L’enquête a été confiée à la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire, ce qui laisse penser que les autorités n’excluent pas l’intervention de réseaux spécialisés dans le vol d’objets religieux ou d’œuvres d’art.Pour l’heure, l’heure exacte du vol n’est pas connue. Les enquêteurs estiment simplement que l’objet a été dérobé entre le début de la semaine et la découverte de sa disparition samedi. Aucun suspect n’a pour l’instant été identifié.Pour les fidèles, le choc est réel. Car il ne s’agit pas d’un simple objet décoratif.
Ce vol constitue donc bien plus qu’un larcin visant un objet ancien : il s’agit d’une véritable profanation pour ceux qui viennent prier dans ce lieu.
Rappelons que Saint Vincent de Paul est l’une des grandes figures de la charité chrétienne en France. Né en 1581 dans les Landes et mort à Paris en 1660, il consacra sa vie au service des plus pauvres, des malades et des enfants abandonnés. Profondément marqué par la misère qu’il découvrit au début de son ministère, il organisa de nombreuses œuvres de secours. Il fonda notamment la Congrégation de la Mission, appelée les Lazaristes, ainsi que les Filles de la Charité avec sainte Louise de Marillac. Par son action, il contribua à structurer durablement l’aide aux plus démunis dans la France du XVIIᵉ siècle. Canonisé en 1737, il est aujourd’hui considéré comme l’un des grands apôtres de la charité chrétienne.
L’église SAINT VINCENT DE PAUL est située place Franz-Liszt, à quelques pas de la gare du Nord, l’église Saint-Vincent-de-Paul domine le quartier par sa silhouette monumentale. Construite entre 1824 et 1844, elle est l’œuvre de l’architecte Jacques-Ignace Hittorff, figure majeure de l’architecture parisienne du XIXᵉ siècle. L’édifice se distingue par son architecture inspirée des temples antiques. également des peintures religieuses et des sculptures du XIXᵉ siècle.
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Depuis près de deux siècles, cette paroisse constitue un lieu spirituel important pour les habitants du quartier, notamment dans ce secteur très fréquenté autour des gares du Nord et de l’Est.
Comme beaucoup d’églises parisiennes, Saint-Vincent-de-Paul reste ouverte en journée afin de permettre la prière et l’accueil des visiteurs. Mais cette ouverture permanente rend aussi ces lieux particulièrement vulnérables. Objets liturgiques anciens, reliquaires, calices, tableaux ou tissus brodés peuvent susciter la convoitise de trafiquants spécialisés dans le marché clandestin de l’art religieux.
Ce nouveau vol pose donc une question qui dépasse le simple fait divers. La capitale compte près d’une centaine d’églises catholiques, dont la plupart appartiennent à la Ville de Paris depuis la loi de 1905. Leur entretien mais aussi leur protection relèvent directement de la responsabilité municipale.À l’approche des élections municipales, les futurs candidats devront répondre clairement : quelles mesures concrètes comptent-ils prendre pour protéger les églises parisiennes ? Vidéosurveillance, présence humaine, coopération renforcée avec la police, dispositifs d’alarme ou inventaires patrimoniaux plus rigoureux, les solutions existent. Reste à savoir si la volonté politique suivra, car pour de nombreux fidèles la question devient pressante : la capitale de la France est-elle encore capable de protéger ses églises ?


