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Sainte Bernadette Soubirous

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Jeune fille à laquelle la Vierge Marie apparut (+ 1879)

En ce 18 février, l’Église fait mémoire de sainte Bernadette Soubirous, la jeune fille de Lourdes à qui la Vierge Marie apparut à dix-huit reprises en 1858. Figure familière de la piété populaire, elle demeure pourtant, au-delà de l’iconographie et des foules de pèlerins, un témoin exigeant de la fidélité à un message reçu dans la simplicité. Bernadette naît le 7 janvier 1844 au moulin de Boly, à Lourdes, dans une famille de meuniers. L’essor des moulins à vapeur précipite les siens dans une pauvreté extrême. La famille doit s’installer dans l’ancien cachot de la ville, un lieu humide et insalubre.

De santé fragile, peu instruite, Bernadette est décrite comme simple, droite, dotée d’un bon sens solide. En janvier 1858, elle est accueillie à l’Hospice de Lourdes, tenu par les Sœurs de la Charité de Nevers, afin d’apprendre à lire et à écrire pour préparer sa première communion, qu’elle désire ardemment. Le 11 février 1858, alors qu’elle ramasse du bois près du rocher de Massabielle, avec sa sœur et une voisine, Bernadette voit « une belle Dame vêtue de blanc » dans le creux du rocher. Les apparitions se succèdent jusqu’au 16 juillet 1858.

Le 25 mars, fête de l’Annonciation, la Dame lui déclare en patois : « Que soy era Immaculada Councepciou », « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette affirmation, dogme proclamé quatre ans plus tôt par le pape Pie IX, surprend une adolescente qui ne maîtrise pas les subtilités théologiques.

Chargée de transmettre le message et non de le faire croire, Bernadette affronte interrogatoires, pressions, moqueries et accusations. Elle s’en tient aux faits, répétant inlassablement ce qu’elle a vu et entendu, sans chercher à convaincre. Sa constance impressionne autant qu’elle dérange. Les événements de 1858 donnent naissance à l’un des plus grands sanctuaires marials du monde, à Lourdes. Très vite, des récits de guérisons circulent. L’Église procède avec prudence. Les apparitions sont reconnues en 1862 par l’évêque de Tarbes.

Pourtant, Bernadette elle-même choisit de s’effacer. Refusant toute forme de célébrité, elle se tient à distance d’un phénomène qui la dépasse.En juillet 1866, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers, à Saint-Gildard, maison-mère de la congrégation. À Nevers, elle mène une existence humble, marquée par la prière, la vie communautaire et la maladie.Elle occupe des tâches simples, souvent à l’infirmerie. Les souffrances physiques s’intensifient au fil des années, mais les témoignages concordent pour souligner sa patience et sa fidélité. Elle meurt le 16 avril 1879, à l’âge de 35 ans.

Bernadette est béatifiée le 14 juin 1925, puis canonisée le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI. Son corps, retrouvé intact lors des exhumations, repose depuis 1925 dans une châsse de verre à Nevers.Chaque année, des milliers de pèlerins se rendent à Lourdes comme à Nevers pour se recueillir auprès de celle qui ne se considérait que comme « un balai dont la Sainte Vierge s’est servie ».Sainte Bernadette ne fut ni fondatrice, ni théologienne, ni réformatrice. Sa mission fut celle d’une messagère. Elle reçut, transmit et se retira. Sa vie religieuse, loin du tumulte des débuts, manifeste une cohérence intérieure : la discrétion, l’obéissance, la confiance.

À travers elle, l’Église rappelle que la sainteté ne se mesure pas à l’ampleur des événements, mais à la fidélité dans les petites choses. Dans la grotte de Massabielle comme dans le silence du couvent de Nevers, Bernadette Soubirous a choisi de demeurer servante.

Avec Nominis

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