Depuis 2000 ans

[ Vidéo] La RATP refuse une campagne pour un média catholique mais autorise une publicité invitant à « célébrer » le Ramadan

photo @tribunechretienne
photo @tribunechretienne
Ce mardi 17 mars, à la station Saint-Lazare du métro parisien, nous avons découvert avec surprise une campagne publicitaire suggérant les célébrations du Ramadan

Nous nous sommes rendus à la station Saint-Lazare du métro parisien, précisément là où la régie publicitaire de la RATP avait refusé il y a quelques jours une campagne d’affichage de Tribune Chrétienne. Le visuel proposé par notre média était pourtant d’une grande sobriété. Il mentionnait simplement le nom du site tribunechretienne.com, la ligne éditoriale « l’actualité des chrétiens en France et dans le monde » et notre logo, une croix qui constitue l’identité visuelle de ce média catholique.

La régie publicitaire avait estimé que la présence de notre logo était incompatible avec la neutralité des espaces publicitaires du métro. Afin de trouver une solution, nous avions accepté de modifier la maquette initiale. Nous avions notamment proposé de retirer une phrase inspirée de l’Évangile qui figurait dans la première version du visuel. Malgré cet effort de compromis, le service juridique de la régie publicitaire est resté inflexible et a confirmé son refus.

C’est dans ce contexte que notre visite de ce jour au métro Saint Lazare ligne 12 a réservé une surprise.

Lire aussi

Comme une provocation, dans les couloirs et sur les quais de cette même station s’affiche actuellement une grande campagne publicitaire deWestern Union ( transfert d’argent) . L’affiche montre une ambiance nocturne éclairée par des lanternes décoratives et le slogan invite les passants à « Envoyez, partagez et célébrez » : les lanternes et bougies décoratives représentées sur l’affiche sont aujourd’hui très largement associées aux décorations du Ramadan dans de nombreux pays musulmans. Le contexte et les codes visuels employés renvoient clairement à une période très précise. À quelques jours de la fin annoncée du Ramadan 2026, la suggestion apparaît évidente.

Sans jamais nommer explicitement la fête religieuse, la campagne en utilise les codes culturels les plus reconnaissables. L’atmosphère visuelle et l’invitation à « célébrer » évoquent directement la fin du mois de Ramadan. Autrement dit, on ne parle pas du religieux, mais on en suggère clairement la dimension.

Tous les attributs culturels associés à l’univers de l’islam sont mobilisés pour évoquer le cultuel sans jamais le nommer explicitement.

C’est précisément ce contraste qui interroge. Dans cette même station, une campagne a été refusée parce qu’elle présentait simplement un média catholique avec son logo et sa ligne éditoriale. Mais dans ce même espace public, une publicité commerciale peut utiliser des codes visuels qui renvoient clairement à une fête religieuse et inviter les voyageurs à « célébrer », mot qui n’est pas anodin. La question n’est pas de contester l’existence de cette publicité. Elle est ailleurs.Elle réside dans l’incohérence entre ces deux décisions.

D’un côté, la campagne de Tribune Chrétienne a été refusée en raison de la présence d’une croix dans son logo. De l’autre, une campagne commerciale peut employer des images et des mots qui renvoient à une fête musulmane sans jamais la nommer explicitement, et cela ne semble poser aucune difficulté. Cette situation donne le sentiment d’une neutralité appliquée de manière très sélective : la suggestion a clairement la force d’une représentation et toute l’ambiguité est là.

Recevez chaque jour notre newsletter !