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Un média catholique refusé dans le métro parisien tandis que la Croix s’affiche dans les bus et le métro de Madrid : pourquoi une telle différence ?

affichage métro de Madrid - DR
affichage métro de Madrid - DR
En Espagne, une campagne pour la Semaine sainte, affirmant que « la Croix n’est pas un logo », est diffusée dans les abribus et le métro de Madrid sans susciter la moindre contestation

En France, le 5 mars 2026, Tribune Chrétienne s’est vu refuser une campagne dans le métro parisien en raison de la présence d’une croix dans son logo et de « références chrétiennes« , décision aujourd’hui contestée en justice : Deux situations concrètes qui illustrent des approches opposée;

Le contraste est saisissant. En Espagne, à l’occasion de la Semaine sainte, la campagne « La Cruz no es un logo » est déployée dans les abribus et jusque dans le métro de Madrid. Le message est explicite : « La Croix n’est pas un logo. C’est le prix de ta vie ». Portée par l’Association catholique des propagandistes, cette initiative rappelle sans détour le sens central de la Croix dans la foi chrétienne. Elle invite chacun à redécouvrir ce signe comme l’expression de l’amour du Christ et comme le cœur du message pascal.

Campagne Clear Channel à Madrid

L’Espagne n’est pourtant pas étrangère aux défis contemporains : sécularisation, recul de la pratique religieuse et grande mixité religieuse… . Et pourtant, la diffusion de cette campagne dans les transports publics ne semble avoir suscité aucune controverse notable. Ni protestations publiques d’autres communautés religieuses, ni remise en cause du principe de coexistence. Dans ce contexte, la présence visible du christianisme dans l’espace public apparaît comme une expression admise, intégrée à la vie sociale, sans être perçue comme une menace pour l’équilibre collectif.

En France, la situation apparaît sensiblement différente.

Le 5 mars 2026, Tribune Chrétienne révélait que sa campagne d’affichage dans le métro parisien avait été refusée par la régie publicitaire Médias Transports, en charge des espaces de la RATP et de SNCF Gares & Connexions. Le motif invoqué est explicite : la présence d’une croix dans le logo du média ainsi que des références chrétiennes jugées incompatibles avec le principe de neutralité. Notre intention était pourtant simple. Comme tout média, nous souhaitions faire connaître tribunechretienne.com et présenter notre ligne éditoriale : « l’actualité des chrétiens en France et dans le monde ». Le visuel comportait ces éléments, ainsi que quelques formules évoquant la lumière et la vérité, en lien avec la station Saint-Lazare.

Mais cela a suffi pour justifier un refus. La régie a estimé que le visuel comportait « plusieurs symboles ou termes religieux » et que « l’objet même du message est confessionnel ». Elle a conclu qu’une telle campagne ne pouvait être diffusée dans les transports publics.

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Ce contraste entre Madrid et Paris ne relève pas d’un simple détail. Il met en lumière deux conceptions de la neutralité profondément différentes. Pourtant la laïcité française, dans son principe, n’a jamais eu pour vocation d’effacer les religions de l’espace public. Elle impose la neutralité à l’État, non aux citoyens ni aux acteurs de la société civile. Elle est censée garantir la liberté de conscience, mais aussi celle d’exprimer sa foi. Or, dans les faits, la laïcité à la française répond désormais à une logique d’effacement de tout symbole chrétien.

Précisons que dans le même temps, les transports publics parisiens accueillent quotidiennement des campagnes commerciales, culturelles ou sociétales de toutes sortes, y compris certaines aux messages volontairement provocateurs ( Gleeden qui vante les mérites de l’infidélité) et tout cela au nom de l’inclusion.Pourquoi ce qui est admis pour d’autres formes d’expression devient-il problématique lorsqu’il s’agit du christianisme ?

L’exemple espagnol montre qu’une société pluraliste peut accueillir une expression religieuse visible sans que cela ne remette en cause la coexistence entre les différentes sensibilités. Il rappelle qu’il est possible d’articuler liberté d’expression et respect du pluralisme. En France, le risque est autre : celui d’une neutralité comprise comme une mise à distance systématique du christianisme, dans l’espace public. Quand on voit certains commentateurs et journalistes réagir avec une ironie mal placée, visiblement agacés de constater que le nombre de baptêmes en France ne cesse d’augmenter, on comprend à quelle logique idéologique tout cela répond. À l’heure où la Croix peut être affichée librement dans le métro de Madrid mais refusée à Paris, une question demeure posée : la laïcité est-elle encore un principe de liberté… ou devient-elle, peu à peu, un principe d’effacement et d’exlusion ?

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« Un seul événement a changé le cours de l’histoire.
Et ce n’est pas le tien. » – campagne métro espagnol

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