Depuis 2000 ans

Sainte Marie, Mère de Dieu

Depositphotos
Depositphotos
Au fil de l’année liturgique, l’Église célèbre trois grandes solennités mariales, l’Immaculée Conception le 8 décembre, sainte Marie, Mère de Dieu le 1er janvier, et l’Assomption le 15 août

1er siècle

Le 1er janvier, l’Église catholique célèbre la solennité de sainte Marie, Mère de Dieu. Cette fête majeure, qui clôt l’octave de Noël, renvoie à un moment décisif de l’histoire doctrinale du christianisme, le concile d’Éphèse de 431, et rappelle une vérité centrale de la foi, le mystère de l’Incarnation.

Marie de Nazareth est honorée sous de nombreux titres, Sainte Vierge, Vierge Marie, Notre-Dame. En ce premier jour de l’année, la liturgie la désigne explicitement comme Mère de Dieu, une expression familière aux fidèles, notamment à travers la prière du Je vous salue Marie. Pourtant, ce titre, aujourd’hui largement reçu, fut au Ve siècle l’objet d’une controverse théologique de grande ampleur, tant l’enjeu touchait au cœur de la compréhension du Christ.

La question était simple en apparence mais lourde de conséquences, pouvait-on dire que Marie est la mère de Dieu sans confondre la créature avec le Créateur ? La polémique éclate en 428 avec Nestorius, patriarche de Constantinople. Soucieux de préserver la distinction entre la nature humaine et la nature divine du Christ, Nestorius refuse d’attribuer à Marie le titre de Theotokos, « celle qui a enfanté Dieu ». Selon lui, Marie ne pouvait être que la mère de l’homme Jésus et devait donc être appelée Christotokos, « Mère du Christ ». Cette position, en apparence prudente, introduisait cependant une séparation trop nette entre l’humanité et la divinité du Christ.

Face à cette thèse, Cyrille d’Alexandrie défend avec vigueur la foi reçue et vécue par l’Église. Pour Cyrille, refuser à Marie le titre de Mère de Dieu revenait à diviser le Christ lui-même. La foi chrétienne affirme en effet que Jésus-Christ est une seule personne, le Fils éternel de Dieu, qui assume pleinement une nature humaine sans cesser d’être Dieu. Dès lors, celle qui a donné naissance à Jésus selon la chair peut être appelée Mère de Dieu, non parce qu’elle serait à l’origine de la divinité, mais parce que l’enfant qu’elle a porté est véritablement Dieu fait homme.La querelle prend rapidement une dimension ecclésiale et politique. L’empereur Théodose II convoque alors, en 431, le troisième concile œcuménique de l’histoire de l’Église, réuni à Éphèse. Les évêques, venus de toutes les provinces de l’Empire, y examinent la question christologique. Le concile affirme solennellement le titre de Theotokos, confirmant que le Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme, unis sans confusion dans une seule personne. Par cette décision, l’Église protège le mystère de l’Incarnation et reconnaît officiellement la maternité divine de Marie.

Cette proclamation ne vise en rien à diviniser Marie. Elle demeure pleinement une créature humaine, sauvée par son Fils. Mais elle manifeste la réalité concrète de l’Incarnation, Dieu n’a pas seulement semblé prendre chair, il est réellement entré dans l’histoire humaine, en naissant d’une femme. Le concile d’Éphèse marque ainsi un tournant, ouvrant la voie à un développement plus explicite de la piété mariale, tout en l’enracinant solidement dans la foi au Christ.

La place de cette solennité dans le calendrier liturgique a évolué au fil des siècles. En 1931, pour le quinzième centenaire du concile d’Éphèse, le pape Pie XI institua une fête universelle de la maternité divine de Marie, fixée au 11 octobre. Après le concile Vatican II, la réforme liturgique décida de la placer au 1er janvier. Elle prit alors le nom de solennité de sainte Marie, Mère de Dieu, et vint clore l’octave de Noël, huit jours après la Nativité du Seigneur.Cette date n’est pas sans signification. Elle correspond aussi, selon la tradition biblique, au jour de la circoncision de Jésus, signe de son inscription pleine et entière dans l’histoire et l’Alliance du peuple d’Israël. Depuis 1968, elle coïncide également avec la Journée mondiale de la paix, instituée par le pape Jean-Paul II, donnant à cette solennité une portée spirituelle et universelle particulière, Marie étant invoquée comme la mère du Prince de la paix.

Au fil de l’année liturgique, l’Église célèbre trois grandes solennités mariales, l’Immaculée Conception le 8 décembre, sainte Marie, Mère de Dieu le 1er janvier, et l’Assomption le 15 août. Chacune éclaire un aspect du mystère de Marie, toujours en relation étroite avec celui du Christ et de l’Église.

En ouvrant l’année civile par la célébration de Marie, Mère de Dieu, l’Église rappelle que le temps humain est désormais habité par Dieu lui-même. La figure de Marie, humble servante devenue Mère du Sauveur, demeure pour les fidèles un repère spirituel, invitant à entrer dans une nouvelle année sous le signe de l’Incarnation et de l’espérance chrétienne.

Avec Nominis

Recevez chaque jour notre newsletter !