Le Christ transformé en personnage de carnaval, sa figure sacrée détournée dans un concours du « Jésus le plus sexy », des participants affublés de costumes extravagants : voilà le spectacle auquel est consacré le documentaire Hunky Jesus. Après sa présentation à Genève, le film doit désormais être montré au public français, dans le cadre du festival LGBTQIA+ Chéries-Chéris, organisé à Paris du 14 au 24 novembre 2026.
🔴[SCANDALE] Une sinistre mascarade blasphématoire : jusqu’où ira-t-on dans l’humiliation de Jésus-Christ ?
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) October 20, 2026
➡️Après avoir été projeté le 17 octobre à Genève, le documentaire Hunky Jesus est désormais attendu à Paris, au festival LGBTQIA+ Chéries-Chéris, du 14 au 24 novembre… pic.twitter.com/IwwEOz4T8q
Ce documentaire s’intéresse au concours organisé à San Francisco à l’occasion de Pâques par les Sisters of Perpetual Indulgence, un collectif militant dont les membres empruntent, en les détournant, les vêtements et les codes des religieuses catholiques. Leur manifestation, qui revendique une dimension satirique et festive, prend pour cible l’une des figures les plus sacrées du christianisme : Jésus-Christ.
Pour les catholiques, il ne s’agit pourtant pas d’un personnage mythologique ou d’une simple référence culturelle que chacun pourrait manipuler à sa guise. Le Christ est le Fils de Dieu fait homme, mort sur la Croix et ressuscité pour le salut du monde. Quant à Pâques, elle constitue le sommet de l’année liturgique, la célébration de la victoire de la vie sur la mort. C’est précisément cette réalité sacrée qui se trouve ici réduite à un spectacle de dérision.
De San Francisco à Genève, puis Paris : une provocation désormais internationale
Réalisé par la cinéaste américaine Jennifer M. Kroot, Hunky Jesus est un documentaire de 86 minutes. Il retrace notamment l’histoire des Sisters of Perpetual Indulgence, apparues à San Francisco en 1979, ainsi que leur engagement militant. Le film ne se limite donc pas aux images du concours pascal. Il entend présenter l’histoire d’un mouvement qui revendique la défense des droits des personnes LGBTQ+ et utilise la parodie religieuse comme moyen d’expression. Mais la présentation officielle du documentaire à Genève est particulièrement révélatrice. Elle évoque explicitement des numéros de cabaret « blasphématoires », tout en promettant au spectateur un divertissement joyeux. Le terme n’est donc pas seulement employé par les opposants au film : il apparaît dans sa propre promotion.
Le documentaire a été programmé les 10, 14 et 17 octobre aux Cinémas du Grütli, dans le cadre du festival Everybody’s Perfect. La prochaine étape est désormais française. La sélection officielle de la 32e édition du festival Chéries-Chéris, publiée le 8 octobre, inscrit Hunky Jesus dans la catégorie « Panorama » des longs métrages documentaires. Le festival se déroulera du 14 au 24 novembre, notamment dans plusieurs cinémas MK2 parisiens. La date précise de projection reste à confirmer.
La liberté artistique autorise-t-elle toutes les humiliations ?
Le problème n’est pas l’existence d’artistes homosexuels façon Zaza Napoli dans « La Cage aux Folles », de spectacles de cabaret ou d’un cinéma consacré aux minorités sexuelles. Il est dans le choix délibéré de transformer la figure de Jésus-Christ et les signes de la vie religieuse catholique en accessoires de provocation.
Que l’on adhère ou non à la foi chrétienne, il est difficile d’ignorer la signification de la Croix, de la Résurrection et de la consécration religieuse pour des millions de croyants. Le christianisme n’interdit ni l’humour ni la critique. Il n’exige pas non plus que la société entière partage ses convictions. Mais il est légitime que les catholiques dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte gratuite à leur foi. À force de rechercher la transgression, certains finissent par confondre provocation et création. La liberté artistique mérite d’être défendue, mais elle n’impose à personne d’applaudir ce qu’il juge profondément offensant.
La vulgarité n’est pas nécessairement de l’art, le blasphème n’est pas une preuve de courage et la dérision du Christ ne saurait, à elle seule, tenir lieu de démarche culturelle.
La venue annoncée de Hunky Jesus à Paris pose ainsi une question qui dépasse largement ce documentaire : quelle place notre société accorde-t-elle encore au respect du sacré, particulièrement lorsqu’il s’agit de la foi chrétienne ?


