Suite à l’intervention américaine et à l’arrestation de l’ancien président Nicolas Maduro,le Vénézuela est plongé dans une instabilité institutionnelle. La Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) a publié, ce lundi 5 janvier 2026, un appel solennel à la paix et à la prière. Cette prise de parole intervient au lendemain de déclarations du président Donald Trump, affirmant que Delcy Rodríguez « payera plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut », tout en évoquant ouvertement un changement de régime et la « reconstruction » du pays.
Les évêques ont donc choisi de recentrer leur message sur une lecture spirituelle et morale des événements. « À la lumière des événements qui se produisent dans notre pays, nous demandons à Dieu d’accorder à tous les Vénézuéliens sérénité, sagesse et force », écrivent-ils, soulignant que la crise actuelle ne peut être affrontée uniquement par des rapports de force politiques ou géopolitiques.L’épiscopat exprime d’abord sa solidarité avec les victimes, rappelant que derrière les affrontements et les discours se trouvent des personnes concrètes, blessées ou endeuillées. Les évêques affirment ainsi leur proximité « envers tous ceux qui ont été blessés et envers les familles de ceux qui sont morts », inscrivant leur parole dans une logique de compassion et de défense de la dignité humaine.
Ils lancent ensuite un appel clair et sans ambiguïté au rejet de la violence. Les fidèles sont invités « à vivre plus intensément l’espérance et la prière fervente pour la paix dans nos cœurs et dans la société, en rejetant toute forme de violence ». Dans un climat marqué par la peur, la colère et la tentation de l’affrontement, les évêques rappellent que la paix sociale commence par une conversion intérieure et par des choix conformes à l’Évangile.
Cette exhortation trouve un écho direct dans la parole du pape Léon XIV, qui s’est exprimé la veille, le 4 janvier 2026, à l’issue de l’Angélus, depuis la place Saint-Pierre. Inscrivant son intervention dans la théologie de l’Incarnation propre au temps de Noël, le pape a rappelé que « le fondement de notre espérance est l’incarnation de Dieu » et que l’espérance chrétienne « ne repose pas sur des prévisions optimistes ou des calculs humains, mais sur le choix de Dieu de partager notre chemin ». Cette perspective, a-t-il souligné, conduit à un « double engagement, l’un envers Dieu et l’autre envers l’homme ».C’est précisément à partir de ces principes que le souverain pontife a évoqué la situation vénézuélienne. « C’est avec une profonde inquiétude que je suis l’évolution de la situation au Venezuela », a-t-il déclaré, avant d’affirmer avec force que « l’intérêt du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération ».
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Par ces mots, le pape a clairement situé son intervention sur le terrain du bien commun, au-delà des intérêts politiques, économiques ou stratégiques.Le pape Léon XIV a précisé que cette priorité implique de « surmonter la violence » et « d’emprunter la voie de la justice et de la paix », en « garantissant la souveraineté du pays » et « l’état de droit inscrit dans la Constitution ». Il a également insisté sur le respect « des droits humains et civils de chacun et de tous » et sur la nécessité d’« œuvrer ensemble à la construction d’un avenir serein de collaboration, de stabilité et de concorde », avec « une attention particulière aux plus pauvres qui souffrent de la situation économique difficile ».
Cette insistance sur les plus fragiles rejoint directement l’appel des évêques vénézuéliens, qui demandent que « les mains s’ouvrent à la rencontre et à l’entraide » et que « les décisions prises le soient toujours pour le bien-être de notre peuple ». Dans un pays profondément marqué par la pauvreté et les inégalités, l’Église rappelle ainsi que toute solution durable passe par la protection des plus vulnérables et par le respect de la dignité de chaque personne.Le message des évêques se conclut par un appel à l’unité nationale. « Persévérons dans la prière pour l’unité de notre peuple », écrivent-ils, confiant le pays à la Vierge de Coromoto, patronne du Venezuela. Le pape Léon XIV a fait de même, invitant à confier cette intention à l’intercession de Notre-Dame de Coromoto, de saint José Gregorio Hernández et de sœur Carmen Rendiles, rappelant que l’engagement de l’Église face aux crises contemporaines demeure indissociablement spirituel et concret.


