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Toulouse entre lumière et ténèbres ou comment résister à la tentation du retour aux mythes

"C’est une arme de lumière qu’a prise l’archevêque de Toulouse, qu’il en soit remercié."

Par le Père Edouard Divry,ordre des dominicains, province de Toulouse.

Dans un DVD (2013), « L’invention de l’Occident », Jacques Attali un stentor de la Gauche avait promu un retour aux temps meilleurs de la Grèce, comme à l’époque de L’Iliade et l’Odyssée, ceux du polythéisme.

En face d’Athènes il n’y avait que Moïse et la symbolique Jérusalem. Dans le Pentateuque (Roumach) on parlait du Dieu révélé YHWH comme un des Dieux (Elohim : dieu au pluriel). Le Dieu d’Israël n’était que celui du peuple élu selon un hénothéisme (un dieu au-dessus des autres) qui n’affrontait pas de face le polythéisme païen tout comme le fera le monothéisme (un seul Dieu) en une réaction dominatrice plus tardive.

Le DVD pronostiquait un retour à ces deux sources pour harmoniser les conflits d’aujourd’hui, tant le pluralisme civilisationnel s’est incrusté en France et en Europe. C’était oublier les terribles péripéties historiques bien mises en valeur par le récit des impitoyables guerres sous la plume des historiens de l’Antiquité, tel Salluste (mort 34 av. J.-C.) qu’on ne peut taxer de rendre hommage au christianisme, lui-même facteur d’une paix relative, conditionnée par l’appel à la conversion.

Pour obtenir des crédits les artistes (François Delarozière, Thomas Jolly) qui cherchent en premier à se faire un nom passent volontiers sous les fourches caudines de la gauche culturelle. Toute création où les mythes antiques sont mis à l’honneur peut espérer l’enveloppe salutaire pour l’ambitieux. Mais touche-t-on au feu sans se faire brûler ? Il y a le feu matériel et le feu spirituel.

  • Pour ce qui est du feu matériel, dans l’affiche du spectacle La porte des Ténèbres les églises de Toulouse sont en flamme ou du moins y incite (le feu se propage en avant des édifices). L’observatoire de la chrétienté note 14 mises à feu d’église en France en 2024. Cette incitation à brûler est assez symptomatique d’une déconstruction de notre héritage, assaut sauvage qui fait le lit de beaucoup, en particulier de l’islam en croissance tant la nature religieuse a horreur du vide.
  • Pour ce qui est du feu spirituel, tous les personnages rappellent indirectement, via le Minotaure et l’Araignée femelle, Satan et les démons qui lui sont soumis. L’histoire spirituelle de la France apprend que le Diable pêche en eaux troubles comme le fit en son temps Henri Brémond (†1930).
  • D’autres forces font chorus et applaudissent le dénigrement de l’Église quelle qu’en soit la forme. Les grands convertis de la maçonnerie, comme Serge Abad Gallardo et tant d’autres, montrent le lien intrinsèque entre les hauts degrés d’appartenance aux Loges et le pacte avec Satan. C’est aussi l’actualité des lois de la culture de la mort qui s’opposent au Décalogue et à la culture de la vie.

Le problème de certains médias catholiques parisiens (devinez lesquels !) c’est de se considérer toujours en majorité. L’Église croyante et active n’est plus qu’une minorité. Le propre des majorités illusoires c’est de refuser de réagir. Le propre des minorités pour survivre c’est de se battre. Sans irénisme, le cardinal Journet annonçait ces temps difficiles pour l’Église et pronostiquait l’usage des « armes de lumière » (cf. Epître aux Colossiens 1, 12). C’est une arme de lumière qu’a prise l’archevêque de Toulouse, qu’il en soit remercié. Il consacre ce soir, 16 octobre, son diocèse au Sacré Cœur.

À l’époque de la Révolution française, les résistants aux génocidaires nationaux de Vendée arboraient avec une vraie dévotion chez la plupart le drapeau de la Patrie avec au centre le Sacré-Cœur ! Ils ont pour la plupart péri, mais leur canonisation est en cours comme beaucoup de courageux français qui sont morts pour leurs convictions chrétiennes, tels que Mme Élisabeth, sœur du Roi, Servante de Dieu, qui passa iniquement sous l’échafaud (†10 mai 1794).

Il faut se souvenir, avant elle, de l’infâme mise à mort de Marie-Antoinette (†16 octobre 1793), mise en scène de manière aberrante pour l’ouverture des JO. La Reine de France écrivait à sa belle-sœur, la Servante de Dieu Mme Elisabeth, avec magnanimité : « je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien. » Respect pour nos morts et notre passé !

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