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Le couvent des Sœurs du Saint-Sauveur au Liban a-t-il été détruit par l’armée israélienne ?

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Le père Charbel Naddaf, curé de la paroisse locale a dénoncé une « violation flagrante du droit international »

Le quotidien L’Orient-Le Jour a publié le 1er mai que l’armée israélienne aurait détruit un couvent ainsi qu’une école appartenant aux Sœurs du Saint-Sauveur dans la localité de Yaroun, dans le caza de Bint Jbeil, au sud du Liban. L’information s’appuie sur les indications d’un correspondant dans la région ainsi que sur des sources paroissiales, dans un contexte de destructions étendues dans cette zone frontalière. Selon le journal, les forces israéliennes poursuivent leurs opérations de dynamitage et de démolition dans ce qu’elles présentent comme une « zone tampon » établie de facto au Liban-Sud. Yaroun, déjà fortement endommagé lors des affrontements entre Israël et le Hezbollah à l’automne 2024, ferait partie des villages où les destructions se poursuivent à l’aide de bulldozers et d’explosifs.

Le père Charbel Naddaf, curé de la paroisse locale, a confirmé ces éléments au correspondant du quotidien. Il a dénoncé une « violation flagrante du droit international », estimant que ces actions visent à empêcher le retour des habitants dans la région. Selon lui, habitations et lieux de culte sont progressivement détruits, dans un climat d’impuissance des autorités locales.

La congrégation des Sœurs du Saint-Sauveur, mentionnée dans ce contexte, appartient à l’Église grecque-catholique melkite. Fondée au XIXe siècle au Proche-Orient, elle est engagée de longue date dans l’éducation et le service des populations, notamment dans les zones rurales. Les établissements qu’elle anime accueillent généralement des élèves de différentes confessions et jouent un rôle social important dans des régions marquées par la fragilité. Dans le même secteur, le journal évoque également une explosion de grande ampleur survenue à Chamaa, à proximité d’un site à la fois religieux et historique comprenant une citadelle. Les déflagrations ont été ressenties dans une large partie du sud du Liban, témoignant de l’intensité des opérations en cours.

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À ce stade, aucune confirmation indépendante n’a été apportée par les grandes agences de presse internationales, et les médias israéliens ne font pas mention spécifique de la destruction d’un établissement religieux à Yaroun. Les autorités israéliennes affirment de manière générale que leurs opérations visent des infrastructures liées au Hezbollah, dans un contexte où les zones civiles sont souvent imbriquées avec des positions armées. En l’absence de vérifications croisées, les circonstances exactes de la destruction évoquée restent donc à établir. Toutefois, le témoignage local relayé par un quotidien reconnu confère un certain poids à cette information, qui appelle à une attention particulière.

Au-delà de ce cas précis, la situation rappelle la vulnérabilité des institutions religieuses et éducatives dans les zones de conflit. La possible destruction d’un couvent et d’une école catholique met en lumière la fragilité des communautés chrétiennes locales, dont la présence, souvent ancienne, repose sur des œuvres de service et de proximité aujourd’hui menacées.

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