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39 000 € c’est le prix de vente d’une église du XXIIème siècle …

Eglise Sainte-Marie-Madeleine à Noyon - DR
Eglise Sainte-Marie-Madeleine à Noyon - DR
Cette décision a provoqué l’indignation de nombreux Noyonnais et défenseurs du patrimoine. « Touche pas à mon patrimoine communal »

« C’est un sacrilège ! » C’est avec ces mots qu’un habitant de Noyon (Oise, en région Hauts-de-France) réagit à la nouvelle qui choque la commune : la vente de l’ancienne église Sainte-Marie-Madeleine, datant du XIIe siècle, pour 39 000 euros. Le Parisien indique que cette église désacralisée, propriété de la ville, fait partie d’un ensemble de biens immobiliers que la mairie met en vente pour renflouer ses caisses dans le cadre d’une tentative désespérée de redresser des finances en crise.

La commune, en proie à une crise financière, doit vendre pour 2,2 millions d’euros de biens immobiliers. Mais, à travers cette décision, c’est un bien patrimonial, historique et religieux, que la mairie se prépare à abandonner pour une somme dérisoire. Une église datant du XIIe siècle, vestige d’un passé médiéval glorieux, ne devrait-elle pas être protégée et conservée comme un symbole vivant de l’histoire locale ? Au lieu de cela, elle devient un bien immobilier de plus à liquider pour combler un déficit budgétaire.

Le site internet de la ville de Noyon indique que l’édifice est inscrit au titre des Monuments Historiques. Initialement gothique, l’église connut plusieurs transformations au fil des siècles. L’église a été agrandie au XVIIIe : un nouveau cœur est construit en direction Nord. Après la révolution, époque durant laquelle elle fut revendue comme bien national, l’église a été transformée au XIXe siècle en distillerie-dépôt de vins et aménagée en habitation

Cette décision a provoqué l’indignation de nombreux Noyonnais et défenseurs du patrimoine. « Touche pas à mon patrimoine communal », clame une affiche visible sur la grille de l’église. Une réaction parfaitement compréhensible lorsque l’on sait qu’un tel bien historique, qui fait partie intégrante du tissu culturel de la ville, est vendu comme un simple lot immobilier.

Fabien Crinon, secrétaire de la société historique de Noyon, a exprimé son désaveu en déclarant : « C’est tout un symbole ! On pourrait encore l’ouvrir à certaines occasions, y installer une galerie… On ne peut pas s’en séparer sur un claquement de doigts. »

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Mais derrière cette vente se cache une question qui mérite d’être posée : la mairie n’a-t-elle pas trouvé d’autres moyens pour redresser ses finances, ou est-ce une simple fuite en avant ? La préfecture, ayant signalé un déséquilibre financier, avait recommandé à la chambre régionale des comptes de diminuer les subventions aux associations locales. Cette recommandation a provoqué un tollé dans la ville, avant que la décision de vendre des biens immobiliers ne soit prise. 

Le Parisien précise que cette vente fait partie d’un plan visant à réduire les dépenses publiques et rétablir l’équilibre financier de la commune. Toutefois, la manière dont ce plan a été mis en œuvre soulève des interrogations légitimes : aurait-il été possible de conserver ce bien précieux tout en explorant d’autres solutions financières ?

Quoi qu’il en soit, cette situation laisse un goût amer, et la question demeure : jusqu’où peut-on sacrifier le patrimoine pour résoudre les problèmes financiers d’une commune ?

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