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[Vidéo] Double tentative d’attentat à Blida en marge de la visite du pape Léon XIV

La pape Léon XIV accueilli à l'aéroport par le président Tebboune - corps d'un kamikaze ( capture  écran)
La pape Léon XIV accueilli à l'aéroport par le président Tebboune - corps d'un kamikaze ( capture écran)
La localisation des faits n’est pas anodine. La région de Blida fut l’un des épicentres de la violence islamiste durant les années 1990, au cœur de ce que l’on appelait alors le « triangle de la mort »

Une double tentative d’attentat a frappé ce lundi 13 avril en début d’après-midi la ville de Blida, à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger, alors que pape Léon XIV poursuivait sa visite officielle en Algérie. Si plusieurs sources locales ont confirmé des incidents graves, les autorités algériennes n’ont, à cette heure, livré aucune communication officielle, laissant subsister de nombreuses zones d’ombre. Dans cette agglomération de près de 300 000 habitants, placée sous un dispositif de sécurité particulièrement dense en raison de la présence du souverain pontife, deux individus équipés de ceintures explosives auraient tenté de frapper des cibles distinctes. Les circonstances exactes demeurent incertaines.

Selon certains témoignages de medias internationaux , les assaillants auraient été neutralisés avant de pouvoir atteindre leurs objectifs ; d’autres sources évoquent au contraire des explosions déclenchées dans des conditions encore mal établies.

Les premières informations, largement relayées sur les réseaux sociaux, font état d’une intervention rapide des forces de sécurité. Celles-ci auraient contraint les deux hommes à activer leurs charges de manière prématurée. Une première déflagration aurait visé une installation liée aux forces de l’ordre, entraînant la mort de deux policiers selon plusieurs récits concordants. Une seconde explosion aurait touché une unité de transformation alimentaire dans la même zone. Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade, ni sur les victimes, ni sur l’ampleur des dégâts.

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Ces éléments interviennent dans un contexte sécuritaire qui, jusqu’ici, semblait stabilisé. L’Algérie n’avait plus été confrontée à une attaque de ce type depuis 2017, lorsqu’un kamikaze avait tenté de pénétrer dans un commissariat à Tiaret, une opération revendiquée par l’organisation État islamique. Si la pression militaire exercée ces dernières années a considérablement affaibli les groupes armés, la menace ne paraît pas totalement écartée. Certains analystes avancent l’hypothèse d’une action à forte portée symbolique. L’expert Akram Kharief évoque la possibilité d’une opération menée par un groupe restreint, voire par des individus isolés, cherchant à tirer parti de l’exposition internationale liée à la présence du pape.

La localisation des faits n’est pas anodine. La région de Blida fut l’un des épicentres de la violence islamiste durant les années 1990, au cœur de ce que l’on appelait alors le « triangle de la mort ». Si les réseaux structurés ont été en grande partie démantelés, des foyers résiduels subsistent.

La simultanéité de ces éléments avec la visite pontificale leur confère une portée particulière. Le pape Léon XIV se trouve en Algérie dans le cadre d’une tournée africaine de onze jours. Dès les premières heures de son séjour, il a multiplié les appels à la paix et au pardon, notamment lors de son intervention au mémorial des martyrs, insistant sur la nécessité de dépasser les héritages de violence. À ce stade, rien ne permet d’établir que ces attaques visaient directement le souverain pontife. Leur survenue dans une zone étroitement sécurisée, au moment précis de sa présence, soulève toutefois des interrogations sur leur signification et leur objectif.

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