Par ces mots puissants, le cardinal Robert Sarah a une nouvelle fois rappelé la position immuable de l’Église face à la banalisation croissante de l’euthanasie. Dans un monde où l’on parle désormais de « droit à mourir dans la dignité », le cardinal guinéen met en garde contre une inversion morale dramatique : sous couvert de compassion, la société légalise la mort et renie la vraie dignité de la personne humaine.L’ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin dénonce une culture de mort institutionnalisée qui prétend rendre à l’homme la maîtrise de sa vie, alors qu’elle l’enchaîne à la peur de souffrir et à la solitude. Lorsqu’une loi transforme le meurtre en soin, elle perd toute légitimité morale et de rappeler que que la vie humaine est sacrée de la conception à la mort naturelle.
⚡️EUTHANASIE ⚡️
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) October 29, 2025
🔴Le cardinal Robert Sarah dénonce avec force la dérive euthanasique
"Aucun gouvernement, aucune autorité n’a le droit de décider de la vie ou de la mort de quelqu’un"@Card_R_Sarah pic.twitter.com/MgwK7KyPq3
L’expression « mourir dans la dignité », largement reprise par les promoteurs de l’euthanasie, est l’un des plus grands mensonges contemporains. Elle suppose que la dépendance, la souffrance ou la perte d’autonomie retireraient à l’être humain sa valeur. Or, pour la foi chrétienne, la dignité ne se mesure ni à la santé, ni à la force, ni à l’utilité sociale. Elle ne dépend pas de ce que l’on fait, mais de ce que l’on est : une créature voulue et aimée par Dieu.Le Catéchisme de l’Église catholique est sans équivoque :
« Quelle qu’en soit la forme ou les motifs, l’euthanasie directe met fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement inacceptable » (CEC, n° 2277).
Et plus loin :« L’erreur de jugement dans laquelle on peut tomber de bonne foi n’en change pas la nature criminelle. » (CEC, n° 2278).
La vraie dignité n’est donc pas dans la mort provoquée, mais dans la manière de vivre jusqu’au bout, en étant accompagné, aimé, entouré. Mourir dignement, ce n’est pas choisir sa mort, c’est être respecté et soutenu dans sa vie jusque dans sa fragilité.
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Nous sommes donc invités à redécouvrir cette dignité que le monde oublie : celle du malade, du pauvre, du mourant qui continue d’être pleinement humain même dans la souffrance : la croix du Christ n’a rien d’indigne, mais elle est la plus haute manifestation de l’amour . Le chrétien ne fuit pas la souffrance, il l’affronte dans la lumière de l’espérance, sachant que toute vie, même blessée, garde une valeur infinie.
Les dérives observées dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie confirment la gravité de l’avertissement du cardinal. Le Canada en est l’exemple le plus frappant. Sous le nom séduisant d’« aide médicale à mourir », la loi MAiD a conduit à plus de 60 000 euthanasies depuis 2016. Ce qui devait être une exception pour les cas de fin de vie s’est transformé en un système qui autorise la mort de personnes souffrant simplement de dépression ou de handicap. Des associations de médecins canadiens ont même proposé d’étendre l’euthanasie aux mineurs.Cette logique, au nom de la liberté, détruit le lien social. Les plus fragiles se sentent de trop, inutiles, coûteux. L’État, au lieu de protéger la vie, devient gestionnaire de la mort. La société, au lieu de compatir, choisit d’éliminer la souffrance. Là où l’on promettait la dignité, on ne trouve plus que la solitude et l’abandon.
Face à ce drame, l’Église rappelle qu’il existe une autre voie : les soins palliatifs. Ils permettent de soulager la douleur, d’accompagner la personne jusqu’à son dernier souffle, dans la paix et l’amour. Ils manifestent la véritable compassion, celle qui ne supprime pas la vie mais qui en prend soin. Comme le rappelait saint Jean-Paul II dans Evangelium Vitae, « la vraie compassion rend solidaire de la souffrance d’autrui, elle ne la supprime pas ».Le cardinal Sarah s’inscrit dans la continuité de cette doctrine. Comme le pape Léon XIV qui évoquait que la vraie miséricorde ne consiste pas à abréger la vie, mais à entourer la fragilité d’un amour qui ne recule pas devant la souffrance . C’est dans cet esprit que l’Église appelle les États à refuser toute législation qui prétendrait accorder un “droit à mourir”. Car nul ne peut donner la mort au nom de la liberté : la vie n’est pas un bien individuel, mais un don sacré de Dieu.
Au fond, le combat contre l’euthanasie n’est pas seulement moral ou politique : il est spirituel. Il s’agit de défendre l’image de Dieu dans l’homme. L’Église ne défend pas une morale abstraite, elle protège l’humanité elle-même. Car, comme le disait Benoît XVI, « la dignité de l’homme ne disparaît jamais, même sous le poids de la souffrance et de la mort ».Le cardinal Sarah nous le rappelle avec force : quand une société prétend décider qui peut vivre ou mourir, elle a déjà commencé à mourir elle-même.


