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[ Vidéo] « Ces gens qui viennent tous communier, je ne les vois jamais en confession »: Le constat douloureux d’un prêtre face à la perte du sens du sacrement

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Lors du grand rassemblement catholique de jeunes SEEK26, on a vu d’impressionnantes files d’attente pour la confession, signe clair d’une prise de conscience de nombreux jeunes

La vidéo frappe par sa sobriété et sa force spirituelle. Des jeunes, parfois très jeunes, patientent longuement pour recevoir le sacrement de réconciliation. Aucun bruit inutile, aucun empressement, seulement l’attente humble de ceux qui savent qu’ils s’apprêtent à rencontrer la miséricorde de Dieu. Plus de 16 000 participants ont ainsi fait le choix de la confession, à contre-courant d’une culture qui fuit l’examen de conscience et redoute toute exigence intérieure. Les images, relayées notamment par EWTN, ont suscité une émotion profonde bien au-delà du cadre de l’événement.Ce choc visuel contraste avec une réalité devenue banale dans de nombreuses paroisses. Chaque dimanche, la quasi-totalité des fidèles présents s’avance pour communier.

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Les rangs sont ordonnés, rapides, presque mécaniques. La communion semble aller de soi, intégrée au déroulement liturgique comme une étape obligée, parfois vécue comme un simple geste collectif, au cœur d’une « cérémonie-spectacle » dont on a oublié la portée surnaturelle.

Face à ce décalage, j’ai posé la question au curé de ma paroisse, très simplement, y a-t-il les mêmes files d’attente lors des heures de confession ? Sa réponse fut immédiate, sans détour, « malheureusement non ». Puis cette phrase, lourde de sens, « ces gens qui viennent tous communier, je ne les vois jamais en confession ». Ce n’était ni un reproche ni un jugement, mais un constat, presque une souffrance silencieuse.

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Or l’enseignement de l’Église est pourtant limpide. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle une règle constante, trop souvent ignorée ou passée sous silence :§ 1415 — Règle ecclésiale constante
« Celui qui veut recevoir le Christ dans la communion eucharistique doit être en état de grâce.
S’il a conscience d’avoir péché mortellement, il ne doit pas s’approcher de l’Eucharistie sans avoir reçu l’absolution dans le sacrement de pénitence. »

Certes, l’Église demande au fidèle de confesser au moins une fois par an les péchés graves. Mais cette exigence minimale, pensée comme un plancher et non comme un idéal, paraît bien faible au regard de la réalité du péché quotidien dans la vie humaine. Peut-on sérieusement croire qu’une confession annuelle suffise à préparer dignement des communions hebdomadaires, parfois quotidiennes ? Cette réduction à un strict minimum disciplinaire a contribué à banaliser la confession et, par ricochet, à affadir le sens même de l’Eucharistie.

Par crainte de paraître « rigoristes », par peur de froisser ou de décourager, trop de prêtres n’osent plus rappeler publiquement ces conditions. Le silence pastoral, souvent animé de bonnes intentions, produit pourtant l’effet inverse, la communion est massivement pratiquée, mais souvent déconnectée d’un véritable chemin de conversion. Elle devient un geste social, un signe d’intégration communautaire, parfois un automatisme culturel.

La communion n’est pourtant pas une formalité cérémonielle. Elle n’est pas un symbole parmi d’autres. La sainte hostie est, selon la foi catholique, le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité du Christ. Recevoir l’Eucharistie, c’est accueillir le Christ lui-même. Un tel mystère ne peut être abordé à la légère. Il exige une préparation intérieure, un cœur réconcilié, ou au moins un désir sincère de l’être.La confession n’est pas un obstacle à la communion, elle en est le chemin ordinaire. Elle n’humilie pas, elle libère. Elle ne décourage pas, elle restaure. Les longues files d’attente observées à SEEK26 en sont une preuve éclatante. Ces jeunes ne sont ni plus parfaits ni moins pécheurs que les autres. Ils sont simplement conscients de ce qu’ils vont recevoir.

Avez-vous déjà vu une file d’attente aussi longue pour la confession ? La question demeure, non comme une accusation, mais comme un appel. Un appel à redécouvrir ce qu’est réellement la communion, non un geste routinier inscrit dans un rituel, mais la rencontre la plus intime qui soit entre Dieu et l’homme, une rencontre qui demande vérité, humilité et dignité.

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