évêque d’Arles (+ v. 610)
Moine à Lérins, il fut ultérieurement chargé de diriger l’abbaye de Saint Symphorien d’Autun avant d’être consacré évêque d’Arles dans le diocèse d’Aix-en-Provence & Arles.
Un confident du pape Grégoire Grégoire le Grand lui accorde les mêmes privilèges qu’à ses prédécesseurs, avec la capacité de convoquer des conciles et de juger en première instance, avec douze de ses pairs, les litiges entre les évêques et les questions doctrinales.
Ainsi, le 1er août 595, Grégoire offre à Virgile le titre de vicaire pontifical, accordé aux évêques d’Arles au siècle précédent par le pape Zozime. Cette position le place comme l’intermédiaire nécessaire entre les évêques des Gaules et le Saint-Siège, lui permettant de résoudre de nombreux problèmes. Le 12 août 595, Grégoire lui adresse sa lettre O quam bona sur la question de la simonie pour le mettre en garde contre cette hérésie. Le pape exhorte également le roi Childeberg à soutenir Virgile dans cette tâche.
À plusieurs reprises (596 et 601), Virgile est sollicité par le pape pour apporter son aide à Saint Augustin, que Grégoire avait rappelé de son monastère à Rome, ainsi qu’à ses moines envoyés en Angleterre pour œuvrer à la conversion des Anglais. En 596, la ville d’Arles est le théâtre des préparatifs de cette mission ; à cette occasion, des esclaves anglo-saxons sont achetés. Le 17 novembre 597, Augustin de Cantorbéry, après avoir converti le roi, la reine et les principaux officiers, est consacré archevêque de l’Église d’Angleterre dans la basilique Saint-Trophime par Virgile, alors vicaire du Saint-Siège en Gaules, en présence de nombreux évêques.
À une autre occasion (en 596), Grégoire lui demande de protéger un monastère du Saint-Siège que son prédécesseur avait pris en charge.
Cependant, malgré cette bienveillance, Virgile avait déjà suscité les reproches du pape en 591 lorsqu’il avait converti de force de nombreux Juifs, chassés d’Orléans et réfugiés en Provence, en collaboration avec Théodose de Marseille. Grégoire le Grand leur adresse alors une lettre les félicitant pour leurs bonnes intentions mais leur demandant de limiter leur zèle à la prédication et à la prière.
Les tensions entre l’église d’Arles et le pape concernant ses possessions expliquent en partie pourquoi Virgile n’a été nommé vicaire qu’en 595. Puis, quelques années plus tard, en 596 probablement à la suite de l’affaire Dynamius, Virgile, qui avait jusqu’alors géré la perception des revenus ecclésiastiques en Gaule comme ses prédécesseurs, est placé sous la supervision de l’évêque d’Aix par instruction papale.
Le soutien du pape diminue par la suite, principalement parce que Virgile n’oppose pas de résistance au mariage contracté par Syagrie, alors qu’elle avait pris des vœux religieux. Le pape lui reproche cela en juillet 599.
Peut-être est-ce à cause de cette négligence que Grégoire accorde ensuite, à la demande de la reine Brunehilde (Brunehaut), le pallium à Syagrius, l’évêque d’Autun, avec le pouvoir de convoquer des conciles. Ce désintérêt du pape envers Virgile affaiblit considérablement l’autorité du métropolitain d’Arles et contribue au déclin du vicariat de l’église d’Arles.
En 601, le pape Grégoire demande à Virgile d’organiser un concile contre la simonie et d’inciter l’archevêque de Marseille à réformer son diocèse. Virgile décède le 1er octobre 610.