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Un village de cinq habitants mobilisé pour sauver une église du XIe siècle

église Notre-Dame de la Roche - credit fondation du patrimoine
église Notre-Dame de la Roche - credit fondation du patrimoine
Un projet de restauration pour sauver une église témoin d’une présence chrétienne pluriséculaire

Au-delà de l’enjeu patrimonial, l’initiative s’inscrit dans la préservation d’une église encore vivante dans un territoire isolé. La commune de Majastres, située dans les Alpes-de-Haute-Provence, s’est engagée dans un projet de restauration de son église paroissiale, Notre-Dame de la Roche. Le chantier intervient dans un contexte particulier, celui d’un village qui ne compte aujourd’hui que cinq habitants à l’année. L’édifice, attesté dès le Moyen Âge, relevait autrefois du diocèse de Riez. À la suite de la réorganisation des diocèses en France au début du XIXe siècle, ce territoire a été intégré à l’actuel diocèse de Digne, aujourd’hui nommé diocèse de Digne, Riez et Sisteron.

credit photo fondation du patrimoine

L’église présente des dégradations importantes. Infiltrations, fissures, fragilisation des voûtes, dégradation des sols et installation électrique obsolète nécessitent une intervention rapide. Le coût total des travaux est estimé à 116 000 euros. Le projet prévoit une restauration en deux phases, avec l’intervention d’artisans spécialisés dans la maçonnerie, la couverture et la consolidation des structures. L’objectif est de rendre l’église stable et accessible, tout en respectant sa vocation première, celle d’un lieu consacré.

Majastres dispose d’une histoire ancienne. Le site est occupé depuis l’Antiquité, et plusieurs prieurés y sont attestés au Moyen Âge, notamment ceux de Saint-Sauveur et de Saint-Pierre. La paroisse de Notre-Dame de la Roche constituait alors un centre de référence de la vie chrétienne locale. La population, qui atteignait plusieurs centaines d’habitants, a fortement diminué au fil des siècles. Malgré cette situation, l’église n’a pas cessé d’être un lieu de prière. Une messe y est célébrée chaque 15 août, pour la fête de l’Assomption, rassemblant fidèles, habitants et visiteurs. En 2025, un mariage y a également été célébré, signe que ce sanctuaire conserve une place réelle dans la vie chrétienne locale.

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Précisons que le projet est porté par la municipalité, avec le soutien de la Fondation du patrimoine. Une collecte de dons a été lancée afin de financer une partie des travaux, avec l’appui d’habitants, de résidents secondaires et de personnes attachées à ce lieu. Dans ce contexte, la restauration de l’église Notre-Dame de la Roche ne relève pas seulement de la sauvegarde d’un bâtiment ancien. Elle touche à la conservation d’un lieu consacré, marqué par des siècles de prière, et qui demeure aujourd’hui encore un signe visible de la présence chrétienne. Car la perte d’une église ne constitue pas seulement une atteinte au patrimoine, elle signifie aussi l’effacement d’un lieu de culte, d’un espace de recueillement et d’une mémoire religieuse.

La mobilisation de quelques habitants rappelle ainsi qu’au-delà du nombre, c’est la fidélité qui demeure déterminante. Sauver Notre-Dame de la Roche, c’est maintenir vivant un lieu offert à Dieu, afin qu’il continue d’accueillir la prière, les sacrements et les fidèles, aujourd’hui comme pour les générations à venir.

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