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Saint Grégoire de Narek

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Il est le deuxième docteur issu de l’Orient chrétien, après Ephrem le Syrien, proclamé docteur en 1920 par le pape Benoît XV

Moine au monastère de Narek, docteur de l’Église (+ v. 1005)

Moine du monastère de Narek, théologien et mystique du Xe siècle, Grégoire de Narek demeure l’une des figures spirituelles les plus marquantes de l’Arménie chrétienne. Né vers 950 près du lac de Van, il perd sa mère dans son enfance. Son père choisit alors la vie religieuse et confie le jeune Grégoire au monastère de Narek, où il est formé par son grand-oncle.

Très tôt, il se distingue par son goût pour l’étude. Il lit les Pères de l’Église arménienne ainsi que les traductions des Pères grecs. Cette érudition, jointe à une vie intérieure profonde, suscite admiration et jalousies. Accusé d’hérésie par certains, il est, selon la tradition, mis à l’épreuve un jour de jeûne : on lui apporte un pâté afin de le compromettre. Le récit rapporte qu’il rendit la liberté aux oiseaux cuits, qui s’envolèrent, dissipant ainsi les soupçons. Cet épisode, au-delà de son caractère symbolique, illustre la réputation de sainteté qui entoura rapidement le moine. L’œuvre majeure de Grégoire de Narek est le Livre des Lamentations, parfois appelé Élégies sacrées. Ce long poème de près de vingt mille vers constitue un sommet de la littérature arménienne. À travers une prière dialoguée avec Dieu, l’auteur exprime la condition pécheresse de l’homme, la confiance dans la miséricorde divine et l’espérance du salut. Dans l’une de ses invocations, il écrit :
« Si, malgré l’attention des gardes, quelqu’un s’égare dans la solitude, que ce livre lui permette d’attendre ton retour vivificateur. »

Aujourd’hui encore, cet ouvrage demeure un livre de prière majeur pour l’Église arménienne et un pilier de son identité spirituelle et culturelle. Le 12 avril 2015, le pape François a proclamé Grégoire de Narek docteur de l’Église, lors d’une messe célébrée en la basilique Saint-Pierre à l’occasion du centenaire du Metz Yeghern, le « grand mal » qui frappa le peuple arménien. Il devient ainsi le 36e docteur de l’Église catholique.

Il est le deuxième docteur issu de l’Orient chrétien, après Ephrem le Syrien, proclamé docteur en 1920 par le pape Benoît XV. L’inscription de sa mémoire au calendrier romain manifeste la reconnaissance, par l’Église universelle, de l’apport théologique et mystique de la tradition arménienne.Le 5 avril 2018, une statue de saint Grégoire de Narek est inaugurée dans les jardins du Vatican, en présence notamment de responsables des Églises arméniennes, soulignant la fraternité entre l’Église catholique et les Églises d’Arménie. Fêté le 9 octobre dans l’Église arménienne et le 27 février dans l’Église latine, saint Grégoire de Narek reste une référence majeure pour la spiritualité orientale. Théologien, poète et mystique, il a su unir profondeur doctrinale et expérience intérieure, offrant à l’Église un témoignage de foi marqué par l’humilité, la pénitence et la confiance dans la miséricorde divine.

Au monastère de Narek, vers l’an 1005, il s’éteint après avoir laissé une œuvre qui, plus de mille ans plus tard, continue d’éclairer la prière des fidèles et la réflexion théologique.

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