La dernière campagne publicitaire de Gleeden franchit un nouveau seuil dans la provocation. En tournant en dérision la fidélité conjugale, ce site spécialisé dans l’adultère diffuse une idéologie qui justifie tout au nom d’une liberté dévoyée et expose nos enfants à la banalisation de la trahison.Le site de rencontres Gleeden ne se cache plus : il vend la trahison et en fait la promotion à coups de slogans corrosifs. Une nouvelle campagne publicitaire de Gleeden, site spécialisé dans les rencontres extraconjugales, suscite une vive indignation. Sur un panneau lumineux, on peut lire : « C’est parfois en étant fidèle qu’on se trompe le plus ». Le slogan, volontairement provocateur, tourne en dérision la fidélité conjugale pour lui opposer la recherche d’un prétendu « bonheur » dans l’infidélité.
Nous avons rappelé dans notre article du 27 aout que ce message n’est pas un simple jeu de mots. Il participe d’une idéologie plus vaste, celle du relativisme moral qui inverse les valeurs et tente de normaliser la trahison. En présentant l’adultère comme une expérience séduisante, presque libératrice, Gleeden attaque de front la fidélité, valeur qui est au cœur du sacrement du mariage et au fondement de toute société stable.
Rappelons que la fidélité conjugale n’est pas un carcan, mais une promesse librement choisie. Comme l’enseigne le Décalogue : « Tu ne commettras pas d’adultère » (Ex 20,14). La publicité de Gleeden, en ridiculisant la fidélité, remet en cause la vérité même de la parole donnée, ciment de toute relation humaine.
Imaginons un instant qu’un site fasse l’apologie de la pollution avec un slogan accrocheur du type : « Polluer, c’est vivre ». Nul doute que de nombreuses associations écologistes, ONG et médias se seraient immédiatement dressés contre cette provocation et l’auraient dénoncée avec vigueur. Mais ici, nous assistons à quelque chose de bien plus grave. Ce n’est pas seulement l’air que l’on pollue, mais l’esprit même, à travers une idéologie qui légitime et banalise ce qui attaque nos valeurs les plus profondes. Ce n’est pas une simple pollution de l’atmosphère, mais une véritable contamination de l’esprit, une attaque frontale d’une certaine idéologie qui justifie tout au nom de la liberté. Or cette liberté n’en est pas une.
C’est une liberté déclarée mais dévoyée, et que l’on retrouve dans les propositions actuelles de légalisation de la gestation pour autrui portées par Gabriel Attal, dans l’euthanasie désormais présentée sous l’euphémisme « aide à mourir », et dans l’avortement, qui a été légalisé puis inscrit dans notre Constitution au nom de cette même liberté.
Il ne s’agit pas de jouer les « pères la morale », mais de dénoncer ces attaques qui nous exposent, et plus encore qui exposent nos enfants, à la banalisation de la trahison.
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Ce slogan n’est donc pas seulement une provocation marketing, il est un symptôme d’une idéologie qui travaille à vider l’engagement de toute sa substance. La famille, cellule de base de la société, est directement visée par cette culture de la trahison. Quand l’infidélité se banalise, les foyers s’effondrent, les enfants sont fragilisés, et l’ensemble du tissu social s’affaiblit. Les études montrent que l’adultère est une cause majeure de divorce et de souffrance. Derrière les formules séduisantes de Gleeden, il y a une idéologie qui sape volontairement la stabilité familiale. Sur le plan psychologique aussi, le discours est mensonger. L’adultère n’apporte pas le bonheur, il détruit la confiance et engendre blessures et rancunes. Ceux qui sont trahis témoignent de traumatismes durables. Ici encore, cette campagne n’est pas anodine : elle promeut une vision individualiste de la relation, où seul compte le plaisir immédiat.
L’adultère, qui était jadis un délit prévu par le Code pénal (articles 337 et suivants), a été dépénalisé par la loi du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce. À compter de cette date, l’infidélité n’a plus exposé les époux à des sanctions pénales. Cela signifie que, depuis 1975, trahir la parole donnée dans le mariage ne relève plus de la justice pénale mais seulement du juge civil.
Cette absence de sanction légale rend l’atteinte d’autant plus insidieuse et lâche : l’adultère se banalise sans crainte de poursuites, alors même qu’il détruit profondément les foyers, et que la blessure causée à l’autre n’en est que plus sournoise, précisément parce qu’elle ne rencontre plus aucune barrière de droit.
Rappelons que en 2015 déjà, Gleeden avait suscité la colère des catholiques. Comme l’indiquait alors Le Monde, les Associations familiales catholiques (AFC) avaient assigné le site devant le tribunal de grande instance de Paris, l’accusant de promouvoir l’infidélité en violation du Code civil. Les publicités de Gleeden dans les transports en commun, jugées scandaleuses, avaient provoqué une vague de protestations, récoltant plus de 20 000 signatures contre ces affichages qui banalisent l’adultère. Certaines régies comme Keolis avaient fini par retirer les affiches, tandis que d’autres invoquaient la « liberté d’affichage » : c’est ce que nous demandons aujourd’hui.
Pour l’Église, le mariage n’est pas une simple convention mais un sacrement, reflet de l’amour du Christ pour son Église. Or le Christ est fidèle jusqu’à la Croix. Le pape Léon XIV l’a rappelé récemment : « La fidélité des époux n’est pas seulement une vertu humaine, elle est une participation à la fidélité même de Dieu. Briser cet engagement, c’est abîmer l’image de l’amour divin confiée à l’homme et à la femme ». La banalisation de l’adultère fait donc partie d’une idéologie qui cherche à effacer toute référence au sacré et à relativiser la vérité du mariage chrétien.
Même le droit civil reconnaît l’importance de la fidélité : l’article 212 du Code civil français stipule que les époux se doivent respect, secours et fidélité. En faisant la promotion de la trahison, Gleeden ne défie pas seulement la morale chrétienne, mais aussi un principe fondamental de notre droit.
Cette campagne est l’illustration d’un projet culturel plus large qui vise à ridiculiser les vertus et à normaliser le péché or « Une société qui détruit la fidélité détruit sa propre jeunesse, car elle lui enlève l’exemple de l’engagement vrai ». Nous assistons à une entreprise idéologique de déconstruction de la famille et de la parole donnée, au profit d’une vision cynique et consumériste des relations humaines.
Aussi nous formulons une plainte auprès du Jury de Déontologie Publicitaire pour qu’il intervienne et sanctionne cette campagne et vise à ne pas autoriser une telle attaque au sacrement du mariage dans une autre campagne à venir.
Extrait du mail adressé par Tribune Chrétienne au Jury de Déontologie Publicitaire :
Motifs de la plainte :
Cette publicité me paraît contraire aux règles de déontologie publicitaire pour les raisons suivantes :– Atteinte aux bonnes mœurs : Le message encourage explicitement l’infidélité conjugale, comportement contraire aux valeurs familiales et sociales communément admises.
– Incitation à des comportements préjudiciables : Cette campagne incite activement à la rupture du lien conjugal et peut porter atteinte à la stabilité familiale.
– Contrariété à l’ordre public : L’encouragement systématique à l’infidélité peut troubler l’ordre public en déstabilisant les fondements du mariage et de la vie familiale.Cette publicité ne respecte pas le principe selon lequel la communication commerciale doit s’inscrire dans un contexte de responsabilité sociale.
Il est urgent de réagir et de proposer une contre-culture de la fidélité.Être fidèle n’est pas une faiblesse, mais une force. Ce n’est pas renoncer au bonheur, mais le construire sur des bases solides. Là où Gleeden promeut l’éphémère et la trahison, les chrétiens doivent rappeler que la fidélité est synonyme de liberté véritable et d’amour durable. En faisant de l’adultère un argument commercial, ce site n’est pas seulement provocateur : il est le relais d’une idéologie destructrice qui mine la société de l’intérieur. Ce n’est donc pas « une pub comme une autre », mais bien une offensive culturelle contre à la foi chrétienne et à l’antropologie Chretienne. Aux chrétiens et à tous les défenseurs du mariage de dénoncer ce discours et de rappeler qu’être fidèle, ce n’est pas « se tromper », mais marcher dans la vérité et dans l’amour.