établissement son « Vatican numéro trois ». François y séjourna également à plusieurs reprises, notamment pendant 38 jours en 2025, quelques semaines avant sa mort. Avec l’hospitalisation annoncée de Léon XIV, le Gemelli confirme sa place singulière dans l’histoire médicale de la papauté contemporaine.

Le dixième étage du Policlinico Gemelli, traditionnellement réservé à l’accueil des souverains pontifes, doit recevoir Léon XIV. Cet espace comprend des installations médicales, des chambres adaptées aux exigences de sécurité et une chapelle. Il permet également aux équipes médicales du Vatican de travailler avec les spécialistes de l’établissement. Le Gemelli dispose de services reconnus en chirurgie thoracique, en oncologie et en médecine spécialisée. Parmi ses responsables figurent notamment les professeurs Sergio Alfieri, spécialiste de chirurgie digestive, et Domenico D’Ugo, responsable d’une unité de chirurgie générale à forte activité oncologique.

À ce jour, l’identité du chirurgien qui opérera Léon XIV n’a pas été révélée. Le service de chirurgie thoracique du Policlinico Gemelli, dirigé par le professeur Stefano Margaritora, spécialiste reconnu des interventions pulmonaires mini-invasives et robotisées, pourrait être chargé de l’opération. Son équipe possède en effet une expertise particulière dans la prise en charge des nodules pulmonaires, mais aucune confirmation officielle n’a encore été apportée.

Professeur Stefano Margaritora
professeur Sergio Alfieri, qui avait notamment opéré François, est spécialisé en chirurgie digestive

Un nodule bénin ou une lésion cancéreuse ?

C’est la principale inconnue. Le Vatican parle d’un nodule localisé et découvert précocement, mais n’a pas précisé s’il s’agissait d’une lésion bénigne ou maligne. Le professeur Claudio Micheletto, directeur du service de pneumologie de l’hôpital universitaire de Vérone, explique que les nodules bénins font souvent l’objet d’une surveillance, tandis qu’une décision chirurgicale peut être prise lorsqu’une lésion nécessite d’être retirée. Il souligne également qu’une intervention sur un nodule bien circonscrit peut, dans certaines situations, être suffisante.

professeur Federico Venuta

De son côté, le professeur Federico Venuta, spécialiste de chirurgie thoracique à Rome, rappelle qu’un nodule pulmonaire ne constitue pas automatiquement un diagnostic de cancer. Il peut également correspondre à une cicatrice ancienne, à une inflammation ou à une autre affection bénigne. L’examen anatomopathologique des tissus retirés permettra de préciser la nature de la lésion. Aucun de ces spécialistes ne dispose publiquement du dossier médical du pape. La durée d’hospitalisation annoncée, environ une semaine, ne permet pas davantage de déterminer la gravité de la maladie. Les techniques mini-invasives permettent aujourd’hui certaines interventions pulmonaires avec des convalescences relativement courtes, mais la récupération dépend notamment de l’étendue de l’opération.

Des rumeurs, mais aucune confirmation d’une maladie plus grave

Depuis l’annonce de dimanche, les interrogations portent naturellement sur la possibilité d’une pathologie plus sérieuse. Pourtant, aucune information médicale vérifiée ne confirme actuellement l’existence d’un cancer chez Léon XIV, ni d’une maladie supplémentaire tenue secrète. La question de la transparence médicale du Vatican demeure néanmoins entière.

Si, jusqu’à aujourd’hui, le dossier médical connu de Léon XIV apparaissait rassurant, les précédents pontificats invitent à la prudence. Jean XXIII avait longtemps poursuivi son ministère alors qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac dont la gravité n’avait pas été immédiatement révélée. Plus récemment, les hospitalisations de François ont montré combien les communiqués médicaux successifs pouvaient modifier la perception de l’état réel d’un souverain pontife. Léon XIV a choisi une démarche différente en annonçant lui-même son opération, avant son entrée à l’hôpital. Mais cette transparence personnelle ne constitue pas encore une information médicale complète.

Le voyage en Amérique latine pourra-t-il être maintenu ?

Une autre interrogation concerne le programme pontifical. Du 6 au 17 novembre, Léon XIV doit se rendre en Uruguay, en Argentine et au Pérou, pays où il a longtemps exercé son ministère. Ce déplacement prévoit de nombreux trajets et un calendrier particulièrement chargé. Le pape a manifesté son intention de maintenir cette visite, mais sa réalisation dépendra nécessairement de l’évolution de son état de santé après l’intervention. À ce lundi 12 octobre, les éléments connus permettent donc d’établir qu’un nodule pulmonaire a été découvert et qu’une intervention a été décidée rapidement. Ils ne permettent pas de connaître la nature de la lésion, son ancienneté ni les conséquences éventuelles de l’opération.

Pour les fidèles qui prient désormais pour le successeur de Pierre, les prochains communiqués médicaux seront déterminants. Car au-delà des rumeurs, une question demeure : le Vatican rendra-t-il publics les résultats de l’analyse du nodule et le diagnostic exact posé par les médecins ?

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