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Le couvent des Sœurs du Saint-Sauveur au Liban a t-il été détruit par l’armée israélienne ?

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Le père Charbel Naddaf, curé de la paroisse locale a dénoncé une « violation flagrante du droit international »

Le samedi 2 mai, la destruction d’un couvent ainsi que d’une école appartenant aux Sœurs du Saint-Sauveur dans la localité de Yaroun au sud du Liban est annoncée par le journal libanais L’Orient Le Jour et confirmée par l’association l’Oeuvre d’Orient. Une polémique émerge rapidement après le démenti de l’ambassadeur d’Israël en France, diffusé le dimanche 3 mai ( Joshua L. Zarka ) , qui affirme que le site n’a pas été touché et que seul un bâtiment annexe a été endommagé. Cet épisode illustre les tensions entre informations de terrain et communication officielle en contexte de guerre.

Cette destruction partielle ou totale s’inscrit dans un contexte d’opérations militaires intensives dans cette zone frontalière. Les forces israéliennes poursuivent leurs opérations de dynamitage et de démolition dans ce qu’elles présentent comme une « zone tampon » établie de facto au Liban-Sud. Yaroun, déjà fortement endommagé lors des affrontements entre Israël et le Hezbollah à l’automne 2024, fait partie des villages où les destructions se poursuivent à l’aide de bulldozers et d’explosifs.

De son coté , le père Charbel Naddaf, curé de la paroisse locale, dénonce une « violation flagrante du droit international », estimant que ces actions visent à empêcher le retour des habitants dans la région. Selon lui, habitations et lieux de culte sont progressivement détruits, dans un climat d’impuissance des autorités locales. Précisons que La localité de Yaroun se situe dans une zone majoritairement chiite, où le Hezbollah est implanté de longue date et mène des activités de recrutement au sein de la population locale. Cette réalité contribue à l’imbrication entre zones civiles et enjeux militaires, souvent mise en avant pour justifier les opérations dans la région.

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La congrégation des Sœurs du Saint-Sauveur appartient à l’Église grecque-catholique melkite. Fondée au XIXe siècle au Proche-Orient, elle est engagée depuis longtemps dans l’éducation et le service des populations, notamment dans les zones rurales. Les établissements qu’elle anime accueillent généralement des élèves de différentes confessions et jouent un rôle social important dans des régions fragiles. Dans le même secteur, une explosion de grande ampleur s’est produite à Chamaa, à proximité d’un site à la fois religieux et historique comprenant une citadelle. Les déflagrations ont été ressenties dans une large partie du sud du Liban, témoignant de l’intensité des opérations en cours.

Au-delà de ce cas, la situation illustre la vulnérabilité des institutions religieuses et éducatives dans les zones de conflit. La destruction d’un couvent et d’une école catholique met en lumière la fragilité des communautés chrétiennes locales, dont la présence ancienne repose sur des œuvres de service aujourd’hui directement menacées.

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