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Le pape Léon XIV réorganise le Vatican, finances et gouvernance au cœur de ses nominations

Le Pape Léon XIV -  DR
Le Pape Léon XIV - DR
Le Saint-Père consolide son autorité en intervenant sur deux secteurs stratégiques du Saint-Siège, les finances et la composition de son entourage immédiat

À l’approche du premier anniversaire de son élection, en mai prochain, Léon XIV engage des ajustements significatifs au sein de la Curie romaine. Plusieurs noms circulent avec insistance, dans les secteurs financiers comme au cœur de la Maison pontificale. Sans rupture spectaculaire, le Saint-Père semble consolider son autorité en intervenant sur des postes stratégiques. Le temps des premières orientations laisse place à celui des décisions concrètes. Dans la discrétion propre aux palais apostoliques, plusieurs mouvements se dessinent, révélant une volonté de gouverner avec méthode et cohérence.

Le domaine économique demeure l’un des points les plus sensibles du gouvernement du Saint-Siège. La crédibilité institutionnelle du Vatican repose en partie sur la solidité et la transparence de ses structures financières. Le premier dossier concerne donc Carmelo Barbagallo, président de l’Autorité de supervision et d’information financière (ASIF) depuis 2019. Son mandat arrive à échéance et, selon les informations évoquées, aucune prolongation ne serait prévue. Ce choix marquerait une étape importante dans la réorganisation du secteur. Pour lui succéder, le nom de Federico Antonelli Russo est avancé. Déjà en fonction au sein de l’ASIF et présenté comme directeur avec responsabilités exécutives depuis la fin de l’année 2024, il incarnerait une transition interne, combinant continuité technique et nouvelle impulsion.

Un autre point sensible concerne l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), souvent appelé « banque du Vatican ». Son directeur général, Gian Franco Mammì, en poste depuis 2015, est identifié comme l’une des figures marquantes de l’architecture financière du pontificat précédent. Là aussi, une évolution est évoquée. Le nom de Tony Banks circule pour lui succéder. Banquier australien, présenté comme un interlocuteur écouté par Léon XIV et proche du Saint père depuis l’époque où il était supérieur des augustiniens. Il ne s’agirait pas d’un règlement de comptes, mais d’une reprise en main progressive. Après plusieurs années marquées par des tensions financières, la stabilité et la rigueur apparaissent comme des priorités assumées.

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Au-delà des finances, Léon XIV semble attentif à la composition de son entourage immédiat. La Maison pontificale, qui organise les audiences et régule l’accès au Pape, constitue également un poste stratégique dans l’équilibre institutionnel. Le nom de Monseigneur Petar Rajič, actuel nonce apostolique en Italie et à Saint-Marin, est évoqué pour devenir préfet de la Maison pontificale. Une telle nomination placerait un diplomate expérimenté au cœur du dispositif quotidien du pontificat. Andrew Darning, augustinien nommé vice-régent est également évoqué , ainsi que Leonardo Sapienza, cité comme ancien régent. Ces références montrent que le Saint-Père s’appuie sur des profils qu’il connaît et qui lui sont proches.

Plus largement, plusieurs ajustements concerneraient des personnalités identifiées au cercle rapproché du pontificat précédent. Sans gestes spectaculaires, une recomposition progressive semble se dessiner. Le Pape paraît vouloir s’entourer de collaborateurs dont il partage pleinement la vision et auxquels il accorde une confiance directe.

Le mouvement le plus commenté concerne Monseigneur Edgar Peña Parra, numéro deux de la Secrétairerie d’État. Selon des sources romaines , il pourrait être appelé à exercer une mission diplomatique comme nonce apostolique, en Italie ou en Lituanie, notamment à Vilnius. Une telle décision ne constituerait pas en soi une sanction. La diplomatie pontificale demeure un service éminent rendu au Saint-Siège. Toutefois, un tel déplacement redessinerait les équilibres au sommet de la Curie. Éloigner du centre romain un responsable occupant une position stratégique modifie nécessairement la dynamique interne.

Les ajustements évoqués touchent des secteurs clés, finances et gouvernance interne, ainsi que des figures identifiées au cercle de l’ère bergoglienne. Rien n’indique une rupture brutale. Les transitions se préparent avec prudence et dans le respect des formes institutionnelles. Mais le signal est clair : le pape entend exercer pleinement sa responsabilité de gouvernement. Gouverner autrement ne signifie pas rompre avec l’institution. Cela consiste à en assurer la solidité, en plaçant aux postes décisifs des collaborateurs jugés fiables et en redéfinissant, avec discernement, les équilibres internes de la Curie romaine.

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